Fruit d'une longue enquête, cet ouvrage propose une lecture originale des rapports entre aide internationale et sociétés civiles au Niger. Les premiers chapitres éclairent les dynamiques complexes et ambivalentes des organisations associatives au Niger, dans leur histoire, leurs rapports à l'Etat et à l'aide. L'auteur décrit les difficultés d'institutionnalisation des petites organisations, prises dans une double précarité des ressources financières et des ressources humaines, et soumises à des financements par mise en concurrence. A partir des débats sur un projet de "charte de la société civile", il montre les tensions qui traversent le secteur associatif, met en perspective les critiques récurrentes sur son opportunisme et sa politisation, explicite les enjeux de sa régulation. Consacrés aux interventions en faveur des organisations de la société civile, les chapitres suivants interrogent la façon dont, suite aux Accords de Cotonou signés en 2000, la Délégation de l'Union européenne à Niamey a défini sa politique envers les "acteurs non étatiques" et comment elle l'a traduite sous forme de projet. Reconstituant l'histoire de la formulation de son "Projet d'appui à la société civile", entre 2002 et 2008, l'auteur décrit l'invention tâtonnante d'une politique, entre ambiguïtés de conceptions politiques et poids des dispositifs bureaucratiques. Cet ouvrage représente un apport important, tant au débat sur la société civile en Afrique qu'à celui sur la façon dont les institutions d'aide définissent leurs politiques et leurs projets de développement. Il intéressera aussi bien les chercheurs en sciences sociales que les responsables associatifs et les praticiens du développement.
Nombre de pages
348
Date de parution
12/11/2015
Poids
560g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782811115036
Auteur
Lavigne Delville Philippe
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20151112
Nombre de pages
348,00 €
Disponibilité
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Croissance démographique, plans d'ajustements structurels, multiplication des conflits: en Afrique noire rurale, la question foncière est au-devant de la scène. L'échec du modèle de gestion étatique est avéré, mais les politiques de privatisation des années 80 ont un bilan pour le moins mitigé; on parle beaucoup d'une gestion locale des ressources, mais ses contenus et ses modalités restent encore bien flous. De fortes interrogations subsistent sur les options de politiques foncières aptes à faire face aux enjeux du début du XXIe siècle, sur la possibilité et les façons de les mettre en oeuvre. Quels fondements se présentent pour des politiques de gestion des terres et des ressources renouvelables? Affrontant la question dans toute sa complexité, cet ouvrage confronte les avancées récentes de la recherche foncière et les acquis des expérimentations de terrain, dans une perspective transdisciplinaire. Il propose un état des connaissances et des savoir-faire, à partir desquels décideurs, chercheurs et praticiens peuvent travailler ensemble à construire des dispositifs juridiques, institutionnels et techniques adaptés. Enjeux des conflits fonciers, conséquences de la coexistence de multiples systèmes de normes foncières, rôle des autorités locales dans la régulation foncière, liens entre sécurité foncière et intensification, perspectives de gestion des ressources communes, enjeux politiques et économiques du contrôle de la terre, problèmes d'articulation entre décentralisation administrative et gestion décentralisée du foncier, problèmes de recueil et de transcription juridique des droits fonciers, voici quelques-uns des thèmes traités. Cet ouvrage a été préparé sous l'égide du comité de pilotage du plan d'action "Foncier rural, ressources renouvelables et développement" lancé par la Coopération française en 1996.
Lavigne Delville Philippe ; Toulmin Camille ; Trao
De la "divagation des champs" dans le Sahel pastoral sénégalais aux dynamiques foncières du Cameroun anglophone, de la gestion des ressources halieutiques au Mali aux marchés foncieres péri-urbains au Ghana, cet ouvrage témoigne tant de la grande diversité des situations foncières et des histoires sociopolitiques que de la vitalité de la recherche foncière africaine. Répondant à une volonté de décloisonnement régional des débats sur le foncier et la gestion des ressources naturelles, il permet une mise en perspective des trajectoires des pays francophones et anglophones, qui révèle, au-delà de traditions juridiques différentes, la prégnance des enjeux politiques et économiques du foncier.
Dans les pays du Sud, le foncier est au coeur des défis du développement agricole, de la sécurité alimentaire, de la durabilité environnementale. Source récurrente de conflits, il est aussi un marqueur identitaire et un révélateur des façons de penser la société et des tensions qui la traversent. Depuis vingt ans, de nombreuses recherches ont renouvelé les savoirs sur ces questions. Dans une approche pluridisciplinaire, cet ouvrage propose un état des lieux sur les dynamiques foncières et les liens entre foncier rural et développement dans les pays du Sud. S'appuyant sur une très riche bibliographie internationale, il traite l'ensemble des thèmes liés aux questions foncières : depuis les pratiques et dynamiques locales (évolution des droits sur la terre, marchés fonciers, conflits …) jusqu'aux politiques publiques (réformes agraires, programmes de formalisation des droits sur la terre), en passant par les enjeux de méthode et d'expertise foncière. Chaque chapitre propose une mise en dialogue critique entre les questionnements, les catégories d'analyse et les résultats de la recherche. Cet ouvrage de référence se veut un outil de travail indispensable pour tous ceux qui, étudiants, chercheurs, experts ou praticiens, souhaitent approfondir leur compréhension des dynamiques foncières dans les mondes ruraux contemporains.
Paul Blanquart (1934-2024) est né dans le Nord dans une famille marquée par le christianisme social dont il a hérité sa vocation militante. Il entre en 1955 chez les dominicains, parce que certains d'entre eux avaient soutenu les prêtres-ouvriers condamnés par Rome en 1954. Il y voyait une alternative à l'Église institutionnelle et cherchait surtout une réponse existentielle à ce qu'il ne trouvait pas de manière satisfaisante dans le marxisme dont il s'est toujours revendiqué mais dans une perspective chrétienne et prophétique : la fraternité. Après ses études au Saulchoir et son service militaire en pleine guerre d'Algérie, Paul Blanquart enseigne quelque temps à la Faculté de philosophie de l'Institut catholique de Paris et participe à la « prise de parole » de mai 1968 tout en s'intéressant de près aux événements révolutionnaires de l'Amérique latine, notamment au Brésil et à Cuba. Il entendait promouvoir le rôle spécifique des chrétiens dans les luttes révolutionnaires. En 1973, Paul Blanquard est poussé à interrompre ses cours à l'Institut catholique de Paris, en raison d'oppositions. Il travaille alors comme rédacteur en chef adjoint à Politique Hebdo et participe à la création de La Gueule ouverte. Puis, après avoir dirigé le Centre de création industrielle de Beaubourg (1982-1984), il enseigne la sociologie à l'Université Paris-XII. Esprit brillant, homme de grande culture, militant résolu, passionné de rencontres, il s'engage dans l'éducation populaire et l'écologie en mettant en garde contre un monde dominé par la connivence entre technologies et hiérarchies au détriment de la fraternité. D'où son engagement dans la Fondation Un monde par tous pour promouvoir une culture qui ne soit pas coupée de la nature, une politique qui ne soit pas simple gestion technocratique et une économie qui ne se réduise pas à la valeur marchandise. Les textes présentés ici visent à faire connaître son engagement et cette pensée originale qui n'a pas toujours été bien comprise, notamment dans sa défense du « Dieu » d'Abraham et des prophètes qui marche à nos côtés en rupture avec le « Dieu » des institutions ecclésiastiques et des appareils technocratiques... Marginalisé par plusieurs institutions, il s'est toujours revendiqué « chrétien et dominicain », éveilleur de consciences, à la fois provocateur et homme de fraternité.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.