L'accueil des réfugiés. naguère fierté et honneur des pays démocratiques. est aujourd'hui relégué au rang "d'immigration subie" Dans un monde globalisé. défendre les droits humains fondamentaux en accordant l'asile aux personnes persécutées est devenu une contrainte que tous les Etats cherchent à faire endosser par d'autres. L'Europe affirme ainsi que les réfugiés doivent trouver asile dans le premier pays sûr traversé. ce qui tend à enfermer les réfugiés dans les régions mêmes des conflits. Les pays du Sud. principaux pays de premier accueil. se retrouvent ainsi au centre du système mondial de protection. avec des moyens très limités et des politiques d'asile souvent inexistantes et parfois même profondément arbitraires. Comment les réfugiés et les Etats du Sud s'adaptent-ils à cet enjeu mondial de civilisation? Les analyses réunies ici par des auteurs du Sud et du Nord sur l'Afrique Australe. le Sénégal. le Burkina Faso. la Côte-d'Ivoire. le Maghreb. les Territoires palestiniens, Israël. le Liban. et sur les passagers clandestins en Méditerranée montrent la diversité et la complexité des situations d'errance et de déracinement. L'analyse de ces situations concrètes, illustration de conflits d'intérêts contradictoires souvent diamétralement opposés. révèle l'ampleur de la fracture entre le Nord et le Sud.
Les migrations internationales sont devenues l'un des enjeux majeurs des rapports entre les Etats. Dans ce cadre, les mouvements de réfugiés et de déplacés liés aux conflits politiques, identitaires ou territoriaux témoignent de la fragilité de constructions nationales encore si souvent contestées. Les principales modalités d'accueil des réfugiés montrent bien les obstacles à l'intégration comme les limites d'une assistance humanitaire dont l'action reste plus curative que préventive. Mais la paix revenue, le retour et la réintégration des réfugiés dans leur pays d'origine se heurtent encore à des difficultés politiques, juridiques et économiques qui sont autant de freins à la reconstruction nationale et qui, par là même, dessinent les migrations internationales du futur. Tels sont quelques-uns des grands thèmes évoqués dans les différentes contributions de cet ouvrage, dont certaines, comme celles sur les camps palestiniens du Liban, sur la revendication territoriale des Sahraouis ou encore sur le difficile retour des réfugiés cambodgiens, sont d'une actualité toujours brûlante. International migration has become one of the major issues in relations between states. Within this framework, movements of refugees and displaced persons resulting from political, identify or territorial conflicts show the fragility of national constructions that are still so frequently contested. The main procedures for hosting refugees clearly show the obstacles to integration and the limits of humanitarian aid, whose action is more curative than preventive. However, when peace is restored, the return and re-integration of refugees in their home countries stiff come up against political, legal and economic difficulties that all hinder national reconstruction and also indicate the pattern of future international migration. These are some of the major themes mentioned in the various contributions to this study, some of which are still extremely topical, such as those concerning the Palestinian camps in the Lebanon and the territorial claim of the Sahraouis.
Cambrézy Luc ; Dia Hamidou ; Kebe Mababou ; Charbi
Ce numéro propose un dossier sur le thème des relations entre migrations internationales et vulnérabilités et des articles hors dossier, mais dont certains portent sur des thématiques connexes. Plutôt que de s'en tenir à la définition purement quantitative de la vulnérabilité, qui se résume à la probabilité pour un individu ou un ménage donné de passer d'une situation " normale " à une situation critique, mesurable ex post par des indicateurs objectifs, les textes rassemblés ici proposent une vision contextualisée de la vulnérabilité. Celle-ci se révèle multiforme : elle est économique, sociale, sanitaire, familiale, culturelle, politique enfin. En outre, ces dimensions se cumulent en synergies négatives. Vue du Sud, la vulnérabilité s'inscrit dans des contextes de pauvreté endémique à laquelle les populations trouvent - ou non - diverses réponses parmi lesquelles figurent les migrations internationales. Différentes questions sont posées. Quelles catégories d'analyse retenir ? Du point de vue de la vulnérabilité, peut-on et doit-on assimiler les " réfugiés de l'environnement " ou les " demandeurs d'asile " aux migrations de pauvreté ? La migration internationale réduit-elle ou au contraire aggrave-t-elle celle-ci ? Le genre est-il une dimension explicative ? La vulnérabilité est-elle différente selon les générations ? Sous quelles conditions les transferts sont-ils un facteur de réduction de la vulnérabilité ? La mobilisation des ressources communautaires ou un savoir-faire économique permettent-ils d'anticiper et de réduire la vulnérabilité d'un groupe social ?
