Mais ce que nous appelons conscience est précisément comme une infraction, une divine infraction à cet ordre de l'animalité. Ainsi vivre, pour l'homme, c'est faire l'épreuve de la question qui lui vient du monde. Qu'est-ce que c'est, pour toi, être ceci ou cela, ce qui veut dire : que signifie de pouvoir l'être ? Comment répondrais-tu dans telle ou telle situation ? Personne ne répondra pour toi, et toi, tu ne répondrais pour personne d'autre : à cet autre, tu feras legs de la question. Ce que dit Socrate, ce qui aura ainsi été dit pour toujours : " Connais-toi toi-même ! " (pp. 55-56) Ce livre, dont on n'attendra pas quelque nouvelle extraordinaire à propos de ce penseur qui n'a pas écrit et ne fut donc pas un auteur, tente de rappeler ce que pourrait être la leçon de Socrate, pour aujourd'hui, et peut-être encore pour demain, il faut, en tout cas, l'espérer. Cette leçon est une définition de l'homme. Le premier point est que l'existence est cette définition. Le deuxième est que, de l'existence, il n'y a pas le savoir : pas d'existant compétent, c'est, dans Platon, l'invariant des dialogues dits socratiques. Cela se dit comme la vérité de l'existence - et il n'y a pas d'autre vérité. Socrate, puisqu'il sait seulement cela : qu'il ne sait rien - est le patron des existants. Heidegger parlait de Socrate comme du penseur le plus pur. La singularité Socrate était donc pour Heidegger, la pureté incomparable de la pensée Socrate. Sans doute parce que, n'ayant pas laissé de livre, il se soustrayait à l'ordre commun de la corruption littéraire ; mais d'autant plus exposé qu'ainsi soustrait. Exemplairement, le texte de Platon est une exposition de Socrate. Pour nous, Socrate est donc un signe. Sous le signe de Socrate, nous reconnaissons notre tâche comme celle de penser à nouveau l'existence.
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Nombre de pages
257
Date de parution
18/12/2009
Poids
285g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782296108318
Titre
La leçon de Socrate (définition de l'homme)
Auteur
Jouard Jean-Pierre Emmanuel
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
285
Date de parution
20091218
Nombre de pages
257,00 €
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Or il arrive ceci en ce bas monde que les hommes sont des enfants perdus, comme les enfants perdus de Peter Pan. Fond panique de l'existence. Ils sont de tels enfants perdus à la mesure exacte de leur ignorance. Adam au paradis, il ne sait rien du monde, le monde est pour lui un jardin, mais le monde n'est pas du tout un jardin... Sauf en rêve, et quel rêve ! Adam triste au paradis, faible, ignorant de lui-même et des choses, balloté par les passions, dépendant des circonstances, du hasard des rencontres. " La philosophie aurait-elle un sens quelconque si elle ne se produisait pas comme une proposition pour la pensée ? La question est celle qu'a su dire Kant, la question critique : " