L'Orient postcolonial. Sur la provincialisation de l'Europe et la théorie postcoloniale
Kaiwar Vasant ; Labica Thierry
SYLLEPSE
26,00 €
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EAN :9782849503645
Cet ouvrage se propose d?être à la fois une intervention dans l?historiographie de l?Inde coloniale et postcoloniale et une contribution à la critique de la théorie postcoloniale. On voit ainsi l?orientalisme et les catégories raciales de l?expansion européenne venir fournir le matériau discursif et politique de modernismes coloniaux tiraillés entre appropriation et rejet, " race ", " Orient " et " nation " étant à la fois trop vastes pour que l?on puisse s?y soustraire et trop distendus pour saturer les termes de leur remise en oeuvre particulière. En d?autres termes, si " l?Orient " fut créé par l?Occident, il fut aussi le produit de logiques d?auto-orientalisation et d?auto-exotisation. Il s?agit pour l?auteur de faire apparaître les affinités existantes entre l?orientalisme romantique de la fin du 18e siècle au début du 19e siècle, les études subalternes depuis leurs origines et la théorie postcoloniale comme forme de production intellectuelle expatriée dans l?université métropolitaine. Dans ce cadre général temporel et spatial, ce travail aborde les enjeux de la " provincialisation de l?Europe ", des modernités alternatives et hybrides ainsi que la place particulière de ces discours dans la compréhension d?une histoire de notre présent. Il s?agit d?aborder la question de la modernité dans la perspective de la géographie inégale issue de la généralisation des rapports capitalistes. L?ouvrage se répartit en trois sections. La première s?intéresse aux différents moments et aux conditions historiques de la pensée postcoloniale. L?analyse porte sur ce que l?on peut décrire comme la pensée postcoloniale en Inde et dans ce cadre, sur l?horizon politique et théorique sur lequel le postcolonialisme inspiré des études subalternes a défini cette histoire et ses propres positions. La deuxième propose une lecture critique des deux ouvrages majeurs (Provincialiser l?Europe de Dipesh Chakrabarty, et Dominance Without Hegemony de Ranajit Guha) qui couvrent tout l?éventail de questions devenues centrales dans la transition des études subalternes au postcolonialisme. Enfin, la troisième section aborde le problème la place ambivalente occupée par la référence au marxisme chez ces mêmes théoriciens postcoloniaux, à travers leur usage des concepts de capital, de travail et d?hégémonie, entre autres. Orient, race et nation, sont autant de catégories classificatoires face à une modernité du capital qui, dans son mouvement d?universalisation, met en révolution constante les moyens de productions existants, les espaces et ordres sociaux, qu?ils soient hérités, ou qu?il les ait lui-même produits pour ses propres besoins temporaires. Soyons certain que ce recueil, le premier de son auteur à être proposé aux lecteurs francophones, sera du plus vif intérêt pour ceux qui, au-delà du vaste champ des études postcoloniales anglo-saxonnes (peu disponibles en français), auront eu l?occasion de réfléchir avec Balibar et Wallerstein, Race, nation, classe (1988), Benedict Anderson, Imagined Communities (1983) et Edward Saïd, L?Orientalisme (1980).
Nombre de pages
220
Date de parution
31/01/2013
Poids
259g
Largeur
150mm
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EAN
9782849503645
Titre
L'Orient postcolonial. Sur la provincialisation de l'Europe et la théorie postcoloniale
Auteur
Kaiwar Vasant ; Labica Thierry
Editeur
SYLLEPSE
Largeur
150
Poids
259
Date de parution
20130131
Nombre de pages
220,00 €
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Présentation de l'éditeur Petite, Sugan Kanwar adore passer ses vacances dans son village natal, au coeur du désert qui entoure sa ville fortifiée de Jaisalmer au Rajasthan. Au fil des ans, elle s'étonne de n'avoir aucune autre petite fille pour jouer avec elle. "Les femmes n'accouchent que de garçons au village, c'est à cause de l'eau de notre puits", lui explique sa grand-mère. C'est lors d'un mariage que Sugan apprend par hasard la vérité : dans sa caste hindoue, on ne "garde pas les filles". Elles sont tuées par leurs propres mères, peu après l'accouchement, et enterrées dans l'enceinte des maisons, une tradition qui se poursuit dans l'indifférence générale. Sugan comprend alors qu'elle est une exception : son père a pris la décision de la "garder". Elle prouvera à tout le village qu'il a eu raison. Un témoignage bouleversant qui lève le voile sur le drame de l'infanticide en Inde.