Depuis 15 ans, les livres de Bernard Friot (vendus à des dizaines de milliers d'exemplaires) jouent un rôle moteur pour remettre le communisme à l'ordre du jour. Pourtant, nombreux sont les lecteurs à éprouver des difficultés pour entrer dans son système, tant les renversements qu'il suggère sont révolutionnaires : il manquait jusqu'alors un manuel pour introduire à sa pensée. Voyage illustré dans le communisme de Friot, ce livre éclaire, dans un propos pédagogique et documenté, ses principes théoriques, ses institutions et ses perspectives pour poursuivre les déjà-là communistes. Il passe en revue les principales objections qui lui sont faites et offre des pistes pour approfondir ces débats.
Alors que le capitalisme devient toujours plus autoritaire et productiviste, pouvons-nous prendre collectivement le pouvoir sur notre travail ? Et comment ? Un collectif de chercheur.es syndicalistes et professionnel·les raconte des enquêtes, luttes et alternatives qui montrent que c'est possible et analyse les manières dont s'y prennent concrètement les travailleur-ses pour donner du sens à leurs activités, prendre soin des collectifs et conquérir de l'autonomie au travail. Leur Manifeste prend position dans les débats en cours sur le renouvellement du syndicalisme et avance des propositions politiques pour mettre le travail au service de la démocratie, de l'émancipation et de la défense du vivant.
Le care ou le souci des autres est une zone de conflits, de tiraillements et de dominations. Celle, notamment, du travail salarié des professionnels du soin et de l'assistance, constitué essentiellement d'un salariat féminin subalterne, surexploité et stigmatisé par son "manque de qualification", et parfois sa couleur de peau ; celle, aussi, du travail domestique toujours inégalement distribué. Or on ne pourra jamais évacuer complètement le "sale boulot", il est urgent de penser une transformation politique du travail et de la société en plaçant le care au centre de la réflexion sur le travail. Cet ouvrage défend une position singulière, sensible et forte, au sein des débats contemporains autour du care et propose de changer de regard sur le travail, sur le soin et sur la société. C'est cette position que, d'entrée de jeu, la préface de cette nouvelle édition renforce en répondant et en désarmant avec brio les polémiques sur le care, polémiques parfois induites par la précédente édition, publiée en 2013. Ce qui conduit l'auteure à mettre la focale sur ce qu'est vraiment la "perspective du care" et à montrer l'inédit de cette posture théorique.
Peut-on changer la vie sans changer l'Etat ? A l'inverse, gagner les élections suffit-il à réorganiser en profondeur la société et à rendre le pouvoir au peuple ? Coordonné par la philosophe Isabelle Garo, ce livre propose de mettre à jour ces questions anciennes au regard de la situation contemporaine. Face à un Etat de plus en plus néolibéral et autoritaire, comment envisager sa démocratisation radicale en vue d'une rupture véritable avec l'ordre économique, social et politique responsable de la crise actuelle ? Les expériences passées de la gauche au pouvoir - Front populaire, Amérique latine, Grèce... - nous offrent autant de leçons pour penser les défis auxquels devra faire face un éventuel gouvernement de rupture : articulation avec les mobilisations sociales, mise en oeuvre de la planification écologique, invention de formes de production non marchandes, ou encore extension de la logique de la Sécurité sociale. De la préface d'Álvaro Garcia Linera, ancien vice-président de la Bolivie, à la postface de Jean-Luc Mélenchon, ce livre de L'Institut La Boétie dessine l'horizon d'une possible révolution citoyenne pour le XXIe siècle. Reste à la faire advenir.