La nuit de noces. Une histoire de l'intimité conjugale
Limbada Aïcha
LA DECOUVERTE
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EAN :9782348073168
La nuit de noces est un événement à la fois banal et singulier pour les femmes et les hommes de la France du XIXe et du premier XXe siècle : si le rite s'impose alors à presque tous, il constitue une expérience personnelle décisive pour chacun. La norme exige que les jeunes mariés attendent la première nuit suivant la cérémonie pour consommer sexuellement leur union, mais aussi qu'ils n'en retardent pas davantage le moment. Bien que ces quelques heures inaugurales de leur vie conjugale se passent portes closes et que la bienséance commande d'en conserver le secret, de puissants attendus familiaux, religieux et sociaux pèsent sur leur bon déroulement.Pour dévoiler l'imaginaire et les réalités de la nuit de noces, cet ouvrage s'appuie sur des sources étonnantes et des archives exceptionnelles. Des procédures judiciaires engagées par des couples souhaitant se séparer donnent en particulier accès aux témoignages des époux eux-mêmes : le récit des paroles échangées, des gestes effectués, des émotions ressenties offre un éclairage unique sur les pratiques nuptiales, habituellement tues, et sur l'ignorance dans laquelle sont maintenues les jeunes filles jusqu'au soir du mariage. Le " viol légal " que certaines dénoncent apporte une profondeur historique aux réflexions actuelles sur le consentement.Aïcha Limbada montre que la nuit de noces est vécue par les époux comme une véritable épreuve, au cours de laquelle les femmes doivent attester de leur virginité et les hommes de leur virilité, mais qu'elle est aussi appréhendée par les penseurs et les médecins comme un problème sanitaire et social majeur. De sa réussite dépendent le bonheur du couple et la perpétuation de la société, dont l'ordre repose sur une domination masculine que l'initiation féminine participe à instituer.Table des matières : IntroductionUne pratique sociale à la fois exceptionnelle et ordinaireAu c?ur de l'intime et du genreComment écrire l'histoire de la nuit de noces ?Le prisme de l'exceptionChapitre 1 : Imaginaire de la nuit de nocesLa sexualité éludéeL'émergence du thème du viol nuptialLe goût pour les anecdotes scandaleusesLégèreté et lourdeurs des récits nuptiauxUne iconographie foisonnante à la Belle ÉpoqueSous le manteauChapitre 2 : La fabrique de l'ignoranceL'ignorance des jeunes filles bourgeoises élevée au rang de vertuUne ignorance moindre dans les milieux populaires ?Des indications minimales au seuil de la nuit de nocesL'absence totale de recommandationsQuand l'ignorance perdure après la nuit de nocesL'extrême ignorance au masculinDes femmes qui assument leur savoirLa disqualification morale des jeunes filles qui saventFeindre l'innocenceChapitre 3 : La lutte contre l'ignorance nuptialeLes médecins au chevet des épouxLa vulgarisation médicale dans les manuels conjugauxCombattre l'ignorance masculine avant toutInformer ou corrompre ?Mieux instruire les femmes également ?Prévenir les affections physiques et morales les plus gravesAssurer le devenir " des ménages, des familles et de la société "Sauver les âmes : la renaissance de la pastorale catholique sur le mariage au début du XXe siècleChapitre 4 : Désirs d'intimitéLe scénario nuptial traditionnelLa remise en cause de la publicité de la nuit de noces" Enfin seuls ! " : la célébration du couple bourgeoisLa chambre nuptiale, un lieu à partUn huis clos imparfaitÀ l'abri des regards : la nuit de noces en voyageChapitre 5 : La consommation du mariageLa validation du mariage par l'union sexuelleL'instauration du devoir conjugalUne consommation nocturne immédiate ?Fixer la date du mariage en fonction de la nuit de noces à venirUne culture du viol nuptialLe " viol légal " de la nuit de nocesChapitre 6 : Les difficultés du premier tête-à-têteDes émotions fortes au seuil de la chambre nuptialeLes premiers rapprochementsAller au lit dans ses habits de nuitLes mauvaises surprises de la proximité corporellePrécoces désillusionsLe refus du devoir conjugalChapitre 7 : Dans le lit des épouxImaginaire de la défloration nuptialeJuste avant l'épreuveLe corps à corpsDes pratiques sexuelles non conformesL'incapacité de consommer le mariageAu sortir du litConclusionArchives et sourcesListe des abréviationsNotesRemerciements.
