Ceci n'est pas un fantôme. Essai sur les personnages de fantômes dans les théâtres antique et contem
Katuszewski Pierre
KIME
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EAN :9782841745531
Les personnages de fantômes sont omniprésents dans le théâtre contemporain. Peu commentés et même parfois supprimés lors du passage à la scène : ils n'entrent généralement pas dans les constructions intellectuelles ne s'attachant qu'à proposer une herméneutique du texte. C'est en passant par l'analyse d'une pratique théâtrale différente, le théâtre romain, théâtre du jeu par excellence, où le fonctionnement des fantômes est indissociable de la performance, qu'il est possible de comprendre leur rôle chez des auteurs aussi importants que Pier Paolo Pasolini, Didier-Georges Gabily, Edward Bond, Bernard-Marie Koltès, Heiner Müller, et de repenser in fine le fantôme de l'Hamlet de Shakespeare. Si le théâtre contemporain, déritualisé et décodifié, ne peut être strictement comparé aux théâtres antiques, le passage par le théâtre romain et le théâtre grec permet de considérer les personnages de fantômes du théâtre contemporain autrement que comme des symboles ou des métaphores, mais plutôt comme des personnages agissant directement sur le spectacle et établissant un lien entre la scène et la salle. Cet essai vise donc à combler le vide critique qui entoure les personnages de fantômes dans les théâtres antique et contemporain et à montrer comment ils permettent de sortir du cercle vicieux de la représentation et du sens, et de " rethéâtraliser " le théâtre.
Nombre de pages
258
Date de parution
18/05/2011
Poids
334g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782841745531
Titre
Ceci n'est pas un fantôme. Essai sur les personnages de fantômes dans les théâtres antique et contem
Auteur
Katuszewski Pierre
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
334
Date de parution
20110518
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258,00 €
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Pier Paolo Pasolini est surtout connu pour les six pièces qu'il écrivit en 1966 et pour son Manifeste pour un nouveau théâtre paru en 1968. Cependant, à chaque période de sa vie, le théâtre est présent. Dès ses années lycéennes et universitaires à Bologne, il lit du théâtre, assiste à des représentations et fait ses premières expérimentations pratiques. Dans le Frioul, terre maternelle, il découvre le monde paysan auquel il voue un attachement intime, il entend le dialecte frioulan et il écrit alors des dialogues et des poésies, fixant par écrit un dialecte qui n'était pas destiné à l'être ; à Rome, enfin, où c'est le monde des sous-prolétaires qui l'attire au sortir de la guerre, il s'interroge sur la façon de le représenter et invente son fameux adage : "Représenter la réalité à travers la réalité". Au-delà des concepts et de ses écrits théâtraux, Pasolini s'essaye au théâtre, il écrit des chansons et un spectacle mêlant danse, chants et textes pour Laura Betti et il traduit Eschyle et Plaute pour la scène. Ce livre présente le parcours théâtral de Pier Paolo Pasolini, un parcours indissociable des changements historiques et du contexte théâtral italien des années quarante aux années soixante-dix, du fascisme qui entendait interdire les dialectes, à la société de consommation qu'il abhorrait. Un parcours historique bien que dirigé vers l'avenir, tant le théâtre de Pasolini, "théâtre de Parole" comme il le désignait lui-même, est un théâtre à oraliser et à jouer, un théâtre où la métathéâtralité, omniprésente, peut permettre de produire un rapport nouveau entre acteurs et spectateurs et de bouleverser, aujourd'hui encore. Un théâtre où la musicalité et la poésie des mots provoquent une émotion d'une puissance rarement égalée.
Frédégonde, "self-made woman", tient à la fois de Rockefeller et d'Al Capone. Fille du peuple, elle doit son irrésistible ascension à une volonté acharnée de supprimer tous ses adversaires, elle ne craint pas de s'immiscer dans la guerre d'extermination que se livrent les membres de la dynastie des Mérovingiens. Héroïne de série noire du VIe siècle, c'est à la force du scramasax et avec les attributs de la beauté qu'elle s'engage dans un combat sans merci pour s'arroger tous les pouvoirs de la royauté. Chilpéric, Ubu roi, ne résiste pas à ses attraits ; il en mourra... Frédégonde monte sur le trône et règne sur la Neustrie. C'est que rien ne reste inaccessible à qui sait se faire désirer par ses charmes, craindre par la force et respecter par la fortune. Injustice, guerre, cruauté et corruption. A mi-chemin entre la reconstitution historique et la fiction, les auteurs ont su évoquer avec humour et réalisme le destin sanglant de Frédégonde en ces temps obscurs où la France n'était plus la Gaule et n'était pas encore la France.
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.