Reprendre à la musique son bien ? L'Absolu théâtral, du romantisme à la modernité
Longuenesse Pierre
ORIZONS
30,00 €
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EAN :9791030902662
Cet essai se penche sur les enjeux historiques et esthétiques de l'inflation des discours ou des pratiques associant musique, écritures et scène théâtrale contemporaine. Le phénomène semble, de prime abord, familier puisqu'il caractérise nombre de propos sur l'Art depuis l'émergence de la modernité, lorsque "reprendre à la musique son bien" devient l'arme par excellence de l'arrachement à la mimesis et de la défense de l'abstraction, au théâtre comme dans les arts plastiques ou l'architecture. Ce n'est pourtant qu'en remontant jusqu'au tournant esthétique du romantisme d'Iéna qu'en émergent les véritables fondements : en l'occurrence, l'utopie d'un "Absolu de l'Art" lui-même associé à une idéalité musicale qui en serait comme la condition sine qua non. Une passerelle inattendue relie ainsi romantisme et postmodernité, expliquant peut-être, en partie au moins, la "crise de la représentation", voire l'effondrement du symbolique, qui serait à l'oeuvre dans les arts de la scène en ce début de XXIe siècle.
Nombre de pages
312
Date de parution
31/03/2021
Poids
495g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9791030902662
Titre
Reprendre à la musique son bien ? L'Absolu théâtral, du romantisme à la modernité
Auteur
Longuenesse Pierre
Editeur
ORIZONS
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155
Poids
495
Date de parution
20210331
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Cette étude s'intéresse aux expérimentations menées par W. B. Yeats à l'Abbey Theatre de Dublin dans le but d'élaborer une pratique scénique articulant parole, musique et danse, et de servir au plus près l'utopie théâtrale d'un drame à vocation épiphanique, tendu vers le surgissement dans le monde connu du mystère de l'au-delà. Une première partie définit la visée du théâtre de Yeats en la plaçant en regard de sa pratique religieuse. La seconde s'intéresse aux expérimentations scéniques de l'Abbey Theatre de Dublin jusqu'au tournant de Deirdre, et suit en particulier les deux figures clés que furent la comédienne Florence Farr et le comédien et metteur en scène Franck Fay. La troisième est consacrée à la seconde moitié de la carrière théâtrale de Yeats, à partir des Pièces pour danseurs, et aux nouveaux protocoles qui surgirent de la rencontre de Yeats avec le Nô. Le théâtre de Yeats est replacé tout à la fois dans son contexte irlandais et dans le contexte dramaturgique européen de son époque. L'analyse de partitions présentées en annexe constitue un apport essentiel dans le champ des études yeatsiennes, qui manifeste depuis quelques années un regain d'intérêt réjouissant pour l'oeuvre théâtrale, longtemps délaissée, à quelques exceptions près, aux dépens de la poésie. L'ouvrage intéressera aussi bien les spécialistes de l'Irlande ou du monde anglophone que les dramaturges et amateurs de théâtre, et, plus généralement, tous les curieux intéressés par cette époque très riche de l'histoire culturelle et artistique de l'Europe, au tournant de la modernité, dans le premier tiers du XXe siècle. Il prolonge le travail de son auteur sur l'oeuvre théâtrale de Yeats commencé dans un précédent ouvrage, Yeats dramaturge (PUR, 2012).
