Ici Corinne Mencé-Caster se demande comment écrire la domination quand on se trouve en position consciente ou inconsciente de dominé ou de dominant. Selon quelles postures ou impostures ? Gerry L'Etang s'arrête sur un cas d'écriture de la domination par un dominé devenu dominant en endossant les représentations et intérêts des détenteurs du pouvoir. André Lucrèce expose le témoignage d'un abolitionniste sur l'atrocité esclavagiste la plus extrême et analyse les mécanismes au travers desquels la domination aboutit parfois au mal absolu. La condition esclave est également étudiée par Liliane Fardin, qui se penche sur le traitement de ce thème par un romancier (et historien) contemporain. Max Bélaise fait l'exégèse du récit de voyage d'un "moine-soldat" mobilisé au début d'une colonisation pour l'évangélisation d'esclaves, et étudie les conséquences actuelles d'une christianisation violente. Concernant la distribution de noms infamants aux nouveaux libres après l'Abolition, Philippe Chanson examine les résultats de cette stratégie coloniale de dénommer pour dominer et s'interroge : peut-on échapper à son nom ? En partant d'une fable créole, Jean Bernabé met au jour la domination coloniale comme génératrice de contentieux entre peuples colonisés et questionne la notion d'identité. Ici enfin, Raphaël Confiant prend la mesure de la position complexe des langues dominées dans un écosystème linguistique mondialisé dont le fonctionnement n'incite guère à leur traduction.
Nombre de pages
254
Date de parution
15/09/2016
Poids
320g
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EAN
9782917623732
Titre
Ecrire la domination
Auteur
L'Etang Gerry ; Mencé-Caster Corinne
Editeur
CARAIBEDITIONS
Largeur
0
Poids
320
Date de parution
20160915
Nombre de pages
254,00 €
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L'île sur laquelle se déroule l'intrigue ressemble fort à la Martinique, mais il pourrait s'agir de n'importe quelle autre île perfusée où l'on ne produit plus que de l'illusion et qui se retrouverait éperdue si un jour le cargo, en provenance d'une autre société qui les alimente, n'arrivait plus. Les choses seraient particulièrement compliquées pour la Martinique et la Guadeloupe, où l'empoisonnement par le chlordécone d'une bonne partie des terres arables rendrait la tragédie plus aiguë qu'ailleurs.
Récit de vie d'un prêtre hindou commandeur d'habitation à la Martinique Cet ouvrage est le récit de vie d'Antoine Tangamen dit Zwazo (1902-1992). Sa compétence en matière d'hindouisme à la Martinique en fit l'interlocuteur principal de ceux qui s'intéressaient à cette religion. De ceux qui, ethnologues ou non, pressentaient qu'avec lui disparaîtrait tout un monde. Et surtout de tous ces dévots qui se pressaient la semaine devant sa porte pour le prier d'organiser leurs cérémonies. Car le dimanche, quand s'arrêtaient les tambours cérémoniels, l'homme dialoguait avec les dieux. Il a également vécu un siècle de condition indienne, de créolisation indienne dans une commune du nord de l'île. Il a enfin connu les transformations de la société de plantation, d'habitation, dont il fut un rouage essentiel : un commandeur, contremaître des récoltes. Grand témoin d'un siècle et de ses mutations, il nous laisse ce récit.
Un double numéro et une fertile réunion d'universitaires qui portent des regards croisés sur un concept aux limites mal évaluées : celui de créolisation culturelle. De la linguistique à l'architecture, de la musique aux rites, les auteurs qui ont apporté leur contribution au séminaire du CRILLASH sur la question (2011) cernent ainsi plus étroitement un processus, un perpétuel devenir presque, où se jouent rencontres, interpénétrations et recréations. Qu'ils soient théoriques ou attachés à des objets d'étude plus pointus, ces textes font ainsi plus que participer " au débat sur la créolisation, à son épistémologie, son exemplification " ; ils les repoussent et les enrichissent encore. Ethnologues et ethnomusicologues, critiques littéraires et historiens? on ne peut citer toutes les spécialités ici convoquées pour parler " créolisation ". Mais ce panorama non exhaustif suffit à lui seul pour dire toute l'ampleur et les infinies facettes d'un mouvement décelé, révélé et analysé par des auteurs qui, on l'aura compris, élargissent considérablement, avec acuité et limpidité, la recherche sur le sujet.
