Comment l'incorporation des ancêtres, qu'elle soit matérielle ou symbolique, peut-elle participer de l'identité du "moi" sans envahir le corps et l'âme de l'individu qui les porte ? La question des origines travaille en profondeur le processus de construction identitaire que ce soit à l'échelle des individus ou à l'échelle collective. Le rapport à l'ancestralité, comme chaîne de relation entre le passé et le présent, peut alors s'articuler au paradigme généalogique qui imprègne de nombreuses sociétés, pas seulement les sociétés "premières" - même si c'est sur ce terrain que les anthropologues ont d'abord investi cette notion - mais aussi les sociétés occidentales. La pensée de ce lien a une histoire savante et génère des pratiques sociales, qui impliquent les conceptions historiques de l'hérédité, de ses représentations et de son rôle dans la construction de l'individu en société. Le point de départ de notre réflexion porte ici sur la nature des récits généalogiques en tant que configurations narratives de l'identité des acteurs sociaux, du Moyen Age à l'époque contemporaine. Cet ouvrage, ouvert à l'interdisciplinarité dans un souci diachronique de contextualisation du rapport aux ancêtres, cherche ainsi à comprendre comment l'ancrage de l'individu dans des existences passées peut être approprié par le sujet historique, à l'interface de l'économie psychique et de la vie sociale.
Nombre de pages
290
Date de parution
28/10/2016
Poids
464g
Largeur
159mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9791032000786
Titre
L'incorporation des ancêtres. Généalogie, construction du présent (du Moyen Age à nos jours)
Le désir de se dire engendre un acte dont il faut mesurer, avec ses limites, la capacité critique comme le pouvoir émancipateur. Quelles médiations relient les récits personnels à leur inscription sociale, à l'histoire collective et aux événements dont les auteurs ont pu être protagonistes ou témoins ? Le récit de soi peut-il fonder une réflexivité critique impliquant le passage du «je» empirique au «on» d'un individu en société, participant de la construction d'un sens commun ? Au carrefour de l'histoire, de l'anthropologie et de la sociologie, ce livre questionne aussi, entre Europe et Afrique, le poids des normes et des injonctions d'écriture, comme la possibilité d'autonomie morale et de liberté de l'acteur face à son expérience sociale, en termes d'engagement et de compréhension.
Une histoire du " soi " est-elle possible ? Pour analyser les liens des pratiques d'écriture à la construction de soi, cet ouvrage interroge, par l'approche diachronique d'écritures personnelles telles que livres de raison, journaux intimes, mémoires ou correspondances, l'historicité des figures d'un soi " troublé ", sommé de se légitimer, de se justifier, de maintenir par l'écriture son " identité narrative ", dans des contextes toujours singuliers.
Pour poser les conditions de production d'un langage commun sur la mémoire, 13 auteurs historiens, philosophes, psychologues cognitivistes, anthropologues, linguistes et littéraires croisent ici leurs démarches théoriques et leurs analyses de corpus. Pour construire un langage commun sur la mémoire, treize auteurs historiens, philosophes, psychologues cognitivistes, anthropologues, linguistes et littéraires croisent ici leurs démarches théoriques et leurs corpus, dans un souci constant d'interdisciplinarité. Cette entreprise s'inscrit dans les travaux du groupe de recherche du CNRS Mémoire créé en janvier 2018 sous la double tutelle de l'INSB (Institut des sciences biologiques) et de l'INSHS (Institut des sciences humaines et sociales) afin de faire collaborer des spécialistes de la mémoire, de l'animal à l'homme. C'est sur le versant de la mémoire humaine que s'inscrit le présent ouvrage. Réunissant études chorales (par exemple entre histoire et psychologie cognitive), réflexions épistémologiques sur les catégories d'analyse de la mémoire (celle de " mémoire collective ", entre autres) et expérimentations interdisciplinaires sur des corpus (depuis les livres de famille de la Renaissance italienne au prisme des neurosciences jusqu'à des correspondances féminines dans la Roumanie post Ceau ? escu, en passant par les arts de la mémoire d'un médecin lyonnais humaniste, la création d'une mémoire écrite chez des femmes de la noblesse provençale après la Révocation de l'Edit de Nantes, les recherches de l'abbé Sieyès sur le lien entre mémoire et connaissance, ou encore le travail de mémoire de l'écrivain Paul Auster), l'ouvrage s'intéresse à ce que peuvent être les " sciences de la mémoire ", à l'intersection du social et du cognitif.
Ce premier fragment évoque les corps, les chavirements, la sensualité des gestes, les peaux qui se rencontrent, se répondent et qui ensemble, inventent une autre réalité. "Des rendez-vous" où l'on s'abandonne totalement, des fulgurances de l'amour fou où les corps se cherchent autant qu'ils s'éloignent jusqu'à chuter, et se relèvent finalement. Comme on se relève de l'enfance. Jamais tout à fait.
