Les politiques de coopération internationale entre le Nord et le Sud révèlent traditionnellement l'idéologie propre au dominant. Dans la conjoncture, le néo-libéralisme reflète la difficulté partagée par le Nord et le Sud de concevoir des relations plus égalitaires entre les deux. Cependant, on ne pourra comprendre l'ampleur que connaissent ces politiques sans analyser leur articulation avec les facteurs socioculturels internes, qui expliquent mieux à la fois leur diffusion et leurs effets pervers. Cette hypothèse - le primat des processus et des facteurs internes dans le devenir des différentes sociétés - n'est pas partagée par tous les analystes et chercheurs. Loin de là. La conviction que la " faute " est à l'extérieur est largement répandue et a été présente dans les débats du Forum de Delphes. Dans ce cas, l'analyse de l'intérieur est fortement idéologique et les solutions préconisées sont attendues de l'extérieur. Au contraire, l'hypothèse, qui oriente les travaux du Forum de Delphes depuis sa naissance, est que le devenir d'une société est déterminé par les réalités sociales et les actions internes. La contrainte externe peut être maîtrisée par les acteurs ou, au contraire, se greffer dans les processus internes à l'insu des acteurs locaux. Par exemple, le libéralisme dont un des aspects est l'inversion du primat du politique sur l'économique, est le résultat des actions internes à l'Occident... Cet ouvrage prolonge la rencontre internationale du Forum de Delphes, organisée à Delphes en octobre 2001. Il est l'aboutissement du projet " Mondialisation et coopération internationale ", lancé trois ans auparavant, et visant à approfondir l'analyse des politiques économiques dans la conjoncture de mondialisation, telles qu'elles se dessinent, notamment, dans le domaine de la coopération internationale.
Nombre de pages
410
Date de parution
01/11/2003
Poids
430g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782845864474
Auteur
Mappa Sophia
Editeur
KARTHALA
Largeur
135
Date de parution
20031101
Nombre de pages
410,00 €
Disponibilité
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La participation de la société civile comme mode nouveau et, a fortiori, universel de gouvernance soulève un grand nombre de questions. Sur les problèmes qu'elle est supposée résoudre et dans quel contexte socio-historique. Sur les mutations - politiques, sociales, économiques - auxquelles elle se propose de répondre. Sur l'analyse du fait politique et social sur laquelle elle repose. Le concept de société civile et ceux qui lui sont associés interrogent en effet les fondements du collectif et de l'individu, des relations qu'ils entretiennent, ainsi que leurs rapports au pouvoir d'Etat dans différents contextes sociaux. Dès lors, ce concept peut être utile pour éclairer, d'une part, les mutations qu'il recouvre par rapport au passé dans les sociétés occidentales et, d'autre part, le sens et l'effectivité de la société civile dans les pays où celle-ci est impulsée de l'extérieur. L'exploration de ces questions en Europe et dans certains pays qui bénéficient de l'aide occidentale, notamment en Afrique, et leur comparaison montrent des mutations importantes dans la première aire et des rapprochements inattendus entre les deux. En effet, comme en Afrique bien que par des voies différentes, les sociétés européennes construisent, elles aussi, exclusion de l'altérité, conformisme, dépolitisation, atomisation, perte du souci pour l'intérêt général et inaffectivité de la norme. Cet ouvrage est issu du colloque international sur "Les impensés de la gouvernance", organisé par le Forum de Delphes et le Largotec (Laboratoire de recherche sur la gouvernance publique: territoires et communication, Université Paris-Est), qui s'est tenu à Paris les 24-26 novembre 2008.
