La forêt n'échappe pas aux déterminismes sociaux, elle est le reflet des styles et modes de vie, de l'air du temps. Le public y vient moins pour rencontrer la nature que pour y retrouver les marques de son environnement social, de ses rêves, de ses nostalgies. Les loisirs apparaissent d'excellents révélateurs des valeurs d'une société. Si durant les "trente glorieuses" régnaient la consommation de biens et le plaisir d'acquérir, aujourd'hui, l'accroissement des richesses économiques et symboliques ne peut plus être le seul déterminant d'une bonne vie. L'empathie avec la nature, la soumission à son égard, sont les nouveaux idéaux qui renvoient à une éthique fondée sur la reconnaissance des droits de la nature et non plus du droit à la nature.Sommes-nous à la veille de l'avènement d'une culture environnementaliste ? La forêt ne serait-elle plus seulement un support de pratiques de consommation mais un espace fréquenté pour ses attributs écologiques ? L'adhésion à ces valeurs implique-t-elle une modification en profondeur des comportements ou n'est-elle qu'un effet passager de la mode verte ...Du musée vert à la forêt-écosystème, cet ouvrage montre combien les modes de fréquentation de la forêt reflètent l'esprit du temps et racontent l'évolution des valeurs d'une société.B. Kalaora, sociologue à l'INRA, a été responsable de la "Mission Sciences Sociales" du ministère de l'Environnement. Il est actuellement conseiller scientifique du Conservatoire du Littoral. Il est l'auteur de nombreux ouvrages et de plusieurs publications sur les relations entre société-nature-technique et environnement. Avec A. Savoye, il a notamment publié La forêt pacifiée (L'Harmattan, 1986) et Les inventeurs oubliés (Champvallon, 1989) ; avec J. Theys, il a dirigé l'ouvrage collectif La terre outragée : les experts sont formels! (Autrement, collection sciences en société, N°1, 1992).
Nombre de pages
304
Date de parution
03/05/2000
Poids
492g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782738419873
Titre
Le musée vert. Radiographie du loisir en forêt
ISBN
2738419879
Auteur
Kalaora Bernard
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
492
Date de parution
20000503
Nombre de pages
304,00 €
Disponibilité
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La crise environnementale a transformé le statut de la nature dans la société; d'espace de loisirs et de récréation elle est devenue un milieu vivant et dynamique qu'il faut protéger des hommes et de leur activité. A la nature utilitaire, s'est substituée la nature écologique et autour de cette rhétorique s'est structuré un nouvel imaginaire social de la nature et de nouveaux équipements du territoire.
Au tournant du siècle, dans les régions de montagne, des agents de l'administration forestière prennent conscience des implications économiques et sociales de leur mission sylvicole. S'inspirant des travaux sociologiques de Le Play et de son Ecole dont ils partagent l'idéologie de paix sociale, ils forgent pour les besoins de leur pratique des méthodes d'analyse originales et élaborent des stratégies de développement. Véritables experts sociaux, ils proposent et mettent en oeuvre des moyens d'action pour concilier la conservation des forêts et la sauvegarde des sociétés pastorales. Loin des universités où Durkheim et ses disciples élaborent la sociologie abstraite, ces praticiens chercheurs, à l'épreuve des hommes et des faits, expérimentent une sociologie concrète préfigurant par bien des aspects les pratiques actuelles d'économie sociale.
Cet ouvrage souligne le caractère à la fois paradoxal et multiple de la relation des hommes au désert. Celle-ci ne saurait être unique, elle n'est pas la même selon la géographie (il y a des déserts chauds et des déserts froids par exemple), le " génie des lieux ", les hommes (selon qu'ils sont gens du désert, voyageurs, touristes, nationaux ou étrangers) ou les cultures en présence. Mais ces singularités ne sauraient nous faire oublier l'existence de figures ou motifs idéaux-typiques caractérisant l'expérience du désert dont la signification, le sens et la place varient selon le contexte historique. Le désert comme lieu du divin et du sacré et du monothéisme est sans doute l'une des modalités les plus partagées de l'imaginaire collectif. L'avènement de l'environnement et la prise de conscience de la biodiversité redéfinissent le statut et la place du désert au sein de la planète terre. Plutôt que de la détruire et de la domestiquer, il revient à l'homme d'en comprendre les enjeux environnementaux, en préservant un lieu relevant à la fois du vivant et du sacré.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...