Cet ouvrage explique le rôle de l'archéologie du bâti dans la compréhension des édifices anciens et l'aide aux projets de conservation et de médiation culturelle. A l'occasion du XIIIe colloque international d'histoire et d'archéologie de Fréjus, chercheurs, architectes, conservateurs et acteurs du patrimoine se sont réunis autour d'une même interrogation ? : comment mieux connaître, conserver et transmettre le patrimoine bâti ?? Consacré à l'archéologie de la construction et à son application à la conservation et la valorisation du patrimoine bâti, cet ouvrage met en lumière une discipline qui, en permettant de comprendre les techniques de construction et les transformations successives des édifices à travers le temps, renouvelle profondément l'étude des monuments anciens. A travers des exemples couvrant des périodes allant de l'Antiquité à l'époque moderne, les contributions réunies ici montrent combien la recherche archéologique constitue aujourd'hui un outil essentiel au service de la restauration, de la valorisation et de la médiation du patrimoine. Entre enjeux scientifiques, techniques et culturels, ce volume, qui articule théorie, terrain et enjeux actuels d'aménagement, illustre la richesse du dialogue entre archéologues, architectes, restaurateurs et médiateurs, au service d'une meilleure compréhension et d'une meilleure transmission des monuments historiques, en France comme à l'étranger.
Cet ouvrage explore comment l'art actuel, plus spécifiquement vidéo, permet d'interroger le rapport entre corps et images. La partie I décline les modalités d'influence de l'image et permet de remarquer que l'humain actuel est peuplé d'images. La partie II met en regard corps sensible et corps représenté à travers les traces fluctuantes du référent dans la représentation vidéo afin d'explorer le corps rêvé. La partie III montre le jeu entre la liaison et la déliaison du corps représenté avec le décor.
Comment analyser l'émotion que fait naître une chanson ?? Ce volume examine les phénomènes intimes et collectifs qui font de la chanson un vecteur si puissant. Etrange pouvoir que celui de la chanson, sorte d'énigme qu'on est heureux de ne pas comprendre. Malgré tout, on peut poser l'hypothèse que l'émotion qu'une chanson déclenche n'est pas irréductiblement mystérieuse, et chercher à rendre compte de ce qui l'engendre ou de ce qui l'empêche. Comment l'émotion naît-elle du lyrisme d'un texte, de la courbe d'une musique, du subtil ou du grandiose de son arrangement, du grain d'une voix ?? Qu'est-ce qui touche le plus l'auditoire, une esthétique de l'emphase ou de la retenue ?? D'où vient le surcroît d'émotion ressenti en concert, au cinéma, ou lors d'une comédie musicale ?? A travers des exemples précis et divers, on s'interroge ici sur la part de l'authenticité et celle de la mise en scène, de l'orchestration, bref du travail, dans l'émotion partagée entre chanteur et public. L'émotion est-elle spontanément emphatisée, ou bien manipulée, dans un cadre collectif ?? Quel rôle faut-il accorder aux costumes, postures, chorégraphies, éclairages, écrans, décors ?? Comment l'émotion est-elle manifeste dans le corps de l'artiste et dans les corps des spectatrices et spectateurs, au travers de réactions qui peuvent aller jusqu'à la transe émotionnelle ?? Bref, comment "? faire corps ? " et comment "? faire âme ? " en chanson ?? Comment se créent les émotions, comment les déclencher, les intensifier, les prolonger ?? Et quels garants éthiques, politiques, épistémologiques l'émotion se donne-t-elle pour assurer sa légitimité? ...
Aboutissement de 34 ans de recherche en ethnologie et en linguistique, cet ouvrage illustré analyse la langue des signes et ses variations régionales. Les recherches sur la langue des signes conduisent à poser d'innombrables questions. Pourquoi à Paris le signe ORANGE, et au Brésil le signe VAGIN, se font-ils sur le front ?? Pourquoi le nom signé d'Armand Pelletier, le charpentier sourd et muet dont la vie a été contée ailleurs, se fait-il de deux manières différentes, sans que personne ne semble s'en apercevoir ?? Comment est-il possible qu'à Arras et à Nogent-le-Rotrou, FRERE et SOUR soient un seul et même signe ?? Le spectaculaire signe BRAVO que l'on voit aujourd'hui se répandre sur toute la planète vient-il de France, comme le pensent les Américains, ou bien d'Amérique, comme le croient les Français ?? Comment une jeune femme sourde a-t-elle pu découvrir l'origine de l'étrange signe VIOLET au cours d'un rêve ?? Et si les langues des signes ne présentent pas, ou presque pas, d'homonymes, comme on l'entend souvent dire, comment se fait-il que l'auteur les ramasse à la pelle ?? C'est à ces questions, et à cent autres, que ce livre s'efforce de répondre. L'auteur entraîne ses lecteurs sur un sujet jusqu'à présent complètement négligé? : la variation régionale des signes. Cette notion est aussi vertigineuse que fondamentale, impliquant celles d'évolution et de divergence, faisant se rejoindre la géographie et l'histoire, l'espace et le temps.