Don Quichotte en jupons. Ou des effets surprenants de la lecture - Essai d'interprétation de la lect
Mainil Jean
KIME
25,40 €
Epuisé
EAN :9782841744435
Don Quichotte en jupons retrace le destin romanesque de lectrices du dix-huitième siècle anglais et français qui, héritières du héros de Cervantes, annoncent le personnage mythique de Flaubert, Emma Bovary. Au dix-huitième siècle, théologiens et moralistes d'abord, médecins et romanciers ensuite, condamnent d'une voix unanime l'effet pernicieux du roman sur le lectorat féminin. Cet essai analyse comment, face à la condamnation de la lectrice romanesque et de sa fatale compagne, la femme de lettres, des romancières ont détourné, en France et en Angleterre, les stéréotypes associés à la folie littéraire pour prendre la défense de la lecture et de l'écriture au féminin dans des romans qui appartiennent moins à l'anti-roman qu'à l'anti anti-roman. Par ses analyses de la récupération poétique et romanesque de trois figures centrales de la folie littéraire au féminin - la lectrice héroïque, la sentimentale et la libertine - Don Quichotte en jupons souligne l'importante contribution de romancières françaises et anglaises du dix-huitième siècle à l'émergence et aL développement du roman en tant que genre auto-critique et métadiscursif. Il montre comment, en mettant en scène des héroïnes fantasques dont elles nuancent la folie littéraire, ces romancières ont contribué à légitimer d'une manière ironique e' oblique le roman comme source poétique de raffinement et d'éloquence.
Nombre de pages
256
Date de parution
09/01/2008
Poids
322g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782841744435
Titre
Don Quichotte en jupons. Ou des effets surprenants de la lecture - Essai d'interprétation de la lect
Auteur
Mainil Jean
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
322
Date de parution
20080109
Nombre de pages
256,00 €
Disponibilité
Epuisé
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De la conteuse la plus populaire du règne de Louis XIV, le grand public ne connaît plus aujourd'hui que quelques titres. Et pourtant, dès 1690, Marie-Catherine d'Aulnoy, romancière adulée et aristocrate à la réputation sulfureuse, inaugurait le genre du conte de fées littéraire. La cour entière, les salons et la capitale s'entichent alors de ses héroïnes et de leurs aventures. En France comme à l'étranger, sa popularité restera constante pendant deux siècles, parmi l'élite littéraire comme dans la population rurale. Cependant, depuis le début du XIXe siècle, d'innombrables éditions ont tronqué les contes de Marie-Catherine d'Aulnoy, les déguisant en textes moralisateurs pour enfants. En remontant au texte original de ces premiers contes de fées littéraires et en les replaçant dans leur cadre originel, Madame d'Aulnoy et le rire des fées analyse ces contes de pure merveille qui ont tant diverti le public adulte mondain de l'Ancien Régime. Celui-ci y trouvait matière à rêver, mais surtout matière à rire. A travers l'analyse de ces premiers contes de fées littéraires et de leur contexte, cet essai suggère que la première conteuse trame une sédition politique et idéologique par l'intermédiaire du monde conventionnel et consensuel de la féerie. Il démontre comment, par sa mise en scène d'un merveilleux comique, Marie-Catherine d'Aulnoy annonce avec un demi-siècle d'avance les grands conteurs parodiques des Lumières. Dès 1690, la première " Fée moderne " invente dans un même geste, le conte de fées littéraire dit " sérieux " et sa parodie. Dès son origine, le conte de fées entrait de plain-pied à la fois dans l'ère littéraire et dans l'ère du soupçon.
Fille d'un couple de pépiniéristes, Marie-France Mainil a passé son enfance entourée d'arbres et d'espace. Suivant son penchant littéraire, elle se destine d'abord au journalisme. Mais la vie, les expériences professionnelles diverses ainsi que des voyages en Asie confirment une attirance de plus en plus irrépressible pour la culture extrême-orientale. Dans les années 2000, elle opère un grand virage professionnel et choisit d'écouter ce qui deviendra une passion le modelage d'espaces "verts". Elle intègre alors l'entreprise familiale où elle trouve l'occasion de développer une approche très personnelle de la création et de l'aménagement de jardins.
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.