Dès les premières pages, Philippe Liesse nous livre son projet d'auteur : écrire sa propre partition sur ce qu'il a vécu, sur ce qu'il est aujourd'hui, sur ce qu'il a choisi de vivre dans l'avenir. Son parcours est en effet original et sa démarche riche d'authenticité. D'abord comme professeur de religion dans l'enseignement public belge, un monde de la laïcité qui l'a rapidement interrogé et où son souci a été de montrer aux élèves comment lire le monde dans un écho de la Bonne Nouvelle. Vingt ans plus tard, quand il choisit la voie du diaconat, c'est pour s'engager sur le chemin d'une Eglise qui ne soit pas centrée sur elle-même, mais ouverte sur le monde. Son itinéraire sera celui d'un diacre non aligné. Non aligné, quand il tourne le dos aux certitudes, dans l'intuition que la vérité n'est pas à prendre toute faite ; non aligné, quand il avance que la vie chrétienne ne peut progresser que si l'on coupe le cordon clérical. Comment dès lors être fidèle au message de Jésus "en Eglise" ? Cette dernière a-t-elle du sens si elle n'est pas viscéralement reliée au projet de faire grandir en humanité ? Une Eglise qui déploie sa vie dans les sacristies ou dans les solidarités humaines ? Tout un programme. Des mots sur Dieu qu'il nous faut simplifier, en passant par l'homme de Nazareth que nous avons sans cesse à redécouvrir, jusqu'aux questions que pose une Réforme du christianisme, voici un livre écrit sans langue de bois et qu'on lira avec plaisir, comme une respiration. L'auteur nous parle en terminant des livres qu'il a aimés, et qu'il conserve dans ce qu'il appelle son cellier.
Nombre de pages
174
Date de parution
04/11/2021
Poids
230g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782811129354
Auteur
Liesse Philippe ; Aoun Mouchir Basile
Editeur
KARTHALA
Largeur
135
Date de parution
20211104
Nombre de pages
174,00 €
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L'image de la vigne est une référence parlante pour les anciennes civilisations, car elle projette l'homme dans l'imaginaire du bonheur : "Le vin réjouit le coeur de l'homme". C'est pourquoi Yahvé prépare un festin pour son peuple, un festin de viandes grasses et de bons vins, de viandes moelleuses, de vins dépouillés (Is 25, 6). Le peuple d'Israël est souvent comparé à la vigne. Selon qu'elle porte du bon ou du mauvais fruit, elle est soignée ou délaissée, et ensuite reprise en main pour être à nouveau entourée de soins. Jésus reprend donc tout naturellement l'image de la vigne, mais il change la perspective en se présentant lui-même comme la "vraie vigne", celle qui porte des raisins de tendresse. Le commentaire "ne s'épuise pas dans une paraphrase, toujours lassante, qui nous ramènerait sans profit à une époque révolue. Il a une valeur initiatique : il accompagne fraternellement l'élan de ceux qui veulent croire - qui ont "la faiblesse de croire", comme aimait à dire Michel de Certeau ; il prend en compte, sans nécessairement les détailler, la culture et l'épreuve de l'homme contemporain ; il invite à adhérer en toute liberté à Jésus, si déroutant et tellement humain". (Jean-Yves Quellec).
Notre monde a soif d'humanité, d'un "plus humain" qui transforme le monde en une terre habitable par tous et pour tous. C'est le message central de Jésus, la Bonne Nouvelle qui se transmet comme un feu depuis la flamme allumée sur les routes de Galilée. Relayer ce feu, dans un coeur à coeur, c'est tout un travail qui conjugue lutte et contemplation : deux notes indissociables pour un accord harmonieux ! La vraie contemplation n'est donc ni fuite, ni refuge, ni résignation devant l'insoluble, ni recours au miracle. Elle est un appel qui ne trouve son écho que dans un engagement personnel. Elle fait de Dieu et de l'homme des partenaires, des amis qui travaillent main dans la main pour étancher cette soif d'humanité !
Bienheureux, bienheureux, bienheureux !". Il ne s'agit pas d'un énoncé de recettes ou de remèdes, encore moins d'une liste de conditions pour mériter l'entrée dans le Royaume. Les paroles de Jésus veulent chanter l'événement incroyable qui s'est produit du côté de Dieu. Dans la gratuité absolue, Dieu s'est fait le tout proche des hommes. Dieu se dévoile et se révèle dans le plus petit, qu'il soit affamé, assoiffé, dévêtu, malade, prisonnier. Dieu rejoint l'humain dans ce qu'il a de plus inhumain et l'humain rejoint Dieu en combattant toute cette part d'inhumain qui défigure le quotidien. Le ton est donné ! Comme le dit Thérèse-Marie Dupagne dans la préface : "Voici un appui. Voici un chemin de liberté, un appel à la confiance et à l'espérance pour qui se laissera déranger, bousculer, inviter".
Surnommée "la pharmacie du Sud", l'Inde produit aujourd'hui une grande partie des médicaments génériques contre le sida, le cancer et la tuberculose distribués dans les pays en développement. Elle devient donc à la fois un acteur incontournable du commerce pharmaceutique et un interlocuteur central des négociations commerciales et sanitaires internationales. Par l'étude historique et sociologique de ces éléments, cet ouvrage livre une réflexion intéressante sur l'émergence indienne.
Paul Blanquart (1934-2024) est né dans le Nord dans une famille marquée par le christianisme social dont il a hérité sa vocation militante. Il entre en 1955 chez les dominicains, parce que certains d'entre eux avaient soutenu les prêtres-ouvriers condamnés par Rome en 1954. Il y voyait une alternative à l'Église institutionnelle et cherchait surtout une réponse existentielle à ce qu'il ne trouvait pas de manière satisfaisante dans le marxisme dont il s'est toujours revendiqué mais dans une perspective chrétienne et prophétique : la fraternité. Après ses études au Saulchoir et son service militaire en pleine guerre d'Algérie, Paul Blanquart enseigne quelque temps à la Faculté de philosophie de l'Institut catholique de Paris et participe à la « prise de parole » de mai 1968 tout en s'intéressant de près aux événements révolutionnaires de l'Amérique latine, notamment au Brésil et à Cuba. Il entendait promouvoir le rôle spécifique des chrétiens dans les luttes révolutionnaires. En 1973, Paul Blanquard est poussé à interrompre ses cours à l'Institut catholique de Paris, en raison d'oppositions. Il travaille alors comme rédacteur en chef adjoint à Politique Hebdo et participe à la création de La Gueule ouverte. Puis, après avoir dirigé le Centre de création industrielle de Beaubourg (1982-1984), il enseigne la sociologie à l'Université Paris-XII. Esprit brillant, homme de grande culture, militant résolu, passionné de rencontres, il s'engage dans l'éducation populaire et l'écologie en mettant en garde contre un monde dominé par la connivence entre technologies et hiérarchies au détriment de la fraternité. D'où son engagement dans la Fondation Un monde par tous pour promouvoir une culture qui ne soit pas coupée de la nature, une politique qui ne soit pas simple gestion technocratique et une économie qui ne se réduise pas à la valeur marchandise. Les textes présentés ici visent à faire connaître son engagement et cette pensée originale qui n'a pas toujours été bien comprise, notamment dans sa défense du « Dieu » d'Abraham et des prophètes qui marche à nos côtés en rupture avec le « Dieu » des institutions ecclésiastiques et des appareils technocratiques... Marginalisé par plusieurs institutions, il s'est toujours revendiqué « chrétien et dominicain », éveilleur de consciences, à la fois provocateur et homme de fraternité.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.