Ecrits sur une période s'étendant de 1968 à 1977, ces contes du grand maître moderne de la littérature turque abordent tous à leur manière, prenant leurs aises avec nos réalités quotidiennes, le thème de la peur. Celle qui nous retient, celle qui nous attire, celle qui nous plonge dans la confusion, celle qui... Une peur souvent intimement liée à l'amour. Car quelque part aux alentours de cette peur, il y a toujours l'autre, des binômes où l'on ne sait pas toujours très bien qui est la proie, qui le prédateur. Certains contes sont légers, d'autres graves. Beaucoup font l'objet d'expérimentations stylistiques, narratives, sans jamais se départir d'un humour ludique... Et tous ces contes sont liés, comme on lie la sauce d'un bon plat, par un récit cadre racontant la séduction éminemment dangereuse, autour d'une mortelle partie d'échecs grandeur nature, d'un écrivain par son double ; ou serait-ce le contraire ? Né à Istanbul en 1930, mort à Ankara en 1995, Bilge Karasu a étudié la philosophie à l'Université d'Istanbul, travaillé pour la radio et enseigné à l'Université d'Ankara. Il a été distingué par plusieurs prix littéraires tout au long de sa carrière, notamment pour sa traduction en turc de The Man Who Died de D. H. Lawrence, pour les nouvelles d'Au soir d'une longue journée (Empreinte, 2020) et pour son roman La Nuit (Empreinte, 2021). Autre titre chez Kontr : La mort était en Troie, 2019.
Nombre de pages
294
Date de parution
09/03/2023
Poids
400g
Largeur
145mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782491221096
Titre
Les chats trépassent en ce jardin
Auteur
Karasu Bilge ; Cavaillès Sylvain
Editeur
KONTR
Largeur
145
Poids
400
Date de parution
20230309
Nombre de pages
294,00 €
Disponibilité
Sur commande en 4-6 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
La nuit emblématique qui tombe dès les premières pages - ténèbres d'une peur mythique, de l'oppression et de la méconnaissance, déploiement d'un univers totalitaire nourri des nostalgies d'un paradis perdu - est d'abord celle de la langue. L'écriture n'est pas un instrument qui met de l'ordre dans un monde sans ordre, mais elle souligne les ambiguïtés de l'imaginaire dans sa capacité de dénoncer et de mystifier. Au bout de la nuit, que nous reste-t-il ? "Avoir écrit", "avoir échappé à la folie". Tel est le credo d'une oeuvre moins en quête d'une vérité dernière, qu'obstinée à guetter les bribes d'un imprévisible jour.
Premier livre de Bilge Karasu, La mort était en Troie est un coup de maître où s'affirment dès l'abord les préoccupations intimes de son auteur et les bases de son esthétique. Cette oeuvre composite suit, de la jeunesse à l'âge adulte et de la localité côtière de Sarikum à Istanbul, un groupe de personnages gravitant autour de la figure de Müsfik, garçon débordant de sensualité qui vit ses amours masculines dans la Turquie conservatrice des années 1950. Adoptant des points de vue multiples, ces nouvelles voyagent entre les lieux et les époques autant que d'un personnage à l'autre, tissant, sous l'oeil jaloux d'une mère possessive, les motifs d'une vie sentimentale guettée par la folie. Les amours de Müsfik se heurtent aux limitations d'amants moins libres que lui, ainsi qu'à l'ombre de présences féminines qui les entravent. Mais son homosexualité s'affirme, du début à la fin, entière, inentamable, et comme ayant juré de ne jamais se laisser vaincre par la mort et le cheval qui la convoie
Alors que Léon III (v. 680-741), empereur de Byzance, interdit peintures et icônes religieuses, Constantinople est en crise. Un responsable du palais chargé de superviser la destruction d'une image du Christ est assassiné par un groupe de femmes en colère, et une atmosphère de danger envahit les monastères de la ville. Vivant au milieu de mouvements de résistance, le moine Andronikos est profondément désorienté par ses propres convictions dont il craint les conséquences. Une nuit, il décide de fuir, laissant derrière lui son ami Ioakim, qui doit faire face à sa propre crise de foi et choisir où placer son allégeance. Trois récits qui abordent la question de la liberté individuelle à l'époque byzantine, tout en évoquant les difficultés que connaît, aujourd'hui, l'individu dans son rapport aux institutions et à la société.