Une histoire de l'événement à la fois exceptionnel et banal qu'a représentée pour la quasi-totalité de la population française au cours du long XIXe siècle la première nuit suivant le mariage, révélatrice jusqu'à nos jours de l'inégalité dans la sexualité conjugale.
La science demeure l'un des facteurs cruciaux pour le développement d'un pays ou d'un continent. Elle représente la voie empruntée par la plupart des nations et des continents pour stimuler leur développement. Malheureusement, en Afrique, cette voie semble ne pas être pleinement exploitée. Cela donne l'impression qu'il existe une science spécifique, non universelle, une sorte de " afro-science " ou pseudo-science, incapable de stimuler le développement du continent. Cette préoccupation centrale de l'ouvrage est de montrer l'importance primordiale de la science pour le développement. La science en Afrique est peut-être dépourvue de conscience ou trop bureaucratique ; il est donc essentiel de la " débureaucratiser " et de la libérer du " cervicalisme ignominieux " qui l'étouffe, afin qu'elle devienne véritablement créative et un moteur de transformations sociales. Il y a là des enjeux de savoirs théorétiques, pratiques et créatifs qu'il est crucial de relever. La structure politique, en tant que macrostructure, doit soutenir et investir davantage dans la science. Son rôle premier est de financer et de tracer les politiques nationales et diplomatiques. Chaque pays a la responsabilité de cette tâche afin que tout le continent puisse en bénéficier collectivement. Les scientifiques doivent faire preuve de plus de conscience et de sérieux dans leur travail, sachant que la vie des autres en dépend, et les populations doivent également soutenir le travail des scientifiques. C'est ainsi que l'on peut surmonter le fléau du sous-développement qui ronge et étouffe l'Afrique.
L'ouvrage Rationalité et communication. A l'ère des technologies de l'information et de la communication propose une étude approfondie qui relève à la fois de la philosophie de la communication, de la philosophie sociale et de la métaphysique. Il aborde la question sous un angle novateur à deux niveaux. Premièrement, il démontre que l'âme de la communication réside dans la rationalité, qui en constitue l'essence et l'être. Sans cette âme, la communication bascule vers la violence et conduit au mépris, au mensonge, à la manipulation et à divers abus humains et sociaux. Deuxièmement, il établit un lien entre la rationalité et les technologies de l'information et de la communication (TIC). Face à l'omniprésence de ces technologies modernes, si la rationalité ne pénètre pas pleinement la communication au point de rationaliser également les TIC, celles-ci ne pourront pas contribuer à l'épanouissement humain. Ainsi, rationaliser la communication implique aussi de rationaliser l'usage des TIC, en identifiant les avantages à renforcer et les écueils à corriger, purifier et "thérapeutiser" pour favoriser la cohésion sociale et la paix entre les hommes.