Dans le contexte d'une Inde en transition entre le dominion britannique et la plus grande démocratie du monde, la Maharani Gayatri Devi, épouse du Maharaja de Jaipur, femme de caractère à la beauté légendaire, sort de l'univers fermé des cours royales de l'Inde pour raconter l'histoire séduisante d'une vie princière et, parallèlement, d'une étape importante dans l'histoire de son immense pays. En partant de son enfance en Inde jusqu'aux études en Europe, en passant par son mariage avec le Maharaja de Jaipur et de l'époque tumultueuse de l'Indépendance de l'Inde, en 1947, et au-delà, jusqu'à nos jours, les pages de ce livre, font revivre une histoire si passionnante qu'elle peut paraître imaginaire. Elue par Vogue parmi les dix plus belles femmes du monde, Gayatri Devi n'a pas tardé à séduire l'Occident, conquérant avec une aisance naturelle le monde difficile de la jet set internationale, tout en révélant une personnalité profondément humaine. On découvre ainsi les gestes d'une femme qui, en plus de pratiquer des sports comme l'équitation et la chasse à dos d'éléphant, s'est engagée dans la politique et a obtenu la plus grande adhésion populaire de l'histoire. Elle a fondé la première école publique pour filles officiellement acceptée en Inde et elle s'est consacrée à la restauration de la splendide ville de Jaipur. Voilà en bref le contenu d'un livre fascinant, qui couvre presque un siècle d'Histoire, du début du XXe siècle à nos jours. Enrichi d'illustrations d'époque, de memorabilia et de fac-similés de lettres, il scande la vie de cette femme hors du commun, qui continuera à influencer l'histoire de l'Inde.
Devenues l'un des outils principaux pour gérer les crises complexes qui menacent la sécurité internationale, les opérations de maintien de la paix des Nations Unies ont su et dû s'adapter aux nouvelles réalités stratégiques et géopolitiques de la nouvelle ère malgré le déclin de la participation de la communauté internationale, avec plus de 130 000 personnes déployées entre troupes, civils et policiers, - l'ONU compte aujourd'hui plus de troupes qu'aucun autre acteur dans le monde à l'exception des Etats-Unis - soit plus que la France, la Chine, la Russie et le Royaume-Uni réunis. La mission de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo, en est un exemple saillant. Chargée à ses débuts d'observer la trêve, puis le cessez-le-feu, elle n'a cessé d'évoluer pour devenir la plus grande opération multidimensionnelle que compte actuellement l'ONU. De surcroît, elle oeuvre à la consolidation de tout ce qui touche que ce soit de près ou de loin à la trinité Gouvernement-Armée-Population.
Ayoub Kaïdar ; El Sheikh Yahia Mohi Eldine ; Raimb
Gigantesque, complexe à la fois historiquement et stratégiquement, le Darfour a été longtemps au centre d'un lot d'affrontements traditionnels et d'interminables conflits internes. Il est crucial que le regard porté sur cette région soit plus global que l'angle exclusivement humanitaire, pour en appréhender toute la complexité : des négociations de paix qui piétinent et une partition Nord-Sud qui ne s'opère pas comme elle l'aurait dû.
A travers les voix et les récits de survivants et de témoins, de militants des droits de l'homme, d'acteurs judiciaires, de journalistes et d'historiens, Francesca Lessa lève le voile sur les secrets de la répression transnationale mise en place par les dictatures sud-américaines entre 1969 et 1981. Mettant en place une coordination répressive inédite connue sous le nom de plan Condor, les services secrets du Chili, de l'Argentine, de la Bolivie, du Brésil, du Paraguay et de l'Uruguay, avec le soutien des Etats-Unis, lancent une campagne de lutte contre la "subversion" . Les dictatures militaires alors en place en Amérique latine envoient des agents secrets poursuivre et assassiner les dissidents politiques jusqu'en Europe (France, Italie, Portugal, Espagne...) et aux Etats-Unis. Les forces militaires et policières, légales et extra-légales, de ces dictatures vont enlever, torturer et assassiner des centaines d'hommes et de femmes. Le plan Condor est le fil conducteur des dictatures sud-américaines qui firent des dizaines de milliers de morts, et plus encore de torturés, d'emprisonnés, d'exilés. Au cours de ces années, l'Amérique du Sud devint une zone de terreur généralisée et d'impunité pour ceux qui perpétuaient la violence. Dans ce livre, Francesca Lessa montre également comment des réseaux d'individus en quête de justice se sont progressivement matérialisés et ont réussi à transcender les frontières nationales pour obtenir justice pour les victimes de ces horreurs. S'appuyant sur un travail de terrain approfondi, des recherches dans les archives, des observations de procès et plus d'une centaine d'entretiens, Le plan Condor en procès explore le passé et le présent de l'Amérique du Sud. Ce livre met en lumière les luttes actuelles pour la justice, alors que les sociétés de la région sont confrontées à l'héritage des atrocités commises.
