Nous devons être en mesure de proposer un nouveau programme libéral qui fasse appel à l'imagination. Nous devons à nouveau faire de la construction d'une société libre une aventure intellectuelle, un acte de courage. Ce dont nous manquons, c'est d'une utopie libérale, un programme qui ne serait ni une simple défense de l'ordre établi ni une sorte de socialisme dilué. Mais un véritable radicalisme libéral qui n'épargne pas les susceptibilités des puissants (syndicats compris), qui ne soit pas trop sèchement pratique, et qui ne se confine pas à ce qui semble politiquement possible aujourd'hui. Nous avons besoin de leaders intellectuels, prêts à résister aux séductions du pouvoir et de la popularité, et qui soient prêts à travailler pour un idéal, quand bien même ses chances de réalisation seraient maigres. Ils doivent avoir des principes chevillés au corps, et se battre pour leur avènement, même s'il semble lointain. Le libre-échange et la liberté d'entreprendre sont des idéaux qui peuvent encore éveiller l'imagination des foules. Mais un simple " libre-échange modéré " ou un " assouplissement des réglementations " ne sont ni respectables intellectuellement ni susceptibles d'inspirer le moindre enthousiasme. La principale leçon qu'un libéral conséquent doit tirer du succès des socialistes est que c'est leur courage d'être utopiques qui leur a valu l'approbation des intellectuels ainsi que leur influence sur l'opinion publique, qui rend chaque jour possible ce qui, récemment encore, semblait irréalisable. Ceux qui se sont souciés exclusivement de ce qui semblait réalisable dans tel état de l'opinion se sont constamment rendu compte que tous leurs projets devenaient politiquement impossibles en raison de l'évolution d'une opinion publique qu'ils n'avaient rien fait pour guider. Si nous retrouvons cette foi dans le pouvoir des idées qui fut la force du libéralisme dans sa grande époque, la bataille n'est pas perdue. (Friedrich Hayek, 1949)
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Nombre de pages
284
Date de parution
08/09/2004
Poids
396g
Largeur
152mm
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EAN
9782748900279
Titre
Agone N° 31-32, 2004 : L'exemple américain
Auteur
Laine Michael
Editeur
AGONE
Largeur
152
Poids
396
Date de parution
20040908
Nombre de pages
284,00 €
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Résumé : A une époque où tout un chacun se réclame de la raison, le monde semble avoir perdu la tête, des Etats-Unis à l'Argentine en passant par l'Europe. Non seulement les individus peinent à discerner le vrai du faux, mais ils valorisent moins la vérité. Préférant les opinions préconçues et les fictions à la science, ils prennent de plus en plus leurs fantasmes et leurs peurs pour des réalités. Partout, les sociétés se polarisent. Fruit de trois ans de recherche pluridisciplinaire, cet ouvrage est le premier à caractériser scientifiquement la post-vérité et à en explorer toutes les dimensions, bien au-delà des " infox " auxquelles on la réduit abusivement. Dans une approche mêlant psychologie, neurosciences et économie des émotions, il montre les effets dévastateurs d'Internet et des réseaux sociaux, dont les algorithmes privilégient les contenus clivants et anxiogènes tout en confortant les croyances préalables. Ainsi se forment de dangereuses " bulles cognitives ". Le diagnostic est sans appel : ce basculement progressif des mentalités est intimement lié au capitalisme. Pour générer un maximum de revenus publicitaires, les algorithmes s'adressent à la part de nous-même qui souhaite se débarrasser de la réalité. Et s'ils instauraient la plus insidieuse des servitudes volontaires, avec notre complicité inconsciente ? Cet essai démontre aussi que l'essor mondial des extrêmes droites est en grande partie dû aux biais d'Internet et des réseaux sociaux, qui en favorisent les idées. Un livre salutaire qui invite à un sursaut de lucidité face à un enjeu social majeur de ce siècle.
Spécifiquement conçu pour l'enseignement de l'économie à Sciences Po, ce manuel vise la compréhension des concepts clé de la discipline et des grandes lignes de fracture du monde contemporain. Il va droit à l'essentiel en privilégiant le raisonnement, la formalisation mathématique y étant aussi réduite que possible. Soucieux de simplifier sans renoncer à la nuance et à la complexité, l'auteur présente la diversité des théories, car la pensée économique - éminemment politique - se forge par le débat. Loin de se réduire à un exposé théorique, cet ouvrage aborde les questions majeures d'aujourd'hui, du réchauffement climatique à la stagnation séculaire, afin d'appréhender le monde dans lequel on vit. Il allie respect de la recherche actuelle, par la présentation des modèles réellement utilisés, et présentation pédagogique, par la réfutation des idées reçues. Un lexique exhaustif et concis vient compléter l'ouvrage, permettant aux étudiants de naviguer entre les concepts.
