
Archéologie d’un procès. Juger les attentats du 13 novembre 2015
Historienne de la justice et des images, Sylvie Lindeperg a pu assister au procès "V13" aux côtés de juristes, politistes et anthropologues du droit. Dans cet essai, elle remet en perspective le jugement des attentats du 13 novembre avec d'autres grands moments judiciaires comme les procès de Nuremberg et d'Eichmann. V13 a en commun avec eux d'avoir accompli des missions d'ordre politique, mémoriel, cathartique, moral. Qualifié de "hors norme", il fut conçu d'emblée comme un "procès exemplaire" destiné à la fois à servir de vitrine à l'Etat de droit dans sa confrontation avec la barbarie djihadiste et à ouvrir un espace de parole qui accueille la souffrance des victimes et paye la dette morale de la France. Mais V13 fut aussi un "procès pour l'exemple" dont témoigne la stratégie d'accusation du parquet antiterroriste que valida largement le verdict de la cour. Etudiant successivement la préparation, la scénographie, le filmage et la mise en récit de V13, Sylvie Lindeperg examine le cadrage de ce procès pénal et interroge le fonctionnement d'une justice antiterroriste placée au carrefour de la justice ordinaire, de la justice spécialisée et de la justice d'exception. Poursuivant le dialogue qu'elle a engagé dans les coulisses du procès avec des avocats et des magistrats sur le statut de la vérité, la fonction du témoignage, le rôle exponentiel des images et des techniques audiovisuelles au sein des prétoires, elle propose une réflexion de circonstance sur la justice et sur ses impensés.
| EAN | 9782378562687 |
|---|---|
| Auteur | Lindeperg Sylvie |
| Editeur | VERDIER |
| Largeur | 140 |
| Date de parution | 20251002 |
| Nombre de pages | 192,00 € |
| Disponibilité | Sur commande en 2-4 jours |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

Images documentaires N° 63, 1er et 2e trimestres 2008 : Regards sur les archives
Lindeperg SylvieEpuiséVOIR PRODUIT9,15 € -

Nuremberg, la bataille des images
Lindeperg Sylvie20 novembre 1945 : à Nuremberg s'ouvre le procès exemplaire des criminels de guerre nazis. Les Américains veulent en faire un show médiatique pour transmettre au monde " le plus grand conte moral jamais raconté ". Dans ce récit très narratif, Sylvie Lindenperg raconte l'avant-procès - la quête effrénée de bouts de pellicules et d'images à travers toute l'Europe -, puis le filmage quotidien durant 10 mois et la compétition farouche entre les équipes américaine et russe. Avec, en protagonistes de cette bataille de l'image, les frères Schulberg : Budd, l'auteur de "Qu'est-ce qui fait courir Sammy ? ," et son frère Stuart, le producteur de la NBC.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER24,99 € -

Nuit et Brouillard. Un film dans l'histoire
Lindeperg SylvieC'est par le cinéma que je sus que le pire venait juste d'avoir lieu", écrivait le critique Serge Daney. Plus précisément, grâce à Nuit et Brouillard, le film d'Alain Resnais sorti en 1956.Walter Benjamin incitait l'historien à "découvrir dans l'analyse du petit moment singulier le cristal de l'événement total'. C'est ce que propose Sylvie Lindeperg dans cette microhistoire du court-métrage qui a marqué profondément notre imaginaire des camps nazis.À partir d'archives inédites, elle reconstitue la genèse et les enjeux du film. Elle s'interroge sur les lectures et les usages, parfois inattendus ou contradictoires, dont Nuit et Brouillard a fait l'objet en France comme à l'étranger. Elle retrace le destin singulier de ce" lieu de mémoire "en suivant l'évolution des regards portés sur les images et sur l'événement depuis cinquante ans.Elle pose, dans toute son actualité, la question du rapport entre l'archive et la représentation des camps. Biographie de l'auteur Sylvie Lindeperg, historienne, est maître de conférences à l'université Paris-III-Sorbonne. Elle a publié Les Écrans de l'ombre. La Seconde Guerre mondiale dans le cinéma français (prix Jean-Mitry de l'Institut Jean-Vigo) et Clio de 5 à 7. Les actualités filmées de la Libération."EpuiséVOIR PRODUIT30,90 € -

