Voilà près de quatre mille ans que les «grands textes fondateurs», les épopées et le tout-venant des chefs-d'oeuvre célèbrent la figure du héros en remettant sur le métier le vieux scénario à la gloire d'Un Seul - de sa lignée, de sa vaillance et de sa force. Mais le souffle épique se fait court et cela s'entend dans la langue, qui désormais s'insurge contre la fausse neutralité d'un masculin arrogant. La patriarquie a beau contre-attaquer, plus elle résiste, plus son manteau craque aux coutures. Comme le tee-shirt de Spiderman! jubile Geneviève Pruvost dans son avant-propos. Cet essai envisage le patriarcat comme une «méga-civilisation» confondue avec l'ordre du monde, qui a longtemps imposé sa conception de la vie, de la mort, de l'art. Pour la voir en future Atlantide, il faut, imitant Anne Larue, ôter les lunettes qui donnent au réel l'apparence de la nécessité et observer les choses telles que nous les vivons. L'exercice passe par une relecture décapante des best-sellers patriarcaux du passé (L'épopée de Gilgamesh, l'Iliade, le Code de Hammurabi), assortie d'un examen panoramique des comics américains, de la littérature contre-utopique et de la science-fiction. Peintre officielle à l'Université Paris 13-Villetaneuse, Anne Larue y est également professeure de littérature, arts et culture. Elle a publié de nombreux essais (entre autres, La femme est-elle soluble dans l'eau de vaisselle? et Fiction, féminisme et postmodernité. Les voies subversives du roman contemporain à grand succès), ainsi qu'un roman de cyber-fantasy féministe, La vestale du Calix.
Date de parution
22/03/2013
Poids
270g
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EAN
9791090062160
Titre
Dis papa, c'était quoi le patriarcat ?
Auteur
Larue Anne
Editeur
IXE
Largeur
0
Poids
270
Date de parution
20130322
Nombre de pages
0,00 €
Disponibilité
Epuisé
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On peut se demander si l'art a encore quelque chose à dire quand la scène artistique devient un terrain de jeux, un Luna Park, une opération de Street marketing avec distribution gratuite de gadgets et entertainment collectif de rigueur. Ce volume contient des mises au point historiques sur les manifestes des avant-gardes historiques, ainsi que quelques coups de projecteur sur des artistes contemporains qui ne cèdent pas à l'art chic et choc. Il laisse aussi une place au pamphlet et présente des manifestes inédits. Toutes nos excuses pour la subjectivité : cet opus sur l'art qui manifeste aimerait être aussi un numéro qui manifeste.
Cet essai traite de l'influence, dans la fiction populaire à grande diffusion, de certains fantasmes féministes liés à la magie et au retour à la nature. À travers les représentations que se donne, sur différents supports qui vont du livre au numérique, la wicca nord-américaine, "religion" à connotation ludique et fictionnelle, on se pose la question suivante: dans quelle mesure le best-seller fait-il, sous des apparences de distraction immédiate, acte de résistance contre le backlash, revanche antiféministe de nos sociétés occidentales aujourd'hui...
Anna, une vestale consciencieuse mais émotive, est condamnée à mort pour avoir brisé un vase sacré - le fameux calix Esclarmonde. Son savant fou de maître la fait "décorporer" à son insu. L'expérience réussit et elle surgit indemne à une autre époque, où il perd sa trace. En l'an 4666, Anna, devenue "costumière tradi" chez Thomasine Couture, habite avec Ankh Delafontaine, belle blonde médiéviste, et elle monte à cheval à Etampes. Le bonheur. Elle en viendrait à se convaincre qu'elle n'a pas rejoint le monde au-delà de la mort, quand tout se complique à nouveau. Anna et Ankh sont arrêtées pour ne pas avoir assisté à un match de trimslop, puis une cavalière est assassinée. L'enquête conclut à la mort d'Anna. Entre alors en scène Holinshed, un cheval extrêmement stylé qui effectue des missions en freelance pour les humains à travers le temps... Pour tous ceux qui aiment Paris, la fin du monde, les chevaux, le camping, Simone de Beauvoir... et un peu moins le football.
