Les foiblesses des grands hommes donnent le ton et marchent à côté des vertus qui les rachètent ; la flatterie souffle la domination et fomente la licence ; tout égare la multitude séduite par l'exemple : comment assujettir la contagion qui se meut par tant de contrastes ? Le voici : ce qu'un gouvernement n'ose faire, l'Architecte l'affronte ; celui qui s'est fait un jeu d'animer des surfaces pierreuses ; celui qui a appelé toutes les formes pour les contraster ; celui qui a hazardé son usufruit placé sur l'art, peut bien engager aussi le fonds. Il fixera les imaginations vagabondes sur un monument qui éveille le pressentiment de la pudeur, et dans ses combinaisons il détruira les abus consentis. Semblable à l'astre du jour, quand il s'est baigné dans les flots de l'océan, pour purifier ses rayons brûlants, il transige avec la profondeur des mers pour reprendre en sortant un nouvel éclat". (Claude-Nicolas Ledoux, l'Architecture, p. 199.) Comment faire d'un bordel pseudo-grec à plan phallique le lieu d'une réflexion édifiante ? Tel est le rêve architectural de Ledoux, pour qui l'architecte doit édifier la société tout entière. Le texte de son Architecture, souvent considéré comme délirant, a sa logique, qu'il convient d'édifier à son tour. C'est une logique onirique. Transaction est la deuxième partie d'un triptyque consacré au rêve : la première touche à l'Aurélia de Nerval, la troisième au rêve créateur et à la représentation du rêve. Le titre générique (Fleurs de rêve) est une citation inconsciente de Rimbaud, retrouvée en rêve : "les fleurs de rêve tintent, éclatent, éclairent" (Enfance).
Nombre de pages
87
Date de parution
21/02/2007
Poids
322g
Largeur
210mm
Plus d'informations
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EAN
9782915547559
Titre
Transaction. Fleurs de rêve II
Auteur
Lebensztejn Jean-Claude
Editeur
AMSTERDAM
Largeur
210
Poids
322
Date de parution
20070221
Nombre de pages
87,00 €
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Sous ce titre un peu curieux, Figures pissantes, se cache une étude magistrale, mais non dépourvue d'humour, des représentations de personnages ? petits ou grands ? en train d'uriner. Elle débute par les représentations joyeuses, festives, du puer mingens, une iconographie que l'on retrouve sur les sarcophages romains tardifs, dans des bacchanales de petits Amours, chez les putti de la Renaissance. Jean-Claude Lebensztejn bascule ensuite chez les adultes pisseurs, des représentations un peu voyeuses de Boucher et sa Femme qui pisse aux pisseuses de Picasso ou de Gauguin. Puis les représentations finissent par mettre en scène le glauque, le sordide : chez Mapplethorpe, chez Andres Serrano. Au fil de la lecture, l'urine passe ainsi de l'aqua santa du bébé à une image de la profanation, de la dépravation. Le texte est accompagné d'une iconographie foisonnante dans laquelle on devine toute l'érudition de l'auteur.
Sous le titre Miaulique s'est amassée une quantité incroyable de musiques de chats : illustrées par la peinture et par l'estampe (Téniers, Jan Brueghel, Grandville, une foule d'anonymes), retracées dans des récits et des essais (contes de Mme d'Aulnoy et des frères Grimm, textes de Hoffmann, de Champfleury et d'autres, parmi lesquels, au premier rang, l'écrivain rococo Paradis de Montcrif), jouées au violon (Farina, Biber) et chantées (Banchieri, Charpentier, Mozart, pseudo-Rossini, Ravel...), les musiques de chats se sont aussi réellement fait entendre dans les foires ou dans les concerts d'orgues de chats évoqués par le P. Kircher. Ce goût parfois cruel trahit une reconnaissance de l'animalité humaine, de la relativité des cultures ("Chaque Nation est le Chat de l'autre", dit Moncrif), et renouvelle la conception millénaire de l'harmonie comme accord des dissonances. Héraclite et Piero della Francesca jettent un éclat inattendu sur ces divertissements qui ne sont rien moins qu'innocents. (Ce livre comporte des illustrations visuelles et sonores.)
Entreprises, gouvernements et médias s'emploient depuis plusieurs années à vendre un "rêve technologique" : la révolution numérique, progrès aussi inéluctable qu'indispensable. La refuser serait passer à côté de l'histoire. Ainsi cherchent-ils à rendre l'intelligence artificielle acceptable par le grand public, en prenant soin d'occulter ses effets délétères. Dans un précieux exercice de démystification, J. S. Carbonell montre que ces discours apologétiques servent d'abord les intérêts du patronat. Au lieu de se demander si elle va tout changer, et même si elle va remplacer les travailleurs humains, il faut la replacer dans l'histoire longue des transformations de l'organisation du travail. Car, bien que l'IA présente des enjeux spécifiques, c'est aussi une technologie comme une autre. De ce point de vue, son utilisation représente une intensification de la logique tayloriste née voici plus d'un siècle dans les usines d'Henry Ford : le travail est décomposé en une série de tâches, la conception séparée de l'exécution. Le déploiement d'un management algorithmique (l'organisation du travail et la gestion du personnel par des algorithmes) a pour but principal de renforcer le contrôle et la surveillance de la main-d'oeuvre. Voilà à quoi ce livre se veut une invitation à résister.
L'ouvrage entend mettre en lumière les défis réels - et non fantasmés - auxquels est confrontée la gauche dans son rapport aux classes populaires aujourd'hui, montrant par là même qu'il n'y a rien d'irrémédiable aux difficultés présentées. La fragmentation des classes populaires n'est pas indépassable, à condition de ne pas partir d'une vision réductrice ou passéiste de ces milieux, mais plutôt de leur réalité matérielle et de l'actualité observée de leurs aspirations et mobilisations.