Cet ouvrage sur Daniel Buren étudie l'évolution du travail de cet artiste, né en 1938, depuis l'apparition de ses fameuses bandes alternées en 1965 jusqu'aux grands dispositifs plastiques de ces dernières années. L'apport majeur de Daniel Buren est d'avoir inversé la relation que les oeuvres entretiennent avec leurs lieux d'exposition. Les lieux de présentation des oeuvres n'étant jamais neutres, Daniel Buren intègre les caractéristiques du lieu dans l??uvre elle-même. Il évite ainsi que ses travaux soient détournés par leur lieu de présentation. Les travaux in situ de Daniel Buren, déduits des lieux où ils prennent place, intègrent aussi la place du regardeur. Autrement dit, celui-ci est en mesure de percevoir visuellement et donc de comprendre, avec un minimum d'informations extérieures, les mécanismes qui relient loeuvre au lieu d'accueil qui la provoque. C'est dans ce sens qu'un certain nombre de travaux de 1971 à 2001 sont ici analysés. Si le concept d'in situ permet aux oeuvres qui s'en réclament d'être éventuellement rejouées, à la façon des partitions musicales, il conduit aussi Daniel Buren à élargir le champ artistique à l'ensemble du domaine visuel.
Nombre de pages
182
Date de parution
11/10/2001
Poids
1 060g
Largeur
261mm
Plus d'informations
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EAN
9782080121950
Titre
Daniel Buren
Auteur
Lelong Guy
Editeur
FLAMMARION
Largeur
261
Poids
1060
Date de parution
20011011
Nombre de pages
182,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Daniel Buren est certainement l'artiste français le plus connu grâce aux fameuses colonnes éponymes du Palais Royal. Il est l'artiste invité au Grand Palais pour la prochaine manifestation "Monumenta" qui débute le 9 mai 2012. A cette occasion la monographie publiée en 2001 de Guy Lelong se voit mise à jour, augmentée de 40 pages avec un changement de format et de maquette. L'épilogue ajouté à cette réédition présente, parmi les ?uvres que Daniel Buren a réalisées au cours de la dernière décennie, celles dont la dimension est à l'échelle des architectures qu'elles investissent. Car la dimension de plus en plus architecturale du travail de Daniel Buren est l'un des traits marquants de son évolution actuelle. Ce nouveau chapitre s'organise autour de cinq grandes expositions: Le Musée qui n'existait pas (Centre Pompidou, 2002), The Eye of the Storm ou L'?il du cyclone (Guggenheim Museum, New York, 2005), Plus grand ou plus petit que? (Château de Tours, 2005), La Coupure (musée Picasso, 2008) et la Monumenta de 2012. Ces grands dispositifs se caractérisent aussi par les montages de jeux visuels qu'ils proposent, consistant à diffuser la couleur dans l'espace par projections et reflets. Une partie conclusive place la démarche générale de Daniel Buren dans une perspective artistique plus large, au-delà des seuls arts visuels.
Ce volume, qui suivant son titre se propose de déduire une aventure des propriétés mêmes du livre, conjugue, en définitive, ce dessein avec un principe d'écriture en transformation continue, cherchant à mettre les jeux de ce stade à nu.
Les conceptions dominantes de l'esthétique occidentale contemporaine se montrent tantôt accrochées à l'idée d'un "grand récit", cher aux modernes, tels que vus par les post-modernes. tantôt chevillées à celle d'un émiettement. Elles tendent, de diverses façons, à soumettre les oeuvres et leurs propriétés - tangage, médium, lieu d'accueil - à des idées ou des systèmes a priori. Parlant de Mallarmé, entre autres, il a été question d'une "révolution du langage poétique" (Kristeva) ou d'une "dissémination" des marques (Derrida). Le présent ouvrage propose, lui, le récit d'un renversement partant de Mallarmé : celui qui, ayant consisté à déduire les oeuvres de leur support et de leurs propriétés, continue de se manifester dans les domaines artistiques les plus divers : poésie, roman, arts plastiques, musique, architecture, cinéma. Guy Lelong y montre ainsi, au plus prés des oeuvres et de leur perception, qu'il est possible d'établir, entre ces différents domaines, une sorte de continuum.
A la suite du roman in situ Le Stade qu'il prolonge, le roman flipbook La Poursuite a pour projet d'intégrer la dimension du livre au sein d'un continuum textuel évolutif. Si la fiction se développe à partir de la vitesse de feuilletage du livre, le double sens de son titre - continuation et projecteur de théâtre - lui apporte un éclairage supplémentaire. Assis à bord de son unité minimale de roulement, le héros suit une ligne infiniment droite dans un paysage en constante transformation. Restés à la base dont ils longent les aires d'activité, ses coéquipiers discourent sur les raisons de cette ligne. Quand ils atteignent le sommet de l'aire la plus haute, ils sont téléportés et La Poursuite apparaît alors sous un tout autre jour.
Qu'est-ce que la nostalgie sinon une mélancolie humaine rendue possible par la conscience de quelque chose d'autre, d'un ailleurs, d'un contraste entre passé et présent ? Et cette nostalgie n'est-elle pas aussi provoquée essentiellement par l'irréversibilité du temps ? Car on ne saurait remonter le cours du temps, tel est l'obstacle insurmontable qu'il oppose à nos entreprises. C'est notre impuissance devant cette impossibilité qui fait toute l'amertume de la nostalgie et l'absurdité des chimères du rajeunissement. La nostalgie n'est pas le mal du retour : on peut toujours revenir à son point de départ, à son lieu natal (l'espace se prête docilement à toutes nos allées et venues) mais il est impossible de redevenir celui qu'on était au moment du départ. Mais si le temps s'oppose irréductiblement à la rétrogradation il ouvre devant nous une carrière infinie à la liberté. L'homme peut s'ouvrir à l'idée du futur et confirmer ce que le temps affirme. Se servant d'exemples tirés de la vie quotidienne aussi bien que d'oeuvres poétiques, philosophiques ou musicales, Vladimir Jankélévitch démontre en fin de compte que l'irréversible n'admet qu'un seul remède : le consentement joyeux de l'homme à l'avenir, au futur.