Au travail, et dans la joie s'il vous plaît, sous l'emprise des technologies de communication et surveillance, il faut désormais être à disposition de l'employeur 24 heures sur 24, sept jours sur sept et même lors de ses congés. A contrario de cette réalité, s'enchaînent les discours patronaux et étatiques présentant la vie quotidienne comme de moins en moins contrainte par le temps de travail. Loin de cette arnaque, ce livre explore comment, depuis 1968, s'est déployé un processus d'intrusion du travail capitalistique dans notre quotidien. Associé aux pratiques managériales, qui font de l'urgence la norme dans l'organisation du travail, le travail totalitaire engloutit la moindre parcelle de liberté de notre temps. Il s'accapare notre intimité jusque dans l'offre et la consommation de loisirs planifiés et minutés. Il fait de nous des "esclaves modernes". "Le travail totalitaire" explique en quoi la bataille pour l'émancipation ne peut plus se satisfaire de la seule réduction quotidienne du temps de travail. Une critique radicale de la vie quotidienne devient ainsi une condition indispensable pour qu'advienne une société démocratique.
L'Ukraine et Gaza ont abruptement remis la guerre au centre des agendas occidentaux. La médiatisation au Nord de ces deux affrontements ne doit cependant pas occulter la permanence, la multiplicité et l'intensité des conflits armés au Sud. Du Soudan à la Birmanie, en passant par le Yémen, les conflits entre Etats ne cessent de se multiplier. Auxquels il faut ajouter les guerres "transversales" déclarées au terrorisme, au narcotrafic, aux gangs. Dans un contexte d'insécurité et de violences - à la fois réelles et perçues -, la militarisation de la politique semble s'affirmer. Les prérogatives des armées s'étendent, des militaires accèdent - par la voie légale ou par un coup d'Etat - au pouvoir, tandis que nombre de gouvernants surenchérissent sur le virilisme et la manière forte, dans une sorte de populisme punitif. Ces conflits montrent également que les instruments de la guerre ne sont plus seulement les divers armements "classiques" aussi sophistiqués soient-ils mais aussi l'eau, les céréales, les enfants et bien entendu les outils de communication. Marqueur d'une délégitimation de la démocratie, cette hybridation politico-militaire oppose les prétendues vertus de forces armées morales, efficaces et nationalistes à des gouvernements peu représentatifs, incapables et corrompus. Elle tend, ainsi, à brutaliser les rapports sociaux, à naturaliser la violence étatique et à banaliser les états d'exception, mettant à mal le contrôle des institutions, la défense des droits et la protestation sociale. Un ouvrage qui fait le point sur les guerres "locales" au Sud qui pourraient bien embraser le monde.
Y a-t-il un intérêt à rendre compte, en 2024, de l'expérience de femmes qui ont fui l'Espagne au moment de la victoire de Franco en 1939 ? C'est à travers des récits de vie, des trajectoires de trois femmes, que ce livre entend contribuer à une compréhension toujours à renouveler du fascisme, des résistances au quotidien, des processus de violence. Ainsi, la première partie du livre met en perspective les récits en posant un cadre historique. La deuxième présente le témoignage de trois femmes espagnoles qui avaient refusé la victoire du général Franco en 1939 et s'étaient réfugiées en France en l'absence de leur mari. Cette séparation était due au fait que la frontière entre la France et l'Espagne avait été ouverte aux civils et aux blessés à partir du 27 janvier 1939, alors qu'elle était restée fermée aux soldats de l'armée républicaine espagnole jusqu'au 5 février 1939. Les trois narratrices, qui ont accepté de raconter leur vie à l'auteure, 50 ans après la défaite républicaine, étaient issues de familles dont les hommes avaient été des militants ou des sympathisants de partis politiques opposés au coup d'Etat nationaliste. Leur enfance et leur adolescence se sont passées à Barcelone, avec son lot de conflits sociaux et de répression. Leurs témoignages montrent comment des ouvrières ou des mères de famille des quartiers ouvriers se sont senties concernées par les idées nouvelles et par les changements politiques intervenus dès leur jeunesse. L'imprégnation politique émanant du milieu familial et de la vie de quartier alimente le sentiment d'appartenir à une classe sociale qui lutte pour améliorer ses conditions de vie. Dès lors, les femmes n'hésitent pas à intervenir à leur manière dans leur quartier. Ce sont les petits gestes de solidarité ou de rejet, les échanges verbaux dans les magasins, les coopératives d'alimentation, les lavoirs publics ou le récit de leurs loisirs dans les centres communautaires, qui révèlent la constitution d'un espace politique qui ne s'exprime que lors d'événements particulièrement importants comme les grèves, la célébration de l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement républicain, la guerre ou l'exil. Pour ces trois femmes, leur décision de quitter l'Espagne représente leur fidélité idéologique à leur condition de femmes du peuple, en même temps qu'elles se sont montrées solidaires des choix politiques de leur famille, de leur milieu social et de leurs époux impliqués dans la guerre civile.