Cruauté est devenu un autre nom du monde et la démocratie se voit progressivement vidée de sens. La Démocratie en Cruauté ? On ne s'empressera pas de voir dans cette expression la seule substitution du nom de Cruauté à celui d'un nouveau monde dans le titre de Tocqueville, La Démocratie en Amérique. Ou alors, le nom " Etats-Unis " signifierait une crise, la crise de la souveraineté qui s'empare de l'Etat-nation en perte de ses limites. Mais le signifiant du même nom, si l'on ne prend pas une partie du monde pour le tout, aurait pu désigner une union virtuelle des Etats telle que les cruautés de la guerre en soient exclues. La cruauté de l'homme serait-elle si indéracinable qu'elle affecte tous les régimes et tous les discours, économiques, sociaux, politiques, religieux ? Un au-delà de la cruauté - de sa raison, de sa pratique, de son principe - est-il encore pensable ?
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Nombre de pages
125
Date de parution
10/04/2003
Poids
185g
Largeur
124mm
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EAN
9782718606149
Titre
La Démocratie en Cruauté
Auteur
Major René
Editeur
GALILEE
Largeur
124
Poids
185
Date de parution
20030410
Nombre de pages
125,00 €
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Lacan, Derrida : l'un contre l'autre, l'un avec l'autre. Deux noms propres et de nombreux textes qui transforment notre espace de pensée et qui ne cessent de multiplier entre eux les explications. Au-delà de toute frontière de la psychanalyse, de la philosophie ou de la littérature : au-delà de tout conformisme académique ou médiatique. Par exemple (pour commencer) : comment se conduit donc une analyse ? Pour Lacan, le psychanalyste dirige la cure comme Dupin, dans le conte de Poe, paraît mener l'enquête sur la lettre dérobée à la Reine par le Ministre. Mais qu'est-ce qui amène Dupin à occuper cette place ? Pourquoi les personnages ont-ils tous leur double, y compris le narrateur et le lecteur interprète ? Cette parabole de la lettre voile et dévoile une autre scène - historique - qui ressortit au même modèle. Une scène d'héritage.
Tout est déjà commencé quand cela commence. Nés en états de prématuration, nous mourons toujours prématurément. Inconsciemment immortels, nous vivons en différant la mort déjà présente et mourons de différer la vie, de crainte ou d'envie qu'elle se consume d'elle-même.On ne s'attend pas à naître. Faut-il s'attendre à mourir ? Et comment ? Comment s'attendre l'un et l'autre - à mourir, à se mourir de l'autre ou à mourir sans l'autre, avec ou sans cet «autre» qui me donnant la vie m'aura donné la mort, aura inventé ma vie ma mort, les aura souhaitées, chéries, redoutées, endurées ?. A distance des alternatives agencées par les présupposés d'ordre métaphysique ou biologique, elle convoque, dans un même mouvement, Blanchot, Lévinas, Heidegger, Freud, Lacan, Derrida, pour esquisser le motif et la raison de leur altération réciproque dans le côtoiement de la passion de vivre, de la passion de mourir.Chemin faisant, c'est aussi du commencement et du recommencement, de l'invention et de la réinvention de la psychanalyse dont il est ici question : de «l'hystérie» de Freud à la «folie» de Lacan. (N'oubliez pas les guillemets.). Comme la démocratie, toujours à venir, la psychanalyse dessine le futur d'une question - celle du rapport à la parole, à l'autre, à la vérité - qui remet en cause les valeurs de l'éthique traditionnelle.
Cet ouvrage devait être remis à Jacques Derrida pour son soixante-quinzième anniversaire. Arraché à la vie un an plus tôt, il ne l'aura pas connu. Les auteurs, de renommée internationale, qui apportent ici le témoignage de la fécondité de la pensée de Derrida dans leur champ de travail respectif, ont tous fréquenté à la fois l'homme et l'?uvre. Derrida aura signifié pour eux une ligne de vie qui les tient à l'écart des dogmatismes et leur ouvre un avenir pour la pensée, l'écriture, la vie. Loin d'être négative, comme on feint souvent de le croire, la pratique de la déconstruction, à laquelle s'attache le nom de Derrida, choisit, contrairement à toute pensée qui veut arraisonner la folie, de courir le risque et la chance d'affoler la raison : pour voir se dessiner un autre horizon de la justice, du don, de la démocratie, et une révolution dans la pensée même de la révolution. Deux textes inédits de Jacques Derrida sont venus trouver ici leur place après coup. Ils incitent, avec une inflexible rigueur, à penser ce qui vient devant nous.