L'idiot intime. L'enfant médusé de la psychanalyse
Lévy Ghyslain
ITHAQUE
18,00 €
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EAN :9782490350872
En chacun de nous, enfoui dans les plis de l'enfance, reste caché aux autres et d'abord à soi-même, ce qu'on pourrait appeler l'idiot intime, pour dire ce qui, médusé sous le sérieux du monde, demeure dans une sorte d'innocence fragile et insouciante, évoquant les silhouettes dégingandées de Charlot ou de Tati. Cette forme de l'intime, dérisoire et toujours aux marges, souvent recouverte par la honte, se loge, clandestine, dans ces lieux interdits de la mémoire, sur les bords de nos souvenirs. Dans la confrontation si fréquente de l'actuel et de l'originaire, le sujet rencontre continuellement cet éprouvé primitif du devenir-idiot, même si c'est souvent sous le mode traumatique de l'effroi médusant. C'est cet infantile médusé qui fait trace chez l'adulte - trace oubliée, effacée, honteuse -, et qui constitue une force de résistance de la psyché face au désentravement de la pulsion, au désir de non-désir, et au rejet de vivre imposé au je. Cette part d'un quant à soi indivulgable s'appelle aussi l'allégresse. Celle-ci partage avec l'idiot intime cette présence à la fois légère et trouble, qui est notre façon d'habiter le temps que nous sommes en train de vivre. C'est à ces figures de l'intériorité que l'on donne ici la parole, car elles se rejoignent en un point intime d'invincibilité, de résistance solaire, absurde, en chacun.
Nombre de pages
150
Date de parution
17/04/2026
Poids
160g
Largeur
126mm
Plus d'informations
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EAN
9782490350872
Auteur
Lévy Ghyslain
Editeur
ITHAQUE
Largeur
126
Date de parution
20260417
Nombre de pages
150,00 €
Disponibilité
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Comprendre les maux de nos sociétés contemporaines Comment comprendre notre consentement passif envers la cruauté banalisée d'une réalité quotidienne dont nous entendons les échos terrifiants ? L'époque n'est plus celle de cet amour de la vérité que Freud donnait comme la fin de chaque engagement dans une psychanalyse. L'époque est celle de la vraie pauvreté, de l'homme pouvant être sacrifié à merci, et dont l'autre face est l'indifférence. Dans cet essai d'anthropologie psychanalytique, Ghyslain Lévy saisit la société actuelle. Il montre combien l'invention de " l'homme augmenté ", produit d'un éros technologique, se fonde sur un déni de la réalité et de la mort qui induit l'isolement dans l'addiction ou la solitude " branchée ". A partir de sa riche expérience clinique, et en s'appuyant sur la littérature et le cinéma, l'auteur nous fait parcourir les lieux de l'indifférence, des maladies du virtuel à la perte du sentiment du chez soi. Survivre à l'indifférence, c'est vivre contre l'indifférence, faire résistance au règne de l'homme-jetable et à la marchandisation des corps.
Dans un environnement qui favorise la virtualisation de l'autre, de nouvelles formes de malaise apparaissent, symptôme d'un enfermement solitaire dans des prisons narcissiques. L'ivresse du pire, cette surenchère effrénée dans la progression de l'horreur, est-elle derrière nous ? À partir de son expérience clinique t de la mise au jour d'une spirale d'autodestruction animée par la haine de soi, Ghyslain Lévy rappelle en quoi l'ombre des catastrophes totalitaires du XXe siècle hante toujours le sujet. Face à la force de cette pulsion de cruauté, demeure-t-il un reste irréductible dans l'homme qui puisse ne pas céder ?
Qu'appelle-t-on "symptôme" en psychiatrie ? Et de quel talent d'observateur faut-il créditer le clinicien qui essaie de regrouper les symptômes en syndromes, voire en maladies mentales ? Steeves Demazeux, après son enquête sur les classifications contemporaines (Qu'est-ce que le DSM ? , Ithaque, 2013), continue ici sa remontée dans le temps, en examinant l'émergence de la clinique psychiatrique, de ses origines chez Pinel à la crise qui la secoue au tournant des années 1950. A cette fin, il fouille le sol de la relation clinique, en amont du diagnostic, quand, au plus proche du patient, le psychiatre se met en quête des "signes" de la maladie. Les aliénistes ont longtemps cherché à constituer une "sémiologie" de la folie aussi respectable que celle des autres branches de la médecine. Très vite, cependant, ils ont hésité. Fallait-il voir dans ces signes et ces symptômes les éléments formels d'un tableau, les indices d'un trouble sous-jacent qui en serait la cause, ou les lettres d'un texte dont le sens nous échappe ? Une sémiologie psychiatrique n'est-elle pas au fond une chimère ? La psychanalyse n'a-t-elle pas hérité de ses impasses ? Et si c'était à des auteurs méconnus, voire méprisés, "numéristes" et modestes statisticiens d'asile, qu'il fallait enfin accorder la palme de l'objectivité ? L'histoire et la philosophie des sciences croisent ici des personnages inattendus, et pourtant tous nécessaires : Edgar Poe et Jacques Lacan, Carlo Ginzburg et Michel Foucault, les habitants de Manhattan, un photographe victorien spécialisé dans les gouttelettes, et plusieurs neurologues le marteau à la main. Au terme de ce parcours, Steeves Demazeux propose une refondation vigoureuse de notre épistémologie de la psychiatrie, qui doit changer et d'objet et de but
Dans cet ouvrage Thomas H. Ogden présente sa conception originale de la pratique analytique contemporaine. Reprenant huit articles parus entre 2016 et 2020, l'auteur montre le cheminement le conduisant à postuler ce qu'il appelle un "changement d'orientation" de la psychanalyse, en réponse aux transformations radicales, bien que silencieuses, subies par la discipline depuis la fin du XXe siècle. Selon Ogden, ce changement nous fait passer d'une psychanalyse épistémologique à une psychanalyse ontologique : si la première s'efforce de comprendre et d'interpréter les conflits psychiques et le monde interne du patient, en privilégiant les contenus (rêves et associations libres) apportés en séance, la seconde, appuyée sur le contenant (l'appareil à penser les pensées, la capacité de penser), vise plus directement, à travers le lien intersubjectif analyste/analysant, non pas la connaissance de soi mais l'expérience de soi, qui que l'on soit. Dans la psychanalyse épistémologique, la technique principale est l'interprétation du transfert ; dans la psychanalyse ontologique, où il est question d'être et de devenir, plutôt que de (se) connaître, l'essentiel se joue par un maniement très particulier du contre-transfert. Inspiré par Harold Searles, Donald W. Winnicott et W. R. Bion, Ogden parachève dans cet ouvrage 40 années de recherches analytiques au-delà de la névrose, en démontrant la validité de la psychanalyse face aux défis de la clinique du XXIe siècle.
Steeves Demazeux est philosophe des sciences. Il est actuellement rattaché, en tant que post-doctorant, au Centre d Histoire des sociétés, des sciences et des conflits (CHSSC, université de Picardie Jules Verne) ainsi qu à l Institut Faire Faces IFF.