La voie des images. Quatre histoires de tournage au printemps-été 1944
Lindeperg SylvieExtrait de l'introductionL'IMAGE COMME DÉPOSITIONPartageant le secret des miroirs, le cinéma s'évertue à nous faire croire qu'il reflète ce qui est, alors qu'il fait bien mieux (ou bien pire): il fabrique ce qui sera.Jean-Louis ComolliAucun de mes précédents ouvrages ne s'est aventuré comme celui-ci aux confins du temps présent, s'exposant aux brûlures de l'actualité. Le chapitre liminaire éclaire les motifs de cette entrée dans l'arène. Prenant appui sur quelques films récents consacrés à la Seconde Guerre mondiale, il rend compte d'une uniformisation croissante des formes d'écriture de l'histoire. L'esthétique du «trop plein» et de l'hypervisibilité, l'immersion dans l'image et le son, la pulvérisation des durées et le nivellement des temporalités constituent les principales composantes de ces réalisations audiovisuelles qui règnent en maîtresses sur nos écrans. L'analyse critique de ces films engage, au sens fort, des questionnements politiques. Elle se trouve sans cesse contrée par l'argument d'autorité de leur succès public.Il ne fait guère de doute que des réalisateurs habiles et des producteurs avisés ont trouvé le principe appétant dans la recette du film historique. Ils se vantent de conjuguer l'efficacité d'une leçon d'histoire plus digeste, les injonctions de mémoire et l'édification morale. La bonne conscience brandie en étendard interdisant d'exprimer le moindre doute sur la sincérité de leurs intentions, ils encaissent les dividendes d'un cercle supposé vertueux.Reste pourtant à s'interroger sur ce que ces réalisations transmettent aux jeunes générations auxquelles elles s'adressent prioritairement en spéculant sur la vertu pédagogique des larmes et de la compassion; à mesurer les effets de ces images trépidantes assénées comme des preuves, travesties pour mieux s'accommoder à nos manières de voir; à définir les biais d'une histoire tout entière déchiffrable, sans incertitude ni manque, reposant sur l'illusion du spectacle total, d'un passé rendu dans la plénitude du visible par l'abolition du temps qui nous en sépare. Car l'histoire, par nature diachronique, est un travail sur le temps. Elle pense le passé dans un ajustement dialectique conjuguant distance et proximité: «c'est la bordure du temps qui entoure notre présent, qui le surplombe et qui l'indique dans son altérité; c'est ce qui, hors de nous, nous délimite», écrit Michel Foucault à propos de l'archive.Ce livre s'ouvre sur l'examen des formes audiovisuelles dominantes du récit historique et leurs effets sur la perception et l'ordre des temps. Il inscrit en filigrane les désarrois de l'auteure quant au champ même de ses recherches. S'il n'existe pas pour l'historien de sujets d'études froids, certains territoires du passé présentent la surface lisse de fleuves apaisés; d'autres sont tumultueux en raison de la place que notre société leur ménage. La Seconde Guerre mondiale, et particulièrement la «Shoah», est de ceux-là. Cette dernière fait l'objet depuis plusieurs décennies d'une surexposition sociale, culturelle et médiatique. Elle demeure innervée par le politique. Elle dispose d'un statut à part dans l'enseignement de l'histoire. Elle constitue la raison d'être d'institutions de mémoire. Elle est la cible de communicants dont la mission est de produire sans relâche de Y événementiel autour de l'événement. Ce statut singulier constitue une chance doublée d'une malédiction. Les historiens ne sauraient nier l'intérêt d'une situation qui enrichit sans cesse leur réflexion sur les usages d'un passé qu'électrise le présent. Elle leur permet aussi de faire connaître leurs travaux à un large public, de les décliner sur des modes et des supports variés, d'en trouver plus aisément les débouchés. Les mêmes historiens se divisent sur les effets secondaires de leurs recherches si longtemps portées par une demande sociale. Certains nient qu'elles en aient, trouvant refuge dans la tour d'ivoire de la communauté savante. D'autres les revendiquent avec satisfaction, prônant l'alliance vertueuse de l'histoire et des feux sacrés de la mémoire. J'envie leur assurance et leur confort moral. Je ne les partage pas. Pire, je suis troublée devant cette confusion des genres. Cet état me rend plus vulnérable aux arguments de ceux qui nous alertent sur les effets latéraux de nos travaux dans le champ social, nous reprochant d'entretenir la déferlante d'une «mémoire saturée». Mêlant à leur tour l'observation scientifique et la prescription citoyenne, ceux-là reprennent le cri qui fusa dès 1946: «Encore!»Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER20,00 €
Du même éditeur
-