Guyane. Debout dans la poussière de sa vie, Paul rêve de gloire, de diamants à chaque doigt, d'un autre destin et de péter la gueule au Diable. Et si c'était sur scène, dans la peau de Kadhafi qu'il la prenait sa revanche ? Après tout, entre le leader de Lybie et lui, ancien colonisé, il n'y a qu'un miroir. Oui mais comment jouer Kadhafi ? En tyran sanguinaire comme l'avaient dépeint certains ? Ou comme ce héros que d'autres continuent de pleurer ? En rebelle ou en terroriste ? Oscillant de l'un à l'autre, Paul revit les dernières heures de Mouammar Kadhafi.
Moins connue que Lumina-Sophie qui fut la principale héroïne de l'Insurrection du sud de la Martinique, Rosalie-Soleil en a été l'une des figures emblématiques. Dans cette pièce, co-écrite en 1999 avec des stagiaires du Centre Dramatique Régional, alors dirigé par le comédien Elie Pennont, Raphaël Confiant nous la présente à différentes époques de l'histoire de la Martinique. C'est qu'au-delà de la mythification du personnage, il importe de diversifier les points de vue : on verra donc l'héroïne qui combat avec les insurgés (1870), celle qui participe aux festivités du Tricentenaire (1935) du rattachement de la Martinique à la France, celle qui tente de survivre pendant l'époque dite de l'Amiral robert c'est-à-dire celle de la Deuxième guerre mondiale (1939-45) au cours de laquelle l'île fut contrainte de vivre en quasi-autarcie et celle de l'arrivée du nouveau millénaire (1999). A chacune de ces époques sa Rosalie-Soleil, tantôt combattante tantôt débrouillarde tantôt résignée tantôt dépravée, cela à l'image d'une Martinique qui depuis bientôt quatre siècles se débat et se bat pour tenter de faire face aux tragédies et aux comédies de son histoire.
La Guyane ? Personne ne vous croira. Il faut dire qu'un corbillard braqué par un commando qui n'hésite pas à occire un croquemort, avant de tailler la route avec un cadavre qui n'aspirait qu'à rejoindre sa dernière demeure, ça n'arrive pas tous les jours. Le capitaine Christophe Arnould, fraîchement débarqué dans cette France pas comme les autres, n'est pas au bout de ses surprises et découvre un monde où tout est monnayable, surtout pour de la coke. La Guyane ? Personne ne vous croira. Si on vous le dit...
Cet essai, vous invite à découvrir Pointe-à-Pitre, à l'aune d'une histoire riche et singulière. L'auteur vous raconte la résilience de cette cité, sa mue permanente, sa résurrection constante. Fort de son parcours personnel, il analyse et donne à comprendre le développement urbain de ce c'ur identitaire de la Guadeloupe. Cette visite guidée vous parle de la ville rebelle, de l'étranglement de la bourgeoisie locale dans des limites devenues trop étroites, de l'appropriation des espaces urbains et périurbains par les classes populaires venues des quatre coins de l'archipel. Il n'élude pas le permanent débat social et l'analyse des antagonismes de classes indispensables pour comprendre les accès de fièvre dont elle est le théâtre autant que ses rénovations successives. La ville vous est contée au décours des péripéties humaines, des quêtes sociales et identitaires, des actions menées pour créer les conditions d'un épanouissement culturel, matériel et sanitaire et la volonté de faire peuple.