Ce livre replace les récessions généralisées 1974-1975 et 1980-1982 aussi bien dans leur cadre historique précis - la rupture avec la longue période d'expansion d'après-guerre -, que dans le cadre plus général de l'histoire du mode de production capitaliste dans son ensemble. Il s'agit d'expliquer en quoi ces récessions et les phases de dépression - de reprise hésitante, inégale et non cumulative - qui leur font suite ne sont ni le résultat du hasard ni le produit d'éléments exogènes (" la hausse du prix du pétrole " ; " la lutte de libération des peuples du tiers monde " ; " le comportement irrationnel des syndicats " ; " les revendications salariales des travailleurs anticipant sur l'inflation "). Elles correspondent au contraire à la logique immanente du système, bien que des facteurs exogènes ou accidentels jouent évidemment un rôle dans les particularités de chaque cycle. Chemin faisant, nous pouvons affiner à la fois l'exposé et l'application de la théorie marxiste des crises périodiques et du cycle industriel, qui reste un des chapitres les plus controversés mais en même temps des plus impressionnants de l'œuvre théorique de Karl Marx. E. Mandel
Nombre de pages
352
Date de parution
25/01/1994
Poids
220g
Largeur
108mm
Plus d'informations
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EAN
9782080811516
Titre
LA CRISE. Les faits, leur interprétation marxiste
Auteur
Mandel Ernest
Editeur
FLAMMARION
Largeur
108
Poids
220
Date de parution
19940125
Nombre de pages
352,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Les ?uvres de Léon Trotsky ont été largement publiées en français et cet ouvrage synthétique (initialement publié aux Éditions François Maspero en 1980) présente les apports spécifiques de Trotsky à la pensée marxiste. Ernest Mandel y expose les élaborations théoriques et politiques propres de Trotsky: sa conception de la révolution mondiale et de la révolution permanente qu'il défendra contre les bolcheviks avant 1917 et dont il convaincra Lénine; sa théorie de l'auto-organisation des travailleurs élaborée à partir de son expérience à la tête du soviet de Petrograd en 1905; sa lutte pour le front unique, menée d'abord aux côtés de Lénine au sein du Komintern, puis contre l'ultra-gauchisme sectaire de Staline; son analyse de la bureaucratie stalinienne et du fascisme; sa vision de la démocratie socialiste; sa lutte, enfin pour la IVe Internationale aux heures sombres de l'histoire du mouvement ouvrier. Ce livre ne se veut pas une apologie, mais un exposé rigoureux des analyses de Trotsky et leur confrontation à la réalité historique. Confrontation qui révèle de façon éclatante la clairvoyance politique du fondateur de l'Armée rouge. Ernest Mandel engage un examen critique de certaines positions de Trotsky, en particulier sa conception plus qu'autoritaire de la démocratie socialiste qu'il défendit au début des années 1920 et qu'il commença lui-même à amender à la fin de sa vie.
Mandel Ernest ; Bensaïd Daniel ; Husson Michel ; L
Aboutissement de trente ans de recherche sur l'évolution du capitalisme comme forme de civilisation, cet ouvrage replace dans une perspective historique ses principales tendances économiques et sociales et ses relations avec les facteurs politiques. Il en analyse les différentes périodes et leurs fonctionnements spécifiques. alternance de phases expansives et phases récessives. Ernest Mandel introduit ici le concept novateur d'onde, plus exactement d'onde longue en lieu et place de celui de cycle. Un des éléments les plus importants de sa théorisation concerne les conditions de passage à une nouvelle phase expansive. Il traite, entre autres, de la dynamique du taux de profit. de la régulation du système. des révolutions technologiques et des cycles de la lutte des classes. Il y a. selon lui. une dialectique entre les facteurs objectifs du développement historique (les lois de l'économie) et les facteurs subjectifs (les mouvements sociaux, les secousses politiques. les révolutions) qui ont une relative autonomie. L'auteur nous propose une actualisation des travaux de Kart Marx en termes, non pas d'économie, mais bien de critique de l'économie politique qui s'organise autour de perspectives de rupture avec l'ordre/désordre du monde dominant. Dans sa postface, Michel Husson illustre les analyses de l'auteur à la lumière de la phase néolibérale actuelle du capitalisme.
Léon Abraham ; Rodinson Maxime ; Mandel Ernest ; T
Ecrit par un ancien sioniste devenu marxiste, ce livre constitue une contribution majeure de la tradition révolutionnaire au débat sur le sionisme et l'antisémitisme. Léon y compare le sionisme aux nationalismes européens et déconstruit ses mythes fondateurs. Dans cette synthèse historique, un ensemble de notes écrites entre 1940 et 1944, l'auteur établit l'hypothèse que les Juifs forment un peuple-classe, constitué suite à l'interdiction faite aux chrétiens de pratiquer l'usure au Moyen Age. S'appuyant sur un vaste matériau historique et une démarche matérialiste, il développe les arguments de Marx dans La Question juive en y intégrant ses analyses ultérieures, notamment celles du Capital. Démontrant qu'une grande partie des Juifs avait déjà vécu en exil avant la destruction du temple en 70, il affirme que le peuple juif continua à exister non pas malgré sa dispersion, mais à cause de celle-ci. L'édition est augmentée de préfaces d'Ernest Mandel et de Maxime Rodinson, ainsi que d'un nouveau texte d'Enzo Traverso qui place cet ouvrage dans une perspective contemporaine.
Qu'est-ce que la nostalgie sinon une mélancolie humaine rendue possible par la conscience de quelque chose d'autre, d'un ailleurs, d'un contraste entre passé et présent ? Et cette nostalgie n'est-elle pas aussi provoquée essentiellement par l'irréversibilité du temps ? Car on ne saurait remonter le cours du temps, tel est l'obstacle insurmontable qu'il oppose à nos entreprises. C'est notre impuissance devant cette impossibilité qui fait toute l'amertume de la nostalgie et l'absurdité des chimères du rajeunissement. La nostalgie n'est pas le mal du retour : on peut toujours revenir à son point de départ, à son lieu natal (l'espace se prête docilement à toutes nos allées et venues) mais il est impossible de redevenir celui qu'on était au moment du départ. Mais si le temps s'oppose irréductiblement à la rétrogradation il ouvre devant nous une carrière infinie à la liberté. L'homme peut s'ouvrir à l'idée du futur et confirmer ce que le temps affirme. Se servant d'exemples tirés de la vie quotidienne aussi bien que d'oeuvres poétiques, philosophiques ou musicales, Vladimir Jankélévitch démontre en fin de compte que l'irréversible n'admet qu'un seul remède : le consentement joyeux de l'homme à l'avenir, au futur.