Mahmud et Yezida, c'est l'histoire d'amour impossible entre un Musulman et une Ézidie. Impossible car les Ézidis ne peuvent se marier en dehors de leur communauté et parce que les rapports entre Musulmans et Ézidis ont toujours été nourris d'inimitié. Comme si cela ne suffisait pas, l'amour des deux jeunes gens est contrarié par une querelle de terres. Pour accéder à un terrain fertile située au-delà du village de leurs ennemis, les hommes de Havvas Agha vont profiter d'une croyance ézidie pour assiéger le village entier afin de s'approprier les terres qu'ils convoitent. Mais lorsque Mahmud est abattu en essayant de la rejoindre, Yezida s'enferme dans un cercle qu'elle dessine elle-même afin de s'y laisser mourir. Avec cette pièce de théâtre, qui a marqué l'histoire du théâtre turc contemporain, Murathan Mungan pose la première pierre d'une Å?uvre monumentale qui continue de s'écrire aujourd'hui et qui a fait de lui l'un des écrivains fondamentaux de la Turquie contemporaine.
Mikasa est un pauvre corniaud vivant dans les rues d'Arkanya, bourgade imaginaire située à l'Est d'un pays non nommé. Rejeté par sa mère alors qu'il n'était qu'un chiot, il trouve refuge auprès d'une bande de chiens marginaux et tombe amoureux de la belle Melsa, mascotte du parti de ces "gens de l'Est" qui mènent contre l'Etat une drôle de guerre sur le point de basculer dans l'horreur. Kidnappé, au moment où il allait s'unir à son amante, par un tortionnaire de la contre-guérilla, Mikasa va devenir démineur et se retrouver affecté à une caserne dans ses montagnes d'origine. Témoin privilégié des atrocités de cette sale guerre d'hommes, pire démineur que le règne canin ait jamais connu, amoureux transi dont le nom de Melsa ne quitte jamais les lèvres, Mikasa raconte son histoire tragique aux chiens du refuge où il s'est retrouvé après un mystérieux accident qui l'a laissé aux portes de la mort, le privant de ses pattes arrière. Grâce à une narration à deux voix qui tient en haleine jusqu'au bout, Ouâf transmet la vérité de ce qui fut vécu dans le Kurdistan turc au cours des années 1990, une vérité qui éclaire les enjeux du conflit kurde en Turquie mais aussi les événements plus récents. Kemal Varol s'y révèle un romancier de premier plan sachant manier humour et engagement.
Née en 1974 au Kurdistan irakien, la poétesse Choman Hardi est aussi une enseignante-chercheuse travaillant sur la question des inégalités du point de vue de l'intersectionnalité. Elle a trouvé refuge au Royaume-Uni en 1993 où elle a étudié dans les universités d'Oxford, de Londres et du Kent. Son ouvrage post-doctoral, Gendered Experiences of Genocide : Anfal Survivors in Kurdistan-Iraq (Routledge, 2011), a été nommé "UK Core Title" par le Yankee Book Peddler. Depuis 2010, des poèmes de son premier recueil en anglais, Life for us (Bloodaxe, 2004) sont étudiés dans l'enseignement secondaire. Son second recueil, Considering the women (Bloodaxe, 2015), a été nominé par la Poetry Book Society et sélectionné pour le Forward Prize for Best Collection. Sa traduction de Butterfly Valley de Sherko Beka a reçu le prix PEN translation.
Istanbul, à l'orée des années 1980. Fatma Aliye vit seule avec sa mère et son grand-père sénile dans leur vieille demeure ottomane, ultime symbole de leur grandeur passée. La visite de sa soeur Talia vient raviver de vieilles rancoeurs et des douleurs encore tenaces, tandis que sourdent en arrière-plan les remous politiques annonciateurs du coup d'Etat du 12 septembre. Dans son hammam où s'organise la sociabilité homosexuelle stambouliote de l'époque, Madame vit elle aussi avec ses fantômes : le traumatisme des pogroms anti-grecs de 1955 et l'absence de son fils. E5ber, Reha et Suat Bey évoluent entre frigidarium et pierre ventrale, trouvant en Madame une figure de mère protectrice, échappant dans ce refuge aux menaces qui pèsent sur eux du fait de leur identité.