Sans renoncer à la fluidité qui la caractérise, Caroline Lamarche déroule la saga d'une famille née à Liège au début de la révolution industrielle et devenue pionnière de la métallurgie du zinc dans les Asturies. Arpentant une époque qui annonce le grand capitalisme et son cortège d'inégalités, elle raconte les travaux et les jours de ses aïeux, à la fine pointe d'une Europe qui nourrit encore des rêves d'expansion. Les fortes personnalités qu'elle aborde, les voix féminines qu'elle relaie, l'hommage rendu à un père qui lui a ouvert le chemin des archives, font d'elle l'héritière éclairée d'une légende familiale ardente et cosmopolite. Les témoins vivants qu'elle sollicite bousculent le tableau et en questionnent les pans cachés dont elle rend compte avec lucidité, consciente d'être égarée entre deux mondes. « Ces odeurs, celle du labeur industriel comme celle de l'opulence, appartiennent à une enfance disparue. Elles disent le berceau intranquille, la limousine détestée et les fenêtres ouvertes sur un air qui ne conserve que la mémoire de ma difficulté à trouver mon souffle, ma place. »Romancière et nouvelliste, Caroline Lamarche est lauréate du prix Rossel pour Le jour du chien (1996) et du prix Europe de l'ADELF pour Dans la maison un grand cerf (2017) avant d'être couronnée en Belgique par le Prix Quinquennal de Littérature. À la mort de son père, forte d'un rare trésor d'archives, elle entreprend le projet mémoriel qui l'occupera plusieurs années. Entretemps son dernier livre, Nous sommes à la lisière (Gallimard, 2019) obtient le Goncourt de la Nouvelle.4e de couverture : Sans renoncer à la fluidité qui la caractérise, Caroline Lamarche déroule la saga d'une famille née à Liège au début de la révolution industrielle et devenue pionnière de la métallurgie du zinc dans les Asturies. Arpentant une époque qui annonce le grand capitalisme et son cortège d'inégalités, elle raconte les travaux et les jours de ses aïeux, à la fine pointe d'une Europe qui nourrit encore des rêves d'expansion. Les fortes personnalités qu'elle aborde, les voix féminines qu'elle relaie, l'hommage rendu à un père qui lui a ouvert le chemin des archives, font d'elle l'héritière éclairée d'une légende familiale ardente et cosmopolite. Les témoins vivants qu'elle sollicite bousculent le tableau et en questionnent les pans cachés dont elle rend compte avec lucidité, consciente d'être égarée entre deux mondes. « Ces odeurs, celle du labeur industriel comme celle de l'opulence, appartiennent à une enfance disparue. Elles disent le berceau intranquille, la limousine détestée et les fenêtres ouvertes sur un air qui ne conserve que la mémoire de ma difficulté à trouver mon souffle, ma place. »Romancière et nouvelliste, Caroline Lamarche est lauréate du prix Rossel pour Le jour du chien (1996) et du prix Europe de l'ADELF pour Dans la maison un grand cerf (2017) avant d'être couronnée en Belgique par le Prix Quinquennal de Littérature. À la mort de son père, forte d'un rare trésor d'archives, elle entreprend le projet mémoriel qui l'occupera plusieurs années. Entretemps son dernier livre, Nous sommes à la lisière (Gallimard, 2019) obtient le Goncourt de la Nouvelle.
Alors qu'elle tente d'élucider le destin d'un ancêtre banni par sa famille, une femme reprend l'histoire de sa propre vie. Des années auparavant, son mari, son premier et grand amour, lui a révélé être homosexuel. Du bouleversement que ce fut dans leur existence comme des péripéties de leur émancipation respective,, rien n'est tu. Ce roman lumineux nous offre une leçon de courage, de tolérance, de curiosité aussi. Car jamais cette femme libre n'aura cessé de se réinventer, d'affirmer la puissance de ses rêves contre les conventions sociales avec une fantaisie et une délicatesse infinies.
Résumé : Ces neuf nouvelles nous placent à la lisière de deux mondes, là où se croisent humains en déroute et animaux semi-sauvages. Chacun tente de rejoindre l'autre, mais l'on ne sait qui, de la bête ou de l'humain, est en quête de protection. De quel envol blessé la cane Frou-Frou est-elle le signe ? Un cheval nommé Mensonge peut-il emporter une enfant loin du monde mensonger des adultes ? Comment un rat, un écureuil, un hérisson exorcisent-ils la folie, le deuil ou simplement l'ennui ? Que deviendra le nid des fourmis Lin, Clet, Clément, Sixte, Corneille et Cyprien après le passage de joyeux promeneurs ? En quoi un chat errant, un papillon sur sa fin sont-ils les messagers de l'amour ? Au sommet d'un arbre fragilisé par les bouleversements climatiques, que signale le chant obstiné de Merlin ? Autant d'existences menacées, mais libres à leur manière. Autant d'alliances discrètes, toujours sur le qui-vive. Dans un monde à la lisière du chaos, Caroline Lamarche allie la simplicité narrative à une sauvagerie souterraine pour dire l'interdépendance de toutes les créatures vivantes.
