La première arme de destruction massive, ce fut Saddam Hussein. Pendant trente-cinq ans, il s'acharna sur son propre peuple. On compte près de cinq cent mille disparus, kurdes, femmes et enfants pour la majorité d'entre eux. Plus de quatre mille cinq cents villages ont été rasés. Les fosses communes sont innombrables. Quatre millions d'exilés cherchent encore, en 2005, à regagner ce qui reste de leurs foyers. On estime à un million et demi les handicapés des guerres successives et des nombreux attentats, et à des centaines de milliers les chiites assassinés. Il fallait énoncer ces meurtres un par un, les faire apparaître dans toute leur horreur, qualifier clairement leur nature et pouvoir affirmer ce que l'on oublie trop : Saddam fut l'un des pires tyrans de l'Histoire du monde ; il était urgent et nécessaire d'en débarrasser le peuple irakien. Les Américains, meurtris par le 11 septembre, firent à Saddam Hussein une guerre tardive pour de fausses raisons. L'ONU et certains pays d'Europe se rebellèrent : la communauté internationale déchirée n'accepta pas ce conflit. Tentant de construire une nation démocratique, les Américains accumulèrent les erreurs. Le président Bush, en chassant l'assassin, déclencha des violences sans fin faisant de l'Irak le nouveau foyer du terrorisme. Au bout des années de feu et de mort qui s'annoncent, il nous faudra pourtant bâtir la paix. Restera-t-il assez de cette impartialité dont témoigne ce livre pour apprécier que le monde est meilleur sans Saddam Hussein ? Je le crois, même si l'histoire est amnésique. Le Livre noir de Saddam Hussein fait enfin entendre les cris des torturés que nous n'avons pas su ou pas voulu écouter. Il rend à un peuple sa dignité, c'est un hommage que nous lui devions. Il s'agit aussi de la trace de nos faillites.
Avec pudeur, impertinence et tendresse, Patrick Sébastien nous fait partager les terribles moments qui ont jalonné sa vie. Il nous confie comment, grâce à son indéfectible volonté de croire en la vie, il est parvenu à surmonter ses misères et ses drames. Une leçon optimiste de vie, indispensable en cette période de doutes, d'interrogations et de difficultés que nous traversons tous.
Bordeaux, 1943, une rafle, Sidonie et ses jumeaux âgés de cinq ans sont arrêtés : ils sont noirs et vont être déportés. C'est dans l'angoisse et la puanteur du train que commence le long voyage qui mènera Sidonie et ses enfants jusqu'à Auschwitz. A leur arrivée au camp, Désiré, son fils, lui est enlevé - il va chez les hommes ; sa fille, elle, mourra. Sidonie est ensuite déportée à Ravensbrück. Elle lutte contre la souffrance et la folie en puisant dans ses racines martiniquaises. Dans ce camp où tout est horreur, Sidonie invoque la mémoire de ses ancêtres africains, esclaves et révoltés, qui ont survécu à des siècles d'oppression. Elle prie Agénor, un dieu qu'elle s'invente, qui lui donne force et courage. Elle, si fière de ne s'être jamais senti une esclave, combat de toutes ses forces. Michelle Maillet aborde le sujet de la déportation des Noirs pendant la Deuxième Guerre mondiale. Un sujet peu connu qu'elle traite magistralement. L'Etoile noire est un livre poignant, empreint de poésie, prônant l'amour et la tolérance. L'Etoile noire est le premier roman de Michelle Maillet.
Loubna Méliane ne baisse pas les yeux et garde la tête haute. A 25 ans, sa vie est déjà très marquée par la disparition, encore enfant, de sa mère puis celle de son petit frère. Elle porte le fardeau d'une jeune fille du ghetto : les fins de mois impossibles, l'orientation forcée vers un métier qu'elle déteste, la pression insoutenable des garçons du quartier, jusqu'au mariage " arrangé " comme au bled. Elle aurait dû, comme tant d'autres, basculer du mauvais côté ; elle s'est révoltée. De toutes ses forces, Loubna a émergé du ghetto, comme un espoir pour toutes les cités. Elle le fait pour les autres. Pour tous les jeunes des quartiers qu'elle ne supporte pas de voir dériver vers la violence, la drogue et l'échec. Pour toutes ces filles mises de force sous un voile. Alors Loubna milite, parle, revendique, écoute, propose, réfléchit, sillonne la France. Elle n'a pas une minute à elle. Pensez-donc : elle veut changer le monde ! Et ne doute pas une seconde que c'est possible. D'ailleurs, elle s'est déjà changée elle-même. Elle est la preuve vivante que dans les quartiers, le meilleur existe. " Des comme moi il y en a plein les cages d'escalier. " " Vivre Libre " est un livre bouleversant, mais aussi un appel à ses sœurs des quartiers : " bougez-vous ! " Un vrai livre d'espoir !