Agonie de l'idéal, mélancolie de la modernité, le romantisme tant pictural que littéraire est un point de tension extrême dans l'histoire de l'esthétique. Le Journal que le peintre Eugène Delacroix a tenu pendant la plus grande partie de sa vie est un témoin privilégié de cette résistance ambiguë, où la mémoire tente de sauvegarder ses prérogatives face à la montée de l'instantané, de l'inachevé, du fragmentaire, du transitoire, toutes formes de ce morcèlement qui fait le fond de la modernité. L'écriture diariste, entre linéarité et espace, est impliquée dans cette mutation. Le Journal de Delacroix apparaît non seulement comme un texte capital dans la tradition finissante de l'ut pictura poesis, mais aussi un monument de littérature mélancolique, digne de figurer aux côtés de Charles d'Orléans, de Robert Burton, de Senancour, de Shakespeare ou de Baudelaire.
Au laboratoire, dans les éprouvettes des biologistes de la reproduction, les cellules sexuelles mâles et femelles sont strictement équivalentes : 1 ovocyte = 1 spermatozoïde, chacun amenant la moitié des gènes du futur embryon. Fruit d'une démarche scientifique qui réduit la complexité à une série de mécanismes simples, cette égalité séduisante fait abstraction du corps. Les organismes féminins sont en effet soumis à des traitements lourds pour produire en abondance des gamètes aisément manipulables. La question du corps est ici au centre du propos. Hélène Rouch l'examine avec insistance, dans une perspective clairement située, qui l'a conduite à jouer un rôle actif dans le développement des études et recherches féministes.
L'enchilada, dialogue entre texte et photos avec, dans les rôles principaux: Lydie Lee, la commanditaire de l'enquête. Fern alias Fernande, détective à son corps défendant, tenue de bourlinguer de ville en ville. Camille Doctobre, qui a disparu sans laisser de traces. Et, dans les rôles secondaires: le voleur du Lavomatic, des témoins plus ou moins fiables, un père, un ex-mari, des femmes qui vivent leur vie, un illusionniste... Le lieu: la ville, celle-là ou une autre, les hôtels d'ici et d'ailleurs, un autocar, un taxi, les repaires urbains de celles qui se trouvent mieux entre elles. Le temps: une parenthèse, vraiment, mais dilatée aux dimensions du voyage par le perpétuel mouvement d'une pensée qui s'indigne de l'effacement des femmes. D'origine canadienne (Montréal) Danielle Charest s'était installée à Paris à la fin du XXe siècle. Romancière, elle a notamment écrit des polars dont plusieurs ont été publiés aux Éditions du Masque. Elle est décédée en octobre 2011. Christine Aubrée est photographe plasticienne, entre autres occupations. Pour ce projet, passée du mur à la page, de l'espace au livre, elle a travaillé à une autre échelle et sur un autre mouvement de perception.
Enfant pendant la 2e Guerre mondiale, Françoise Basch a vécu l'exode, l'absence de son père, une vie de lycéenne à Lyon où s'étaient réfugiés ses grands-parents, Ilona et Victor Basch, et les rencontres toujours trop brèves avec sa mère, Marianne, médecin, obligée de s'installer 200 km plus au sud. En 1944, l'assassinat d'Ilona et de Victor par la Milice convainc Marianne d'organiser la fuite de ses deux enfants vers la Suisse. Pour ce livre voulu en hommage à Marianne et à Ilona, Françoise Basch a puisé dans les correspondances familiales en confrontant ce qu'elles restituent de la réalité à ses souvenirs d'enfance. Son travail de mémoire exigeant rend justice à ces femmes, qui en «héroïnes ordinaires» surent déployer d'immenses ressources d'ingéniosité, de courage et d'ironie face au brutal rétrécissement de leurs horizons. Contribution à l'histoire du genre par l'évocation précise des rôles nouveaux alors assumés par les femmes, Ilona, ma mère et moi revient aussi sur la complexité du rapport personnel à la judéité. Professeur de civilisation britannique à l'Institut Charles V, Françoise Basch a cofondé en 1975 un des premiers groupes d'études féministes en France, le GEF, à l'Université Paris VII. Elle a publié plusieurs ouvrages sur l'histoire des femmes et une importante biographie de son grand-père, Victor Basch.
Artiste de renommée internationale, Rosa Bonheur décide au soir de sa vie de léguer la totalité de ses biens à sa compagne, Anna-Elizabeth Klumpke. Ainsi qu'elle s'en explique dans son testament et la lettre qui l'accompagne, "la parfaite amitié" prime pour elle sur les liens du sang - et sur les prétentions de sa famille à l'héritage. (Avec une chronologie de la vie de l'artiste et un article paru dans La Fronde sur ses obsèques).