Résumé : "- Il serait temps que je meure, sinon je vais vous fatiguer. - C'est toi qui te fatigues : tu ne t'ennuies pas, toute la journée à ne rien faire ? - Je ne m'ennuie jamais. Quand je n'aurai plus rien à faire, je deviendrai enfin bonne". Une nuit, la narratrice rêve que sa mère, handicapée et malvoyante, parcourt à pied dans l'obscurité les cent kilomètres qui les séparent. Ce rêve inaugure un temps durant lequel, dans la "grande et brave maison" où la mère voudrait mourir parmi les siens, se renoue un lien ambivalent mais tenace. Cinq ans plus tard, la presque centenaire assumera avec courage la nécessité de son placement dans un établissement de soins. Cet exil se doublera du confinement imposé par la pandémie, la voix de la mère au téléphone constituant l'unique vecteur de sa révolte. La mort l'emportera sans qu'elle ait pu revoir ses enfants. Mais ce qu'elle a voulu faire de sa fin offrira une lumineuse consolation au désarroi familial.
Ce roman est fait de listes. Ce roman se déroule en Belgique et évoque l'Iran. Ce roman raconte l'histoire des soeurs et frères Manoutcheri, arrivés à Bruxelles un peu avant la révolution islamique de 1979, et qui, à leur grand étonnement, n'ont jamais pu retourner dans leur pays de naissance. Ce roman parle d'une tragédie omise des livres d'Histoire et des médias, une tragédie à peine perceptible et qui a même échappé aux gens qui en étaient eux-mêmes les victimes. Ce roman est fait d'histoires sans débuts et sans fins, de noms et de prénoms iraniens, de joies et de tristesses, de deuils et de fêtes, mais surtout, il est fait de listes, et de listes de listes, et de listes de listes de listes, pour tenter de ranger les souvenirs et les faits, sans jamais vraiment y parvenir.
Résumé : Une des meilleures lectrices que j'ai eu le bonheur de connaître - de celles qui rendent heureux d'être un écrivain - est morte bien trop tôt, dans de mystérieuses conditions. Aussi, je lui devais ce livre qui rend hommage à celle qui aurait pu, qui aurait dû, devenir écrivain à son tour. - P.M.
Quand Molière rencontre Corneille Mai 1658. Molière et sa troupe s'installent à Rouen, après avoir sillonné la France pendant de nombreuses années. Les temps sont difficiles. Ils ont perdu leur mécène, et cherchent de nouveaux appuis. Mais ils ont des atouts : les deux plus belles comédiennes de l'époque, Marquise du Parc et Catherine de Brie. Pierre Corneille, l'illustre dramaturge rouennais, s'ennuie. Il écrit plus pour le théâtre, vexé par l'échec de sa dernière tragédie. Goûtant peu les mondanités, il s'occupe en traduisant du latin et en corrigeant ses anciennes pièces. Une seule chose lui fait souci : l'avenir de ses nombreux enfants. Pour la croupe de Molière, jouer une nouvelle pièce du grand Corneille serait la garantie d'un retour triomphal sur la scène parisienne. Ils vont alors tenter de le remettre en selle, par tous les moyens.
La littérature est en état d'alerte générale. Tout le monde semble d'accord là-dessus. Les éditeurs, les libraires, les diffuseurs, les journalistes ont cessé d'être simplement inquiets : ils ont adopté le pessimisme comme feuille de route. Les médias, accompagnant à leur manière le recul de la création, sont les premiers à sonner le glas. La littérature va mal, la lecture va mal, le métier va mal. Tel est le leitmotiv. Et les écrivains, dans tout cela ? Pour un créateur véritable, lancé dans son entreprise comme dans une course de fond, ce requiem n'est pas nouveau. Tout s'est très mal passé depuis toujours : rareté, pauvreté, incompréhension. Certes, les données actuelles ne sont pas bonnes. La baisse du niveau scolaire, l'anémie de la langue, le règne des écrans, le recul de la lecture, la poussée invincible de l'intelligence artificielle, créent un contexte particulier, dans ce siècle a-littéraire. Mais le pari de faire une oeuvre et de créer un cercle de lumière autour de soi reste ce qu'il est depuis près de mille ans : solitaire et radical. Etre écrivain est une aventure sans garde-fou. L'enjeu : se servir de la langue, la plus forte, la plus souple possible, pour donner une durée au présent. En somme, c'est une chevalerie. On part à la recherche du Graal et le Graal n'est probablement qu'une légende. Mais aucune autre mission ne saurait être plus féconde. Seule la littérature a le pouvoir de changer les faux semblants en musique de vérité. Dans un monde déchiré, l'acte d'écrire dissipe les mirages. C'est une activité unique et par là même, irremplaçable. On n'en a pas encore fini avec les écrivains.
« Tant mieux : la version joyeuse du sang-froid » Amélie NothombPour la première fois, après son père dans Premier sang (2021) et Psychopompe (2023), Amélie Nothomb évoque sa mère, et le lien singulier qui les unissait. Percutant, prenant et jubilatoire. Le ParisienLa romancière signe une oeuvre poignante et intime où fiction et réalité se confondent, dressant le portrait bouleversant de sa mère et d'une enfance en résistance. France InfoNotes Biographiques : Amélie Nothomb est née à Kobé en 1967. Dès son premier roman, Hygiène de l'assassin, elle s'est imposée comme une écrivaine singulière. En 1999, elle a obtenu le Grand Prix de l'Académie française pour Stupeur et tremblement et, en 2021, le prix Renaudot pour Premier sang. L'Impossible retour est son 33e roman.Elle publie cette année son 34e roman, Tant mieux.
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.