Mario Luzi (1914-2005), l'un des plus grands poètes italiens du XXe siècle, est aussi l'auteur d'une oeuvre importante d'essais sur la littérature et son histoire. Si l'essentiel de son oeuvre poétique est désormais traduit en français, il n'en va pas de même pour ses essais. Ce livre est la première traduction de son étude sur Stéphane Mallarmé, publiée en 1952. En Italie, pour sa génération, le poète français avait été un modèle d'autonomie spirituelle à opposer à la rhétorique du régime fasciste. Luzi y revient après la guerre, dans un moment de crise et de régénération de son pays et de sa poésie, et le réinscrit dans un contexte européen : au-delà des filiations évidentes, françaises, il retrouve les échos de Mallarmé chez Yeats, George, les Espagnols, mais surtout chez Eliot, Rilke et Ungaretti. C'est à partir de leur expérience radicale du langage et de la poésie, qui est aussi la sienne propre, que Luzi relit le corpus poétique de Mallarmé. Par des analyses denses et rapides, il retrace une "biographie intellectuelle" du poète, où le contexte n'est plus séparable des significations intérieures. La finesse de son analyse esquive certaines alternatives trop simples de l'histoire littéraire (continuité / discontinuité, influence / invention) et rend à l'histoire et à l'expérience de la poésie la complexité qui leur revient.
Nombre de pages
160
Date de parution
10/05/2024
Poids
150g
Largeur
121mm
Plus d'informations
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EAN
9782873176327
Titre
Etude sur Mallarmé
ISBN
2873176326
Auteur
Luzi Mario
Editeur
LETTRE VOLEE
Largeur
121
Poids
150
Date de parution
20240510
Nombre de pages
160,00 €
Disponibilité
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Sous le titre L'incessante origine sont réunis les textes que Luzi publia entre 1965 et 1971 : Dujond des campagnes, Dans le magma, Sur d'invisibles fondements. Cette saison d'une oeuvre développée durant plus de cinquante années dans les domaines de la poésie, de la critique et de l'essai, voit l'apparition d'un thème central : la métamorphose du vivant. La quête y est éperdue d'un sens et d'une continuité sous les aspects convulsifs du présent : exigence humaniste que fracturent les névroses contemporaines. Le poète semble s'y effacer devant le discours historique et naturel, devenant scribe du magma et du marasme, acharné à poursuivre - scindée en tant de voix divergentes - la voix qui le guide, une des plus hautes de la poésie contemporaine.
Ce volume reprend les six premiers recueils de poèmes publiés par Mario Luzi (1914-2005), de La Barque (1935) à Honneur du vrai (1957), dans la version définitive que l'auteur en a donnée en 1960. C'est par la volonté du poète que ces six livres forment un tout, qui correspond à la première période de son oeuvre : celle qui a fait de lui le chef de file de la génération de poètes nés autour de 1914 et qui ont assuré la relève de la génération d'Ungaretti et de Montale. On peut suivre ici l'itinéraire d'un jeune poète né dans un milieu rural encore traditionnel, en Toscane, dans une campagne demeurée pratiquement inchangée depuis Virgile, élevé sous le signe d'une foi religieuse représentée par la figure familière et bienveillante de la mère. À cet univers "idyllique" de La Barque succèdent rapidement des poèmes plus âpres, plus sombres, où se lisent les années de fascisme, l'angoisse de la guerre, une crise existentielle violente qui vient ébranler la confiance dans les cadres religieux. Pour restaurer sans naïveté une forme d'harmonie avec le monde, Mario Luzi s'engage alors sur une voie qui l'éloigne de la relative obscurité de certains de ses textes des années 40 pour l'amener à une poésie plus simple, de forme plus ouverte, soucieuse avant tout de trouver le ton juste pour dire la noblesse des humbles, la beauté des gestes quotidiens et, selon le mot de Rilke dont il est souvent si proche, pour "apprendre à voir", avec pour modèle l'art des peintres siennois du Moyen Âge.
Bonn Sally ; Lerichomme Lise ; Ramirez-Blanco Juli
Comment occupons-nous nos espaces de vie, comment occupons-nous notre temps, que faisons-nous de nos corps ? Liées par l'amitié, et un intérêt partagé pour les utopies féministes, Sally Bonn, Lise Lerichomme et Julia Ramirez-Blanco ont imaginé ensemble à partir de ces questions une exposition, un symposium, un workshop et cet ouvrage collectif. 'Le Foyer de la révolte' s'appuie sur l'imaginaire utopique et féministe lié à nos conditions de travail domestique, de vie "privée" et d'expérimentations sociales. Dans les années 1980, l'historienne de l'architecture Dolores Hayden avait réfléchi à certaines de ces questions dans son ouvrage novateur 'The Grand Domestic Revolution'. Reprenant cette impulsion et l'actualisant, les artistes, chercheur·euses et auteur·ices du 'Foyer de la révolte' inventent des pistes et des formes dessinant des présences possibles et des futurs désirables. Depuis les pensées radicales du XIXe siècle jusqu'aux interrogations contemporaines sur nos manières de vivre, des nourriceries du Familistère de Guise aux squats anarcho-féministes berlinois, des bidonvilles de Nanterre aux habitats collectifs des ZAD contemporaines, nous suivons une ligne sinueuse mais décisive parmi des manières d'être et de faire monde. Par touches successives, les modèles familiaux y sont recomposés, le rapport au travail éclaté, la pensée de l'espace ouverte. L'enjeu de cet ouvrage est de faire apparaître la création artistique dans sa dimension engagée et d'entretenir le feu de ces révoltes. Sous la direction de Sally Bonn, chercheuses en esthétique, Lise Lerichomme, chercheuses en arts plastiques, et Julia Ramirez-Blanco, chercheuses en histoire de l'art, avec les contributions d'Anne Creissels, Keren Detton, Marcelo Expósito, Anaïs Feyeux, Edith Gaillard, Jacopo Galimberti, Anne-Valérie Gasc, Noémie Goddard, Monique Hervo, Clovis Maillet & Louise Hervé, Alex Martinis Roe, Morgane Merteuil, Cynthia Montier, Daniela Ortiz, Frederic Panni, Juan Pro, Ghislaine Vappereau.
Ce livre porte sur la façon dont les artistes contemporains tentent d'ajuster leurs moyens de représentation à la situation migratoire actuelle. En analysant ces jeux d'échelle, cet essai vise aussi à appréhender les migrations contemporaines à travers le prisme de leurs représentations artistiques. C'est à éclairer cette dimension que s'attache cet essai, qui se penche en ce sens sur quelques-uns des motifs caractéristiques des imaginaires migratoires de ce début de XXIe siècle que sont le refuge, le mur et le bateau, tels que les artistes d'aujourd'hui tentent d'en restituer les différentes dimensions. En entretissant histoire de l'art et études migratoires, cet ouvrage constitue l'une des premières théories critiques publiées en français sur les relations entre arts et migrations contemporaines.Paul Bernard-Nouraud est historien, théoricien et critique d'art. Docteur en esthétique de l'ÉHÉSS, il est également diplômé de l'Institut d'Études Politiques de Bordeaux, de l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne et de l'Université libre de Bruxelles. Il a également été postdoctorant au sein du Madrid Institute for Advanced Study de Madrid, en résidence à la Casa de Velázquez. Outre ses contributions universitaires dans différentes revues, il est notamment l'auteur d?"Une histoire de l'art d'après Auschwitz" en trois volumes parus à L'Atelier contemporain. Il intervient régulièrement pour le Palais de la Porte dorée en tant que référent scientifique pour la médiation.