IntroductionL'être humain se distingue de tous les autres êtres vivants par la conscience qu'il a de sa propre existence, et l'anticipation que cela lui permet des événements auxquels il peut être confronté ainsi que des actions qu'il pourrait entreprendre.Bien longtemps avant que l'histoire écrite ne nous en laisse les traces, c'est probablement cette «vie mentale», apparemment autonome du monde matériel dans lequel ils vivaient, qui a poussé les êtres humains vers le surnaturel et les croyances. Dès qu'elles ont commencé à s'organiser, les religions se sont appuyées sur ce sentiment étrange d'irréalité que renvoie à chacun le monde de l'esprit, en même temps toujours si proche de notre réalité et apparemment si peu dépendant d'elle. Les religions qui continuent d'exister aujourd'hui se fondent d'ailleurs toujours - quelles que soient leurs spécificités - sur cette distinction entre un monde physique dans lequel nous évoluons et un monde de l'esprit, des esprits, ou de "âme, qu'elles peuplent de leurs dogmes et de leurs préceptes pour mieux les imposer au monde réel.Il n'est donc pas étonnant que la recherche du rôle de notre matière corporelle dans la construction et l'expression de notre vie mentale, en même temps que dans le contrôle de l'ensemble de nos actions et de nos interactions sociales et matérielles, ait été depuis toujours un domaine de réflexion pour des penseurs prêts à sortir des voies que traçaient les cadres religieux de leur société. La «pensée» a été à l'évidence un terrain privilégié de cette réflexion philosophique, et de très nombreux modèles visant à expliquer son émergence et ses altérations sont parvenus jusqu'à nous. Il s'agit, toutefois, d'une histoire différente de celle que les médecins et les scientifiques ont construite et que nous allons raconter ici; elle nécessiterait en elle-même un tout autre ouvrage. Aussi, même s'il est évident que les débats philosophiques qui marquaient leur époque ont fortement influencé les médecins et les scientifiques, en même temps que leurs travaux les nourrissaient, nous n'évoquerons pas ici les nombreux penseurs qui, à toutes les périodes de l'histoire depuis au moins trois millénaires, ont tenté de «comprendre le monde de la pensée» et, pour beaucoup d'entre eux, ses relations avec le monde matériel du corps humain.Notre propos se concentrera donc sur le développement des hypothèses et des résultats issus de la médecine et de la recherche scientifique. Parce qu'ils restent comme les «découvreurs» auxquels sont attachés les plus grands moments, nous nous appuierons pour cela sur une galerie de médecins et de scientifiques. Toutefois, sans que l'on nie en quoi que ce soit le rôle propre de ces individus qui ont marqué l'histoire de la science de leur vision et, beaucoup plus récemment, de leurs résultats scientifiques, on ne peut les isoler du monde dans lequel ils vivaient. Il nous a donc fallu mettre en lumière les besoins que leur société créait d'une connaissance nouvelle et l'existence de forces sociales favorables à des changements de l'ordre existant, ne serait-ce que de celui du savoir. Il fallait que le monde antique, égyptien, grec puis romain, ait besoin de chirurgiens pour ses armées, de médecins pour ses populations pour qu'apparaissent ces praticiens dont nous sont parvenus les écrits: Imhotep, Hippocrate, Galien ou Avicenne. Bien plus tard, le rassemblement des foules ouvrières dans les énormes villes industrielles imposera la création des grands hôpitaux et la professionnalisation des médecins, éléments essentiels des découvertes scientifiques fondatrices réalisées sur le cerveau à partir de la seconde moitié du 19e siècle. Le cadre social dans lequel évoluaient les «savants» qui ont fait évoluer ces idées, c'est aussi bien évidemment celui qu'ont créé à chaque époque autour d'eux les développements économiques et technologiques. Pour comprendre leur impact, il faut replacer les planches anatomiques de Vésale dans le siècle qui suit l'invention de l'imprimerie, parce que c'est elle qui en permet la dissémination rapide. La première révolution industrielle, avec son développement massif dans la chimie, l'optique, l'électricité ou encore le textile, ouvrira la voie de l'expérimentation scientifique telle que nous la connaissons aujourd'hui, avec ses laboratoires, ses microscopes, ses collections de produits spécialisés, dont un peu plus tard ceux de l'industrie pharmaceutique. Aujourd'hui, l'électronique et l'informatique ont envahi les laboratoires, ouvrant à chaque fois des portes nouvelles qu'empruntent ceux qui tentent de percer le mystère des liens entre la matière - en l'occurrence cérébrale - et la pensée. Nous replacerons donc à chaque pas les idées et les travaux dans leur contexte historique car les découvreurs dont nous parlerons ne sont apparus qu'en tant que représentants les plus avancés, ou les plus visibles, d'une société qui les a suscités, entourés culturellement et armés matériellement pour qu'ils puissent tenir ce rôle."
