La catégorisation ethnique en Bolivie. Labellisation officielle et sentiment d'appartenance
Lavaud Jean-Pierre ; Daillant Isabelle
L'HARMATTAN
27,50 €
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EAN :9782296034266
A l'heure où le président récemment élu de la Bolivie, Evo Morales, est largement, souvent ingénument, présenté comme un président indien - le premier de l'Histoire ! -, et où les conflits sociaux et régionaux qui s'exacerbent autour de lui tendent à s'ethniciser, ce livre s'interroge précisément sur le sens, le façonnage et l'usage des catégories de type ethnique dans ce pays. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, savoir qui est indien, blanc ou métis, pour ne citer que les catégories les plus générales, est en effet loin d'être simple. Ce qu'il faut en fait se demander est Qui désigne qui de quelle façon, dans quel contexte et pourquoi ? . Associant une étude détaillée des processus officiels de classement à l'oeuvre dans les recensements et l'analyse de pratiques locales fort diverses minutieusement observées sur le terrain, l'ouvrage permet, aussi, de mesurer l'écart entre labellisations officielles et catégorisations intimes, et de le comprendre dans son rapport avec l'histoire sociale et politique du pays. Or cet écart, avec ses effets de déphasage, est un phénomène général. L'analyse menée en Bolivie permet dès lors d'éclairer la démarche de reconnaissance et de distinction au fondement des combats identitaires qui fleurissent actuellement partout dans le monde
Nombre de pages
291
Date de parution
08/06/2007
Poids
400g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782296034266
Titre
La catégorisation ethnique en Bolivie. Labellisation officielle et sentiment d'appartenance
Auteur
Lavaud Jean-Pierre ; Daillant Isabelle
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
400
Date de parution
20070608
Nombre de pages
291,00 €
Disponibilité
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La Bolivie est le pays d'Amérique latine qui a connu les périodes les plus longues d'instabilité politique et sociale depuis la Seconde Guerre mondiale. Afin d'expliquer les raisons de cette instabilité, Jean-Pierre Lavaud analyse avec finesse la mobilisation des groupes sociaux qui, d'une manière plus ou moins directe et déterminante, influencent le jeu politique national et concourent aux changements gouvernementaux : la classe politique, tant civile que militaire, les gestionnaires du travail collectif, mais aussi les mineurs et les paysans. A cette concurrence nationale pour le pouvoir, il faut ajouter celle d'agences étrangères, principalement nord-américaines. Au terme de l'analyse, il apparaît que des secteurs importants de la société civile se trouvent être si dépendants de l'Etat qu'il est vital pour eux de les contrôler : les luttes croisées qui en résultent entretiennent l'instabilité... Au-delà du cas bolivien, c'est un remarquable modèle d'explication du phénomène d'instabilité politique de l'Amérique latine que nous propose ici Jean-Pierre Lavaud.
De quoi parlons-nous quand nous parlons de groupes ethniques ou de relations ethniques ? Quelle est cette dimension " bizarre " pour les sociologues eux-mêmes ... Elle est à l'œuvre dans bien des constructions identitaires et des mobilisations collectives, aussi bien que dans les discours et les décisions politiques, nationales ou non. Mais elle est aussi à l'origine de stigmatisations et de discriminations particulières. A partir de comparaisons internationales, ce livre veut démonter les mécanismes de son action et préciser les concepts de son interprétation. L'approche est interactionniste : nous ne nous disons nous-mêmes, un peuple, qu'en nous distinguant et pour nous distinguer des autres. Nos identités varient avec nos relations. L'ethnicité est marquée du sceau de l'ambiguïté - entre les registres de la nation, de la classe et de la prétendue " race ". Mais c'est en raison même de ces ambivalences que le mot " fonctionne " si bien dans nos vies quotidiennes. En définitive, il s'agit d'une appartenance symbolique forte, qui se réfère à une communauté d'origine supposée, et que les acteurs marquent de mille façons. Par l'interprétation qu'ils (se) donnent de leur histoire, de leurs mythes, de leurs langues, de leur religion... Prendre en compte l'ethnicité dans les mouvements sociaux et politiques, religieux et culturels, n'est pas seulement une affaire académique. C'est aussi un enjeu de citoyenneté. Nos identités sont plurielles, elles changent, nous en changeons. Etre citoyen, c'est pouvoir négocier nos identités. C'est la tâche du politique de construire pour elles des institutions qui les reconnaissent, les limitent et les rendent compatibles. Telles sont les thèses que ce livre voudrait défendre.
Etre gouverné, disait Proudhon, c'est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n'ont ni le titre, ni la science, ni la vertu." Dans cette oeuvre stimulante, iconoclaste, écrite juste avant son suicide en novembre 1977, Louis Mercier-Vega défend l'idée que, sous le nom de révolution, s'est mis en place durablement, en Amérique latine, une nouvelle forme de domination, la domination d'une classe techno-bureaucratique qui, mobilisant et manipulant les ouvriers et les paysans, s'est emparée du pouvoir d'Etat et a fait main basse sur les affaires économiques. Désormais, l'Etat n'est plus "un Etat arbitre, mais un Etat moteur. Un Etat propriétaire et entrepreneur" - un Etat possiblement despotique sous couvert de révolution.