De la fin des années 1990 jusqu'au milieu des années 2000, les mondes du cinéma, de la télévision, de l'art, de la mode et de l'édition s'enthousiasment pour le sexe explicite : c'est la période du " porno chic ". Durant cette poignée d'années, des cinéastes, hommes comme femmes, introduisent des scènes pornographiques dans leurs films. Des directrices de casting écument les clubs échangistes et les soirées BDSM. Les artistes inondent les galeries d'oeuvres pornographiques. Les marques font appel aux égéries de films pour adultes pour leurs campagnes de pub. Le public découvre, éberlué, l'arrivée de la téléréalité et le sexe en direct. Les textes explicites écrits par des femmes battent tous les records de vente. Il ne se passe pas une semaine sans qu'une star du X soit invitée sur un plateau TV. C'est ainsi que des mondes qui n'auraient jamais dû se côtoyer ont fini par fusionner. Ovidie a participé à cette parenthèse du porno chic, un moment charnière antérieur à internet qui a inspiré ce que les millenials nommeront plus tard la " culture porn ". Mais tout change en octobre 2017, lorsque #MeToo vient bouleverser nos regards en nous amenant à relire ces années à travers le prisme des discriminations sexistes et sexuelles. Et, pour une fois, l'industrie du X n'est pas la seule sur le banc des accusés. Car derrière la starification des actrices, il y a eu la stigmatisation, le jugement, le slut shaming. Dans cet ouvrage qui mêle récit intime et réflexions politiques, Ovidie décrypte ce mécanisme marquant au fer rouge les femmes qui, à un moment ou à un autre de leur vie, ont été sexualisées - et l'ont payé très cher.
Résumé : Dans la plupart des sociétés occidentales, la place des loisirs et des activités culturelles s'est sensiblement accrue depuis la fin des années 1960. Cette évolution générale masque toutefois de profondes disparités qui interrogent le bilan des politiques de démocratisation de la culture car celles-ci, notamment en France, inspirent l'essentiel des politiques publiques menées dans ce domaine. L'accès aux biens, aux services et aux équipements culturels continue d'alimenter les inégalités observées dans d'autres domaines de la vie sociale, en particulier dans le domaine scolaire. Marquée par la montée de l'audiovisuel, le recul de l'écrit et la globalisation de l'offre de biens et services culturels, la cartographie des styles de vie culturelle est aujourd'hui perturbée par un certain éclectisme des goûts et des pratiques ; si celui-ci brouille le découpage des frontières symboliques entre les groupes sociaux, il n'est pas nécessairement synonyme d'une disparition des hiérarchies culturelles.
La vie de Frantz Fanon se lit comme un thriller de la décolonisation et de la guerre froide. Elle est aussi un témoignage essentiel des bouleversements politiques et intellectuels du XXe siècle. Après avoir combattu dans les rangs de la France libre pendant la Seconde Guerre mondiale, Fanon, jeune psychiatre martiniquais charismatique et talentueux, publie à 27 ans Peau noire, masques blancs , ouvrage prophétique qui s'imposera avec le temps comme un classique. Il approfondit son expérience clinique au centre hospitalier de Saint-Alban (Lozère), berceau d'innovations thérapeutiques qui marqueront profondément sa recherche d'une psychiatrie désaliénée au service des humiliés. Cette quête de la désaliénation, il la met à l'épreuve de la situation coloniale lorsqu'il est muté en Algérie, à la veille de la guerre de libération. Il s'engage corps et âme dans le combat anticolonial, d'abord à Tunis où il met ses compétences médicales au service du Front de libération nationale (FLN), puis comme ambassadeur itinérant du mouvement en Afrique subsaharienne. Fauché par une leucémie foudroyante au moment même où paraît son livre le plus célèbre, Les Damnés de la terre , Fanon meurt le 6 décembre 1961, laissant derrière lui une oeuvre qui suscite depuis soixante ans une multitude d'interprétations et d'appropriations créatrices dans le monde entier. Servie par la plume élégante d'Adam Shatz, cette biographie politique et intellectuelle s'impose comme un ouvrage de référence.
Partout en Europe, à l'abri des regards, les centres de rétention destinés à organiser l'expulsion des sans-papiers se multiplient. Au nom du contrôle des frontières, des milliers de personnes y voient leurs droits fondamentaux bafoués. Surmontant les difficultés d'accès à ces lieux, Louise Tassin est parvenue à enquêter au coeur et autour de ces dispositifs. Grâce à une immersion inédite dans des centres d'Ile-de-France et sur les îles de Lesbos et Lampedusa, elle livre un tableau vivant et documenté de cet enfermement de masse. Avec elle, on découvre qu'une partie du personnel en charge de la rétention a connu des trajectoires migratoires similaires à celles des " retenu. es ". Autrement dit : pas d'enfermement des étranger. es... sans l'appui d'une main-d'oeuvre immigrée précaire. Le contrôle des frontières est par ailleurs largement délégué à des acteurs privés (entreprises, associations, collectifs locaux), qui travaillent en coopération avec les fonctionnaires de police, quand ils ne s'y substituent pas. Quid de la responsabilité des Etats, des conditions d'enfermement, de la transparence des dispositifs dans ce contexte ? Les expériences des étrangères et des étrangers retenus résonnent d'un centre à l'autre et d'un pays à l'autre. Partout s'exprime le sentiment d'être injustement traités en criminels. Que fait la rétention à celles et ceux qui y sont placés ? Et comment l'existence de ces lieux façonne-t-elle les représentations de l'étranger ?