Il y a cinquante ans, j'ai lancé un appel. Après des morts de trop. En l'improvisant dans l'émotion et l'indignation de l'urgence. Je ne pensais pas qu'il aurait tant d'échos en France et dans le monde. Aujourd'hui c'est le mouvement Emmaüs qui vous appelle avec moi à vous mobiliser ? Puisse ce livre vous aider à voir et à comprendre pour agir. J'y retrouve ce qui m 'anime depuis toujours. Continuons d'être contagieux. Partageons les raisons de vivre. Répondez autant que vous le pourrez à ce nouvel appel au secours. Abbé Pierre
Si la défaite actuelle des armées occidentales en Afghanistan renvoie aux échecs des envahisseurs précédents, elle met également en pièces le rêve eurasien d'Alexandre Le Grand. Ce rêve "si beau, perspicace, intemporel, généreux" selon Nicolas Bouvier, et qui bouleversa Malraux. Comment le territoire du Gandhara, où prospéra l'extraordinaire et tolérante civilisation née de la rencontre entre la Grèce et l'Orient, peut-il coïncider avec celui du djihadisme contemporain ? Celui-là même qui vit l'apogée des talibans, la montée d'Oussama Ben Laden, la présence des théoriciens de la guerre sainte, ou encore le passage de Mohammed Merah. Pour le comprendre, Jean-Pierre Perrin a parcouru l'Afghanistan dans les pas d'Alexandre le Grand. Il retrace les batailles du conquérant dans les montagnes de l'Indu Kush, revient sur les échecs militaires de l'URSS et de l'OTAN, tout en évoquant les figures du djihad de - Massoud ou le sanglant Haqqani qu'il a personnellement rencontrés. Comme dans la plupart de ses ouvrages, il fait résonner littérature et souvenirs, Histoire et géopolitique, passé et présent. Ecrivain-voyageur, romancier, longtemps grand reporter à Libération, Jean-Pierre Perrin a publié, entre autres, Jours de poussière (La Table ronde, Prix des lectrices de Elle 2003), La mort est ma servante (Fayard, 2013) et Menaces sur la mémoire de l'humanité (Hoëbeke, 2016).
Le présent livre dépasse l'interminable débat sur l'antisémitisme et l'antisionisme, et lui donne de nouvelles et stimulantes dimensions. Il remonte aux débuts de l'histoire de la judéophobie, et remet en cause l'idée selon laquelle le christianisme se serait édifié après et en opposition au judaïsme. Au contraire, estime-t-il, et malgré le présupposé chronologique, c'est bien le judaïsme qui s'est constitué sous la pression du christianisme, s'accommodant du même coup des termes du procès que lui ont fait, des siècles durant, ses ennemis. Ce renversement est riche de bénéfices intellectuels et politiques. Il rend caduque la mauvaise querelle assimilant l'antisionisme à l'antisémitisme (celle-là même qui fut relancée par Emmanuel Macron), et nourrit des questionnements parfaitement contemporains : " Jusqu'à quel point, écrit Shlomo Sand, le sionisme, né comme une réponse de détresse à la judéophobie moderne, n'en a-t-il pas été le miroir ? Dans quelle mesure, par un processus dialectique complexe, le sionisme a-t-il hérité des fondements idéologiques qui ont, de tout temps, caractérisé les persécuteurs des juifs ? " Un essai brillant et brûlant. Professeur émérite à l'université de Tel-Aviv, Shlomo Sand est l'auteur de nombreux livres, parmi lesquels Comment le peuple juif fut inventé (Fayard, 2008), qui a suscité des nombreuses controverses, où il questionne durement la construction mémorielle de l'Etat d'Israël. Il a récemment publié au Seuil son premier roman, La Mort du Khazar rouge, désormais en Points. Traduit de l'hébreu par Michel Bilis
De 1975 à 1990, le Moyen-Orient est ébranlé par l'un des conflits les plus longs et les plus destructeurs de son histoire contemporaine. Rupture traumatique fondamentale pour les Libanais, ce conflit aux multiples facettes et enjeux est l'une des sources majeures qui éclaire les impasses d'un Liban en crise profonde depuis les événements d'octobre 2019. Il préfigure aussi à bien des égards les violences extrêmes (massacres, crimes de guerre et déplacements de population) à l'oeuvre en ex-Yougoslavie aux lendemains de la guerre froide, et dans les guerres du XXIe siècle en Irak, en Syrie et au Yémen. Longtemps réduite à sa dimension de guerre civile ou de conflit à dimension régionale, la guerre du Liban est d'abord un conflit fortement connecté à l'espace-monde, aux fortes implications militaires, politiques, économiques, sociales, mais aussi culturelles. Le renouvellement récent et profond de l'historiographie sur le sujet invite plus que jamais à proposer une nouvelle lecture de ce conflit global.
Blanc Pierre ; Chagnollaud Jean-Paul ; Levasseur C
La situation au Moyen-Orient n'est pas une crise de plus mais un basculement historique. Plus de 120 cartes pour comprendre les origines multiples des violences du Moyen-Orient, cet ensemble géopolitique allant de la Turquie au Yémen, et de l'Égypte à l'Iran. - Les racines historiques des conflits actuels, depuis l'effondrement de l'Empire ottoman - Les impasses politiques des régimes autoritaires et les dérives nationalistes, islamistes et sionistes - Pétrole, gaz, eau, terres : des ressources stratégiques très disputées - Les intérêts et les stratégies des grandes puissances dans la région. Dans les conflits du Moyen-Orient, en Syrie, au Yémen, en Irak, en Israël-Palestine, c'est le destin d'États, de peuples et de sociétés civiles parfois en lambeaux qui est en jeu. Pour espérer rétablir une stabilité régional, il est indispensable de comprendre les origines de la violence.