Ce livre se veut une réfutation du mythe du marché. Son pari est de pousser le libéralisme dans les retranchements logiques, afin de le faire imploser. Dans un premier temps, Michaël Lainé se fixe comme objectif de montrer que tout l'édifice théorique libéral repose, in fine, sur un seul modèle de référence. Dans un deuxième temps, il examine ce modèle en profondeur et en pointe les incohérences comme les impasses. Il en conclut que la théorie libérale est incapable de rendre compte de la réalité. Le troisième temps sert à démonter les "preuves" empiriques des prétendues réussites du marché libre et sans entraves. L'originalité de l'ouvrage consiste à prendre le libéralisme au mot. Il ne s'agit pas de se livrer à une critique externe qui manquerait (partiellement) son but, mais de suivre sa logique jusqu'au bout; ceci, afin de saper les bases du discours dominant, qui habille de science une véritable imposture. Le pari qui est ici tenté est de montrer qu'on ne peut, même en faisant preuve de la meilleure volonté, rien sauvegarder des conclusions comme des préconisations du libéralisme. Un véritable manuel de résistance au discours dominant. Biographie de l'auteur Michaël Lainé est essayiste et éditeur. Il a notamment publié Les 35 mensonges du libéralisme, La Sagesse des anciens et Si Jean-Marie...
Les médias ont mauvaise réputation. On les dit de parti pris, de connivence, relais dociles de la communication des grands de ce monde. Les slogans et le prêt-à-penser leur tiendraient lieu de réflexion. Récemment, le mouvement des gilets jaunes a relancé l'anathème : les journaux étoufferaient le débat. Qu'en est-il ? Pour la première fois, un scientifique se livre à une analyse rigoureuse du discours médiatique en matière d'économie, dans un style clair et enlevé. Les journaux ont-ils des biais, des sujets qu'ils déforment ou bien qu'ils n'abordent pas ? Leurs interprétations reflètent-elles le débat scientifique, respectent-elles la pluralité des points de vue ? Qui sont les " experts " à qui ils font appel ? sont quelques-unes des questions auxquelles ce travail tente de répondre. L'ouvrage de référence pour faire le point sur cette question et permettre aux citoyens de se réapproprier le sens du monde.
Cet essai est le procès d'une absence, celle de la gauche, désormais reléguée au second plan dans la presse. Dans cette chronique de la droitisation du débat public, l'autrice analyse la façon dont il a été verrouillé par l'ensemble des médias dominants, y compris "de gauche" , qui ont reboublé d'efforts pour bipolariser les champs politique et journalistique autour des figures d'Emmauel Macron, de Marine Le Pen, de leurs doublures et de leurs thématiques sécuritaires et économiques. Basé sur une documentation précise, ce livre retrace l'effondrement intellectuel du "journalisme politique" , qui a perdu tant en substance qu'en consistance, laissant le storytelling remplacer l'information. L'autrice aborde notamment le traitement des différents projets de réformes par les chefs-lieux éditoriaux, souvent transformés en SAV du gouvernement... S'appuyant sur l'émergence de la comm' comme cadre politique et journalistique, Pauline Perrenot dévoile le monopole absolu de la pensée libérale dans les médias et l'imbrication de la profession avec le monde patronal. Un président créé de toutes pièces par les médias, la croisière journalistique de l'extrême droite, une kabbale réactionnaire qui ponctue les séquences des chaînes d'information... drôle d'état que celui de la presse dans l'Hexagone. Pauline Perrenot s'appuie sur le traitement des thèmes qui ont "fait" l'actualité jusqu'aux élections qui ont suivi la dissolution de l'Assemblée nationale : maintien de l'ordre, sondages, loi sécurité globale, gilets jaunes, violences policières, émergences d'Eric Zemmour et de Jordan Bardella. Pour cette réédition, Pauline Perrenot applique ces grilles d'analyse aux questions d'actualités plus récentes qui confirment l'aggravation des pratiques devenues la norme du journalisme politique. Un constat pour que la disparition de la gauche ne passe plus inaperçu.
Cette histoire des États-Unis présente le point de vue de ceux dont les manuels d'histoire parlent habituellement peu. L'auteur confronte avec minutie la version officielle et héroïque (de Christophe Colomb à George Walker Bush) aux témoignages des acteurs les plus modestes. Les Indiens, les esclaves en fuite, les soldats déserteurs, les jeunes ouvrières du textile, les syndicalistes, les GI du Vietnam, les activistes des années 1980-1990, tous, jusqu'aux victimes contemporaines de la politique intérieure et étrangère américaine, viennent ainsi battre en brèche la conception unanimiste de l'histoire officielle. Howard Zinn a enseigné l'histoire et les sciences politiques à la Boston University où il est aujourd'hui professeur émérite. Son oeuvre (une douzaine d'ouvrages) est essentiellement consacrée à l'incidence des mouvements populaires sur la société américaine.
Thomas Frank écrit régulièrement pour Le Monde diplomatique des articles d'analyse sociale et politique de la situation américaine. Déjà paru en français: Le Marché de droit divin (Agone, 2003).
Jacques Bouversse s'attaquait dans ce court ouvrage aux usages discutables que fit Michel Foucault de l’œuvre de Nietzsche Nombreux sont ceux qui aujourd'hui vouent un culte inconsidéré à la pensée de Foucault, réputée incontournable. On peut pourtant émettre des réserves quant à la cohérence de l’œuvre d'un auteur qui aurait « revendiqué le droit de se contredire ». L'usage qu'il fit de la pensée de Nietzsche est symptomatique de cette attitude : il s'agissait pour lui de « l'utiliser, de la déformer, de la faire grincer, crier », attitude qui mène logiquement à une série de contradictions. C'est précisément celles-ci que Bouversse entendait ici relever. Faisant jouer Nietzsche contre Foucault, il démontrait avec brio que les positions du « Nietzsche de Foucault » sont souvent bien éloignées de celles du Nietzsche réel.