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Date de parution
23/11/2012
Poids
130g
Largeur
115mm
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EAN
9782915727333
Auteur
PESCHANSKI MARC
Editeur
BONS CARACTERES
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Date de parution
20121123
Nombre de pages
0,00 €
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Résumé : Au cours de la dernière décennie, notre représentation du cerveau adulte a subi une véritable révolution. Aux trois dimensions des fameux " réseaux de neurones ", il a fallu en adjoindre une quatrième : le temps. Le fonctionnement du cerveau implique en effet la modification permanente de ses structures. Sa plasticité oblige à mettre en question les images statiques (cablages, circuits électroniques) qui se sont imposées dans le grand public. Elle ouvre des perspectives fascinantes à la thérapeutique de maladies comme celles d'Alzheimer ou de Parkinson, par greffes de neurones ou transferts de gènes. Porteuses d'espoir pour des millions de malades, ces techniques appellent une vigilance éthique particulière. Ces découvertes posent également de manière nouvelle de " vieilles " questions philosophiques comme celle de l'animalité de l'homme, la nature de l'individualité et de la pensée ou la relation entre l'inné et l'acquis.
Si l'exigence scientifique se mesure au déficit de la connaissance et à l'importance de l'objet étudié, l'institution policière a longtemps constitué un cas exemplaire. Les sources s'ouvrent. Cela explique sans doute pourquoi cet ouvrage est le premier qui traite scientifiquement et méthodiquement, à l'échelle de la France, de l'histoire de la police, de l'affaire Stavisky aux Trente Glorieuses : une période cruciale, mais particulièrement mal connue de l'histoire de la police française. Une période sur laquelle on a écrit tout et n'importe quoi, et à propos de laquelle les légendes - noires ou dorées - ont cours depuis trop longtemps. Une succession de crises politiques, trois changements de régime, deux Républiques, une Occupation, un Etat autoritaire... permettent d'éclairer de façon privilégiée les rapports à l'Etat et à la société d'une institution qui connaît elle-même une évolution décisive un changement de statut, unification, étatisation, explosion, renouvellement ou continuité des effectifs, adaptation des structures, dérives des missions et des pratiques... Pour sortir des mythes, il importait de se confronter avec les réalités du terrain, l'effectivité des réformes, la matérialisation des discours. Plusieurs années durant, une trentaine de chercheurs ont défriché, sources à l'appui, ce territoire vierge de l'histoire. Ce sont des résultats de cette vaste enquête qui sont présentés ici.
13 novembre 2015 : une attaque terroriste islamiste sur Paris et Saint-Denis, planifiée par Daech, fait en quelques heures 130 morts et 350 blessés physiques. Le choc atteint profondément la société française dans son ensemble. Aussitôt, le Programme 13-Novembre, qui associe sciences du vivant et sciences humaines et sociales, est lancé. Il travaille avec les rescapés, les familles, les intervenants, et aussi sur la société française dans son ensemble, grâce à un centre d'études et d'enquêtes, le Crédoc. - Comment la mémoire s'estompe-t-elle ou persiste-t-elle dans le temps ? - Quelle est la place du 13 novembre dans la mémoire de tous les attentats terroristes ? - Que retient-on avec le temps des événements eux-mêmes, mais aussi des conditions dans lesquelles on les a appris ? - Les souvenirs varient-ils suivant l'âge, le sexe, l'opinion politique ou les revenus ? - Quel a été l'impact du procès V13 ? Huit sondages en huit ans. Les résultats sont donnés et analysés ici et permettent de restituer la mémoire du 13 novembre en France. Ils sont illustrés par des extraits de témoignages recueillis dans le cadre du programme.