Cahiers d'Etudes Lévinassiennes N° 19 : La mémoire
Brenner CarineSur commande en 2-4 joursCOMMANDER23,00 € -

Naissance d'un hôpital. Journal de travail
Riboulet Pierre ; Chaslin FrançoisSur commande en 2-4 joursCOMMANDER24,00 € -

Stern 111
Seiler Lutz ; Giraudon PhilippeNovembre 1989. Le Mur de Berlin vient de tomber. Inge et Walter Bischoff, un couple d'Allemands de l'Est annoncent à leur fils Carl qu'ils ont décidé d'aller vivre de l'autre côté du rideau de fer. A vingt-six ans, Carl n'habite plus chez eux depuis longtemps. Mais leur décision qui ressemble à un abandon lui révèle qu'avant d'être ses parents, Inge et Walter ont eu une jeunesse éprise de liberté. De ce temps d'avant la construction du mur, le Stern 111, un poste de radio de fabrication soviétique, reste le symbole : toute la jeunesse d'Allemagne de l'Est s'en servait pour écouter les radios de l'Ouest. Carl se rend bientôt à Berlin avec la petite voiture de son père. Au "Cloporte", un immeuble où s'est rassemblée une communauté de squatters, il va connaître une double initiation amoureuse et politique.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER24,99 € -

Boulder
Baltasar Eva ; Bats AnnieL'héroïne de Boulder gagne sa vie comme cuisinière sur un vieux navire marchand. C'est la situation parfaite : la solitude, le provisoire, une cabine et l'océan, un port où rencontrer des femmes. Jusqu'à ce qu'un jour l'une d'entre elles réussisse à l'arracher à la mer et à l'entraîner dans l'aventure d'une procréation assistée. Qu'est-ce que la maternité va provoquer chez cette femme qu'elle a rencontrée dans un bar en Patagonie ? Et elle, acceptera-t-elle de se laisser enfermer entre les quatre murs d'une maison pour faire mentir le surnom de Boulder que lui a donné son amoureuse, et qui désigne des grandes roches isolées au milieu du paysage dont personne ne sait d'où elles viennent ni pourquoi elles sont là ? Le ton ironique, les évocations érotiques sans fausse pudeur, le style implacable et vibrant comme le personnage, tout contribue à faire de ce deuxième roman un texte rebelle intense et poétique.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER18,50 €
De la même catégorie
-

Les revenants. Ils étaient partis faire le jihad, ils sont de retour en France
Thomson DavidDepuis 2012, plus d'un millier de Français sont partis rejoindre des groupes jihadistes en Syrie. Dès l'été 2014 et les premières frappes de la coalition contre l'Etat islamique, beaucoup ont commencé à rentrer. Déçus, parfois choqués, pas toujours repentis. David Thomson a suivi ces garçons et ces filles pendant de longues années pour en tirer Les Revenants, une anthropologie unique du jihadisme.EpuiséVOIR PRODUIT8,95 € -