Les mutations politiques en cours sont indissociables des mutations sociales et ne sont pas universelles. Elles sont enracinées dans le social, voire le culturel. Elles sont aussi différentes, selon qu'il s'agit des pays occidentaux, instigateurs de la mondialisation, et des autres pays de la planète qui, tout en étant insérés dans le système politico-économique actuel, ne participent pas à la prise des décisions. Ces mutations sociales et politiques ont donné lieu à des innovations institutionnelles au niveau international, régional, national et local qui illustrent, à leur tour, les logiques socio-politiques, en même temps qu'elles influent sur elles. C'est cette imbrication du social, du politique et de l'institutionnel et sa complexité que nous avons voulu éclairer et expliquer dans la rencontre du Forum de Delphes. Le constat qui se dégage à partir des textes discutés est complexe. On peut, en effet, identifier un certain affaiblissement du pouvoir politique à l'intérieur des nations occidentales et, en même temps, l'extension de ses prérogatives à l'extérieur du territoire traditionnel de la souveraineté. On peut aussi identifier des mutations considérables de la nature du pouvoir d'Etat du fait de son alliance avec les élites financières et technico-administratives et, au-delà, la dépolitisation des enjeux sociaux. En dépit du discours dominant sur " la convergence politique " de la planète, le trait marquant des tendances politiques dans les pays du Sud n'est pas la démocratisation de l'Etat et des sociétés respectives. C'est l'affaiblissement de l'Etat, sa fragmentation, son implosion et sa criminalisation, qui est dégagée comme tendance lourde.
Ce 4e ouvrage du Forum de Delphes démontre que le pouvoir de l'état, loin d'être une structure neutre, anhistorique et universelle, est un fait social total. Aussi, il est foncièrement différent en Occident et dans les pays tiers, où, après avoir été idéalisé, il est à présent considéré comme le premier responsable du sous-développement.
Paul Blanquart (1934-2024) est né dans le Nord dans une famille marquée par le christianisme social dont il a hérité sa vocation militante. Il entre en 1955 chez les dominicains, parce que certains d'entre eux avaient soutenu les prêtres-ouvriers condamnés par Rome en 1954. Il y voyait une alternative à l'Église institutionnelle et cherchait surtout une réponse existentielle à ce qu'il ne trouvait pas de manière satisfaisante dans le marxisme dont il s'est toujours revendiqué mais dans une perspective chrétienne et prophétique : la fraternité. Après ses études au Saulchoir et son service militaire en pleine guerre d'Algérie, Paul Blanquart enseigne quelque temps à la Faculté de philosophie de l'Institut catholique de Paris et participe à la « prise de parole » de mai 1968 tout en s'intéressant de près aux événements révolutionnaires de l'Amérique latine, notamment au Brésil et à Cuba. Il entendait promouvoir le rôle spécifique des chrétiens dans les luttes révolutionnaires. En 1973, Paul Blanquard est poussé à interrompre ses cours à l'Institut catholique de Paris, en raison d'oppositions. Il travaille alors comme rédacteur en chef adjoint à Politique Hebdo et participe à la création de La Gueule ouverte. Puis, après avoir dirigé le Centre de création industrielle de Beaubourg (1982-1984), il enseigne la sociologie à l'Université Paris-XII. Esprit brillant, homme de grande culture, militant résolu, passionné de rencontres, il s'engage dans l'éducation populaire et l'écologie en mettant en garde contre un monde dominé par la connivence entre technologies et hiérarchies au détriment de la fraternité. D'où son engagement dans la Fondation Un monde par tous pour promouvoir une culture qui ne soit pas coupée de la nature, une politique qui ne soit pas simple gestion technocratique et une économie qui ne se réduise pas à la valeur marchandise. Les textes présentés ici visent à faire connaître son engagement et cette pensée originale qui n'a pas toujours été bien comprise, notamment dans sa défense du « Dieu » d'Abraham et des prophètes qui marche à nos côtés en rupture avec le « Dieu » des institutions ecclésiastiques et des appareils technocratiques... Marginalisé par plusieurs institutions, il s'est toujours revendiqué « chrétien et dominicain », éveilleur de consciences, à la fois provocateur et homme de fraternité.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.