Résumé : Le lendemain de la rafle du Vel d'Hiv, le 17 juillet 1942, Robert Birenbaum, jeune Français juif de bientôt seize ans, se voit proposer par Dora, sa tante, de rejoindre les rangs de la Résistance ; il accepte sans hésiter. De 1942 à 1944, l'adolescent fut de ceux qui recrutaient les résistants Francs-Tireurs Partisans de la main-d'oeuvre immigrée, dont Mélinée et Missak Manouchian et les autres combattants de l'Affiche rouge firent partie. Il s'apprêtait à rejoindre leurs rangs, en 1943, lorsque les membres de l'Affiche rouge furent arrêtés, avant d'être fusillés en février 1944. Robert Birenbaum raconte enfin comment, avec d'autres jeunes gens, ils tinrent en respect collabos et nazis dans Paris occupé et ses alentours.
La Ligue des communistes, pour laquelle Marx et Engels écrivirent le 'Manifeste du Parti communiste' fin 1847, regroupait des ouvriers et des intellectuels révolutionnaires allemands. La Ligue inscrivait son action dans le cadre de l'internationalisme, comme le Manifeste le souligne dans le vibrant "Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! " qui le conclut. La répression des révolutions de 1848 dispersa ses militants et ses idées dans toute l'Europe, dans les organisations ouvrières et socialisantes qui s'y multipliaient. Une fois digéré l'échec des révolutions de 1848, nombre de ses militants participèrent en 1864 à la création de l'Association internationale des travailleurs, la Première Internationale.
Hippe Oskar ; Roux Marie-Louise ; Aviat Didier ; S
L'autobiographie d'Oskar Hippe (1900-1990) offre le témoignage rare d'un ouvrier qui a traversé en militant le 20e siècle si bouleversé dans l'histoire allemande. Douzième enfant d'une famille ouvrière, Hippe grandit dans le milieu du parti social-démocrate, grand parti ouvrier qui se réclame du marxisme. Il s'engage tôt politiquement, participe aux manifestations contre la guerre puis à la révolution qui renverse l'Empire. Il contribue à la fondation du Parti communiste allemand puis à la grève générale contre le putsch de Kapp, affronte les échecs successifs de la Révolution allemande. A la fin des années 1920, rejetant l'évolution stalinienne et pour rester fidèle à ses idéaux, il rejoint l'Opposition de gauche (trotskyste). Resté en Allemagne sous la dictature nazie, il milite clandestinement, endure la prison et la torture. Après 1945, dans les ruines de Berlin, Hippe poursuit son activité et fait à nouveau face à la répression et à la prison, celles des staliniens au pouvoir en RDA. Condamné à ving-cinq ans de camp de travail, il est gracié en 1956 et s'établit à Berlin-Ouest. Il y rejoint un groupe trotskyste qui milite dans le SPD. Malgré toutes les épreuves : guerres, contre-révolution, chômage, dictatures, emprisonnements... il ne renonça jamais ni à ses convictions ni à son activité. Publié en Allemagne en 1979, cet ouvrage avait été traduit et édité en français par les éditions de la Brèche en 1985. Il était épuisé depuis longtemps.
Résumé : Ici, sous l'Etoile polaire retrace la vie de Youssi, métayer dans un village de Finlande, des années 1880 à 1914. C'est une chronique de la dure vie paysanne, quand existaient encore des rapports sociaux proches du servage, quand les métayers de parcelles minuscules et les ouvriers agricoles des grands domaines subissaient la loi des propriétaires terriens, lorsque la nature hostile n'offrait aucun répit. Mais c'est également une chronique rythmée par les événements extérieurs, car le village n'était pas coupé du monde. Le roman retrace la pénétration des idées socialistes, la première manifestation contre l'expulsion d'un métayer, la première occasion d'arborer le drapeau rouge, les conséquences de la révolution russe de 1905. Cette chronique décrit la complexité des rapports sociaux dans cette Finlande rurale, où les plus gros propriétaires terriens étaient de langue suédoise, tandis qu'une partie de la petite bourgeoisie et de l'intelligentsia se battait pour la reconnaissance de la langue et de la culture finnoises, et que tout le monde se trouvait de fait sous la domination du tsar de Russie, grand-duc de Finlande. Ce premier tome fait partie d'une trilogie, qui porte le même titre, et qui poursuit l'histoire de la famille de Youssi le métayer jusqu'aux années 1950, traversant tous les événements qui ont marqué la Finlande : la guerre civile de 1918 (c'est le thème du second tome Les Gardes rouges de Tampere), les mouvements nationalistes de l'entre-deux-guerres, puis la Seconde Guerre mondiale.