Convoyeur de la mort
Mansour EttyJe vais accoucher au milieu d'un désastre. Me perpétuer en pleine mort. Donner la vie quand la nuit nous pétrifie. La vie va sortir de moi dans une ville meurtrie. Dans la nuit du 13 novembre 2015, un attentat a tué à Paris cent trente et une personnes et en a blessé près de cinq cents autres. La vie tape dans mon ventre pendant qu'on entasse les corps. Je nage à contre-courant. Je porte une fille quand des mères pleurent leur enfant. Je me régénère alors que Paris est à sang. Aucune trace en moi d'un esprit de révolte : je n'ai pas décidé d'enfanter pour m'épargner la mort ni créer du renouveau. Etre fertile pour faire peau neuve, non. Je ne me demande pas pour quel monde mettre au monde. La vie est déjà en moi. Elle bat obstinément depuis huit mois. Que reste-t-il en nous quand, au plus intime, la vie et la mort se sont livré bataille ? " Ce livre est le fruit de plus de quatre ans d'enquête, d'une cinquantaine d'entretiens menés entre Bruxelles et Paris, et d'une quête personnelle. Dans ce "roman vérité" selon l'expression de Truman Capote, Etty Mansour a exploré la dimension psychologique de Salah Abdeslam, seul survivant parmi les terroristes du 13 novembre, en s'entretenant avec ses proches, notamment sa fiancée, son avocat belge, une sociologue molenbeekoise et une psychanalyste clinicienne qui exerce en prison auprès de détenus pour terrorisme islamiste. Au-delà de l'itinéraire biographique de Salah Abdeslam, elle a cherché des clés de compréhension sociale, historique, idéologique et religieuse en se rapprochant d'éducateurs sociaux, d'un historien, d'un juge et d'une policière de l'antiterrorisme, d'un imam et d'un rabbin. Si l'exercice du droit est indispensable à une société meurtrie par des attaques terroristes de cette ampleur ? depuis la Seconde Guerre Mondiale, l'Europe n'avait pas eu à faire face à un tel niveau de violence ? la littérature peut, à sa manière, aider à transformer la terreur dont nous avons été la cible. Elle peut permettre de comprendre, de l'intérieur, ce qui nous est collectivement arrivé. Cette conviction a guidé le travail d'Etty Mansour et lui permet d'éclairer la trajectoire du seul terroriste encore en vie, à mettre des mots sur son silence qui est, à ses yeux, le nouveau piège qu'il nous tend.Sur commande en 4-6 joursCOMMANDER23,00 € -

Ma mère patrie
Charrihi Hanane ; Brunet ElenaFatima Charrihi fut la première victime de l'attentat de Nice, le 14 juillet 2016. Elle était musulmane, comme un tiers des personnes assassinées ce soir-là. Sa fille, Hanane, dévoile la personnalité de cette mère d'exception. Exigeante et généreuse, puisant ses valeurs de paix et de tolérance dans sa pratique de l'islam. Mais Hanane raconte aussi son chagrin dans l'omniprésence médiatique. Et la haine que sa famille a dû endurer en plein deuil. C'est avec lucidité et douceur qu'Hanane prend la plume pour contrer les amalgames. Et rendre hommage à sa mère, en réaffirmant son attachement à la France, sa patrie. Hanane Charrihi a 27 ans et vit en banlieue parisienne. Elle est l'une des sept enfants de Fatima Charrihi. Elena Brunet est journaliste au magazine L'Obs.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER12,90 € -

Le djihad et la mort
Roy OlivierNous aimons la mort, vous aimez la vie." Ce slogan djihadiste est la vérité nihiliste d'une violence radicale en quête de cause. Qu'il s'agisse de commettre un attentat sur le sol européen ou d'oeuvrer à la restauration du Califat par le sacrifice, la mort du terroriste est la finalité par excellence de son engagement. La force de ce phénomène est de jouer sur nos peurs. Le seul impact stratégique des attentats est leur effet psychologique : ils ne touchent pas la capacité militaire des Occidentaux ; ils ne touchent l'économie qu'à la marge ; ils ne mettent en danger les institutions que dans la mesure où nous les remettons nous-mêmes en cause, avec le sempiternel débat sur le conflit entre sécurité et Etat de droit. La peur, c'est celle de l'implosion de nos propres sociétés.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER7,50 €
