L'enfance nazie. Une analyse de manuels scolaires (1933-1945)
Keysers Ralph ; Baudis Dominique
L'HARMATTAN
35,50 €
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EAN :9782343011721
Après L'Intoxication nazie de la jeunesse allemande (L'Harmattan, 2011) et Der Stürmer, instrument de l'idéologie nazie (L'Harmattan, 2012), voici le troisième volet de la vaste entreprise conduite par Ralph Keysers pour disséquer les mécanismes par le biais desquels les nazis ont fait germer le fanatisme et la haine dans les cerveaux de la population allemande. Basé sur l'étude de manuels pour l'apprentissage de la lecture dans les écoles élémentaires, ce nouveau travail, illustré de documents originaux, est articulé sur six thématiques dont les enfants étaient abreuvés par leurs maîtres afin qu'ils suivent le Führer dans ses fantasmes et projets les plus fous. On découvrira dans ces pages comment, par l'intermédiaire de l'enseignement, le régime pratiquait une redoutable déshumanisation, condamnant les jeunes à devenir des adultes destinés à tuer et à être tués. En complément, Ralph Keysers a eu l'heureuse idée d'évoquer les manuels spécifiques utilisés dans les "écoles juives" du troisième Reich et dans le territoire de Dantzig, ainsi que - à titre comparatif et en prenant soin de se démarquer de la théorie dénaturante du "totalitarisme" - ceux qui avaient cours en URSS et en RDA. Du corpus informatif parfaitement maîtrisé et magistralement présenté par Ralph Keysers, le lecteur sortira non seulement considérablement enrichi sur le plan historique, mais aussi prévenu du danger qu'il y a pour l'éducation à s'écarter des valeurs rationalistes et humanistes.
Nombre de pages
320
Date de parution
12/07/2013
Poids
490g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782343011721
Titre
L'enfance nazie. Une analyse de manuels scolaires (1933-1945)
Auteur
Keysers Ralph ; Baudis Dominique
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
490
Date de parution
20130712
Nombre de pages
320,00 €
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Janvier 1935, Hitler abat sa première carte : la Sarre est librement incorporée au Reich. Sous couvert de plébiscite populaire, Hitler met au point une formidable machine à persuader, un vrai réarmement rhétorique, préalable au réarmement pur et simple. Le 13 janvier 1935 marque le premier triomphe en politique étrangère de la propagande nazie. L'ambiguïté fondamentale des consultations populaires, et démocratiques, est violemment mise à jour, quand le vote libre se combine avec la propagande dirigée. Ralph Keysers a relevé - dans la presse allemande acquise à l'idéologie nazie, dans Mein Kampf mais aussi dans les journaux sarrois d'opposition - les cinq cartes maîtresses de ce coup de poker diplomatique : comment cinq mots (Terror, Emigrant, Separatist, Gift [poison] et Element) ont fabriqué un triomphe électoral. Comment cette machine à cinq termes a pu prendre de court les Etats démocratiques, incrédules, impuissants et désemparés, après avoir été méprisants face à cette forme nouvelle et résolument moderne de la politique : la fabrication médiatique d'un vocabulaire politique à effet immédiat.
