Propos filmiques regroupe en un seul volume tous ses textes sur le cinéma écrits par Jean-Claude Lebensztejn entre 1980 et 2020, suivis d'un entretien mené entre 2019 et 2020 par Enrico Camporesi et Pierre Von-Ow avec l'auteur. Ils sont accompagnés d'une préface de Philippe-Alain Michaud et de près de 170 illustrations. Le livre révèle un Jean-Claude Lebensztejn féru de cinéma, qui a vu beaucoup de films du cinéma expérimental, une bonne part n'ayant été diffusée à leur époque que dans des salles d'art et essais. C'est ainsi une histoire alternative du cinéma, « à la marge », que cette anthologie met en lumière, nourrie des rencontres amicales que son auteur a pu faire, qu'il s'agisse de Paul Sharits, Peter Kubelka ou encore Andy Warhol. Ce regard « de près » est une contribution inestimable à l'histoire du cinéma. Les textes (présentations de séances, conférences, entretiens avec des artistes, journaux intimes), en partie inédits, affichent tous un style singulier et provocateur, et, chacun à leur manière, tissent des liens à la fois entre des genres cinématographiques, mais aussi entre le cinéma et les autres formes d'expression artistique que sont la peinture, la littérature et les arts visuels.
« Les foiblesses des grands hommes donnent le ton et marchent à côté des vertus qui les rachètent ; la flatterie souffle la domination et fomente la licence ; tout égare la multitude séduite par l'exemple : comment assujettir la contagion qui se meut par tant de contrastes ? Le voici : ce qu'un gouvernement n'ose faire, l'Architecte l'affronte ; celui qui s'est fait un jeu d'animer des surfaces pierreuses ; celui qui a appelé toutes les formes pour les contraster ; celui qui a hazardé son usufruit placé sur l'art, peut bien engager aussi le fonds. Il fixera les imaginations vagabondes sur un monument qui éveille le pressentiment de la pudeur, et dans ses combinaisons il détruira les abus consentis. Semblable à l'astre du jour, quand il s'est baigné dans les flots de l'océan, pour purifier ses rayons brûlants, il transige avec la profondeur des mers pour reprendre en sortant un nouvel éclat. » (Claude-Nicolas Ledoux, l'Architecture, p. 199.) Comment faire d'un bordel pseudo-grec à plan phallique le lieu d'une réflexion édifiante ? Tel est le rêve architectural de Ledoux, pour qui l'architecte doit édifier la société tout entière. Le texte de son Architecture, souvent considéré comme délirant, a sa logique, qu'il convient d'édifier à son tour. C'est une logique onirique. Transaction est la deuxième partie d'un triptyque consacré au rêve : la première touche à l'Aurélia de Nerval, la troisième au rêve créateur et à la représentation du rêve. Le titre générique (Fleurs de rêve) est une citation inconsciente de Rimbaud, retrouvée en rêve : « les fleurs de rêve tintent, éclatent, éclairent » (Enfance).
Sous le titre Miaulique s'est amassée une quantité incroyable de musiques de chats : illustrées par la peinture et par l'estampe (Téniers, Jan Brueghel, Grandville, une foule d'anonymes), retracées dans des récits et des essais (contes de Mme d'Aulnoy et des frères Grimm, textes de Hoffmann, de Champfleury et d'autres, parmi lesquels, au premier rang, l'écrivain rococo Paradis de Montcrif), jouées au violon (Farina, Biber) et chantées (Banchieri, Charpentier, Mozart, pseudo-Rossini, Ravel...), les musiques de chats se sont aussi réellement fait entendre dans les foires ou dans les concerts d'orgues de chats évoqués par le P. Kircher. Ce goût parfois cruel trahit une reconnaissance de l'animalité humaine, de la relativité des cultures ("Chaque Nation est le Chat de l'autre", dit Moncrif), et renouvelle la conception millénaire de l'harmonie comme accord des dissonances. Héraclite et Piero della Francesca jettent un éclat inattendu sur ces divertissements qui ne sont rien moins qu'innocents. (Ce livre comporte des illustrations visuelles et sonores.)
Sous ce titre un peu curieux, Figures pissantes, se cache une étude magistrale, mais non dépourvue d'humour, des représentations de personnages ? petits ou grands ? en train d'uriner. Elle débute par les représentations joyeuses, festives, du puer mingens, une iconographie que l'on retrouve sur les sarcophages romains tardifs, dans des bacchanales de petits Amours, chez les putti de la Renaissance. Jean-Claude Lebensztejn bascule ensuite chez les adultes pisseurs, des représentations un peu voyeuses de Boucher et sa Femme qui pisse aux pisseuses de Picasso ou de Gauguin. Puis les représentations finissent par mettre en scène le glauque, le sordide : chez Mapplethorpe, chez Andres Serrano. Au fil de la lecture, l'urine passe ainsi de l'aqua santa du bébé à une image de la profanation, de la dépravation. Le texte est accompagné d'une iconographie foisonnante dans laquelle on devine toute l'érudition de l'auteur.
Au cours de ces dernières années, l'Europe a été au centre d'événements socio-politiques qui ont dangereusement ravivé les spectres du « Vieux Continent », faisant ressortir une multiplicité de tensions qui remettent en question, une fois de plus, la dimension historique, géographique et administrative de cet espace aux multiples définitions. Le numéro 21 de Studiolo invite à actualiser la réflexion critique sur l'Europe dans les arts, en favorisant un dialogue transdisciplinaire ainsi qu'en privilégiant des lectures qui soulignent le caractère complexe et contradictoire d'un espace et d'un imaginaire en perpétuelle transformation. Studiolo est une revue annuelle d'histoire de l'art dédiée à la production artistique et la circulation des images entre l'Italie, la France, l'Europe et le Monde, de la Renaissance à nos jours. Elle constitue un espace ouvert aux recherches les plus actuelles qui occupent toutes les disciplines de l'histoire de l'art, tant dans ses objets que dans ses méthodes. Chaque livraison de la revue comporte un dossier thématique, des varia, une rubrique regards critiques consacrée à l'historiographie et, dans la rubrique histoire de l'art à la Villa Médicis, une actualité des activités du département d'histoire de l'art et des chantiers de restauration de l'Académie de France à Rome ? Villa Médicis. Enfin champ libre ouvre ses pages aux pensionnaires artistes de l'année en cours. Précédents numéros coédités avec les Éditions Macula : no 17, 2020-2021, dossier « Raphaël/Raffaello » no 18, 2021-2022, dossier « Indétermination » no 19, 2023-2024, dossier « La vie des oeuvres » no 20, 2025-2026, dossier « Atlas. Soutenir, soutenable »