C'est l'histoire du compagnonnage humain-animal, long de plusieurs millénaires, qui a pris fin hier. L'animal a déserté nos vies. Les animaux sauvages sont relégués au zoo ou en voie d'extinction du fait de nos activités humaines. Les animaux d'élevage sont pour la plupart soustraits à notre regard. Les seuls dont nous demeurons proches sont les bêtes de compagnie, dont nous gommons la part sauvage. Qu'est-ce que cet éloignement dit de nous ? Pour le savoir, Marylène Patou-Mathis analyse les relations humain-animal sur le temps long, de l'apparition d'Homo sapiens à aujourd'hui. Depuis 300 000 ans, les animaux subviennent à nos besoins vitaux, forgent nos mythes et croyances, et participent à notre développement. Nous avons écrit une histoire commune avec eux, jusqu'au XIXe siècle. C'est ce basculement, incroyablement récent à l'échelle de l'humanité, que raconte cet essai. Un éclairage indispensable pour comprendre ce qui se joue entre eux et nous, et quel serait l'avenir de l'espèce humaine sans les animaux.
L'Orient" est une création de l'Occident, son double, son contraire, l'incarnation de ses craintes et de son sentiment de supériorité tout à la fois, la chair d'un corps dont il ne voudrait être que l'esprit. A étudier l'orientalisme, présent en politique et en littérature, dans les récits de voyage et dans la science, on apprend donc peu de choses sur l'Orient, et beaucoup sur l'Occident. C'est de ce discours qu'on trouvera ici la magistrale archéologie.
Résumé : Vacances, sport, repos, congés payés... Quand et comment se sont créés les usages modernes du temps libre ? Comment le désir de voyage, la soif d'aventures et de sensations nouvelles, les divertissements de la foule, le besoin de quiétude et de découverte de soi se sont-ils combinés à l'accélération des rythmes de vie ? Telles sont les questions auxquelles entend répondre cet ouvrage conçu et coordonné par Main Corbin, avec des contributions de Julia Csergo, Jean-Claude Farcy, Roy Porter, André Rauch, Jean-Claude Richez, Léon Strauss, Anne-Marie Thiesse, Gabriella Turnaturi et Georges Vigarello.
L'objet de ce livre est de suivre depuis l'Antiquité gréco-romaine ceux qui ont su "voir l'arbre" : Horace et Virgile, mais aussi Ronsard et La Fontaine. Par la suite, Rousseau, Goethe, Novalis, Chateaubriand, Hugo, Proust, Yves Bonnefoy et tant d'autres. Il y eut aussi des peintres. S'étendre sous les ombrages, s'y délasser, y méditer, s'enfouir dans le végétal, s'y réfugier, y grimper... A l'époque contemporaine, certains ont tenté d'incruster leur corps dans l'écorce, en espérant que le végétal ferait croître l'empreinte. Par ailleurs, des moribonds sont allés jusqu'à souhaiter que leur ADN soit transmis à l'arbre planté sur leur tombe. On le voit, c'est à une longue promenade que ce livre invite, à la rencontre de l'arbre champêtre, de l'arbre haie, de l'arbre isolé et sauvage comme de l'arbre domestique. L'histoire des émotions qu'ils suscitent nous est transmise ici par des individus qui, au fil des siècles, possédaient les mots pour les dire.