Fidèle à son programme de recherche (cf L'Intoxication nazie de la jeunesse allemande, L'Harmattan, 2001), Ralph Keysers nous fait découvrir dans ce nouvel ouvrage l'hebdomadaire le plus nauséabond de l'époque nazie : Der Stürmer, édité à partir de 1923 à Nuremberg par Julius Streicher. Né en 1885, cet instituteur, connu pour faire de la propagande antisémite auprès de ses élèves, avait adhéré à la NSDAP en 1921 et participé au "putsch de la brasserie" ; révoqué, il jouera désormais un rôle majeur au sein du mouvement national-socialiste en tant que député au Reichstag, Gauleiter de Franconie, et président du comité central pour l'agitation antijuive. Bien qu'ayant perdu tout crédit auprès du Führer en février 1940 en raison de malversations, il sera autorisé à poursuivre la publication du Stürmer jusqu'en 1945 ; il sera condamné à mort par le tribunal de Nuremberg. A noter que le Stürmer ne fut pas un "journal du Parti" : conçu sous la seule responsabilité de Julius Streicher avec lequel collaboraient quelques journalistes - au nombre desquels, de 1934 à 1938, le juif Jonas Wolk qui signait Fritz Brand - et des caricaturistes tel Phillip Rupprecht, alias Fips, sa diffusion fut d'importance : de 20 000 exemplaires en 1933, on atteignit les 600 000 en 1940 ; en 1944. il se vendait encore à plus de 390 000. Le but exclusif du Stürmer était de démontrer que "Les juifs" étaient à l'origine de tous les malheurs de l'Allemagne. Pour ce faire, ainsi que le montre Ralph Keysers, l'abjection ne connaissait aucune limite.
Keysers Ralph ; Ladmiral Jean-René ; Prignitz Gisè
A partir du constat que l'influence des livres de propagande conçus sous le Troisième Reich pour conditionner la jeunesse n'a pour ainsi dire jamais été analysée en France, Ralph Keysers montre dans cette étude comment le "message raciste" a été pour une large part médiatisé par quatre publications s'adressant aux enfants en fonction des étapes successives de leur évolution: de 3 à 5 ans, de 6 à 7 ans, de 8 à 9 ans, et enfin de 10 à 12 ans. La chronologie éditoriale des parutions (1934, 1936, 1938, 1940) illustre la stratégie énoncée par Hitler lors de son discours de Reichenberg, le 2 décembre 1938: embrigader les jeunes pratiquement dès le berceau afin qu'ils ne soient "plus jamais libres leur vie durant" et deviennent des rouages fanatiques de l'Etat nazi. La révélation de ces quatre publications, dont R Keysers nous livre la traduction et la reproduction commentée des illustrations, est un voyage au coeur de l'horreur. On y voit naître pas à pas ce qui deviendra la Shoah: "Aucun peuple n'a réussi à ce jour à éliminer totalement le juif", explique le médecin au petit Hans (chap. 5, texte 11); et de poursuivre: "Le bacille juif se promène encore dans beaucoup de pays de la terre! Tant que les juifs vivront sur terre, il existera un danger juif." Lire le travail de R Keysers, ex-diplomate, maître de conférences à l'université de Pau et déjà auteur de Cinq mots forts de la propagande nazie (Klincksieck, 2008), c'est se persuader qu'une nation prépare son avenir sur le socle de programmation de sa jeunesse. Oui, il faut en passer par la nausée sciemment provoquée par R Keysers dans cette minutieuse recherche car nous nous trouvons là en présence d'un terrifiant marqueur historique et sociologique de ce que peut représenter une intoxication de masse en vue d'une métamorphose radicale des consciences vers la barbarie.
Manso Christian ; Keysers Ralph ; Vautravers Alexa
Il y a 85 ans, la guerre civile espagnole prenait fin. Elle avait duré trois ans - du 17 juillet 1936 au 1er avril 1939 - et fait un demi-million de victimes. Marqué par les interventions des puissances totalitaires, le conflit prit une dimension internationale qui touche le continent européen encore de nos jours, la France en particulier. Des premières dépêches annonçant le franchissement de la frontière française par l'ex-ministre conservateur espagnol J. M. Gil Robles jusqu'aux photos des grandes parades des nationalistes franquistes vainqueurs et de leurs alliés allemands et italiens, les auteurs de cet ouvrage plongent leur lecteur dans " ce flot continu " de nouvelles qui faisaient l'actualité. Par leurs commentaires C. Manso et R. Keysers éclairent ce qui échappait alors, soulignent le jeu des propagandes, l'évolution des médias dont l'un - autrichien - reflète immédiatement, avec l'Anschluss, la mainmise nazie, livrent enfin un riche ensemble factuel auquel contribue une impressionnante iconographie.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...