De façon récurrente aujourd'hui, dramaturges, acteurs ou metteurs en scène se réfèrent à la musique pour désigner une composante majeure de leur travail, voire un "modèle d'écriture". On se propose ici d'étudier ce phénomène en l'abordant sous l'angle du corps, et d'explorer les modalités de mise en relation entre le corps et le fait musical (qu'elle soit littérale, ou plus symbolique), dans les textes comme sur les scènes du théâtre moderne et contemporain, en en cherchant la source dans quelques figures phare du XXe siècle, pour se concentrer ensuite sur quelques dramaturgies très contemporaines. De quoi ce "corps musical" est-il donc le symptôme ? La question est aussi bien esthétique que politique. Une première partie de cette étude abordera les écritures, au sens large du terme ; la seconde traitera de la question du corps au plateau, de l'acteur à la mise en scène : qu'est-ce que le corps fait à la musique, et la musique au corps ? Et surtout, quel modèle de pensée, via cet imaginaire musical, vient informer la représentation théâtrale dans son ensemble ? Clôturant chaque partie, deux tables rondes, - l'une d'écrivains et traducteurs, l'autre de musiciens pour la scène -, permettent d'entendre des points de vue parfois divergents sur cette question de la musique et du corps dans le processus de création.
Cet ouvrage étudie la façon dont dramaturges et metteurs en scène tendent à faire de la musique un modèle de composition dans leur travail de création. A partir du concept d'"Art Absolu", tel qu'il fut défini et théorisé par les romantiques allemands, et en s'appuyant sur des exemples concrets tirés du répertoire occidental de ces cinquante dernières années, de Beckett à Malone, de Wilson à Fabre ou Lupa, il démontre la coïncidence entre l'inflation des discours associant musique, écriture et scène, et la crise de la représentation qui traverse le théâtre contemporain. Ainsi sont analysées dans leur diversité les nouvelles formes d'écriture ou de pratiques scéniques pluridisciplinaires d'aujourd'hui, et les enjeux, esthétiques et idéologiques, qui les traversent. Ce livre, à la fois rigoureux et accessible, intéressera les étudiants, les chercheurs comme les non-spécialistes curieux des évolutions récentes des arts de la scène.
Sans aspirer à être complet, les vingt contributions ici réunies peuvent être lues comme un abrégé de l'histoire du livre, de l'Antiquité au XXème siècle : de la tablette au volume, de la propagation du livre par l'imprimerie à la mise en question de l'autorité de l'Eglise, de la lente émancipation à un potentiel subversif et à son pouvoir énigmatique, de son éclatement à son sacrifice. Le livre est ainsi un point de cristallisation de la culture. Et dans ce domaine, il y a toujours profit de comparer ce qui est à ce qui fut.
Les contributions qui vont suivre examineront, librement, les variations de la temporalité chez certains romanciers du XXe siècle, riche en avatars et en subversion. Petit à petit, le temps devient lui-même un acteur privilégié de l'univers romanesque. Selon le mot de Claude Lévi-Strauss, que Proust n'aurait pas contredit, il accède au statut de " héros du roman ". Si le temps raconte son histoire, c'est qu'il " est né de l'exténuation des mythes ", et même " se réduit à une poursuite exténuante de sa structure. " (Mythologiques, t. III, 1968). Le temps romanesque peut se jouer des lois du temps réel, le contracter ou le dilater, l'accélérer ou le ralentir. Il mélange des segments et des séquences parfois fort éloignés au plan diachronique. Pour avoir été considéré comme un miroir du temps, un Zeit-Spiegel, le temps romanesque devient, au XXe siècle, un Zerr-Spiegel, un miroir déformant. Ainsi que le montrent les études de cet ouvrage, cet effritement ne nuit pas au genre : la liberté de la fiction y puise un renouvellement constant et assure à sa propre création un avenir qui déjoue les lois du temps. Pari gagné à en juger les auteurs de ce volume.
Le journal d'Henri Heinemann est, par excellence un document littéraire : il en a la sensibilité et, souvent, la beauté. Du mitan au viellissement, il y décline un magnifique don d'observation et d'analyse. Des hommes, des femmes, illustres ou inconnus, traversent son existence. Cependant, l'essentiel de cette matière est fait de l'amour qu'il porte aux livres. Claude martin, l'un des éminents spécialistes d'André Gide, emploie, dans sa préface, le mot de "monument" à propos de L'éternité pliée.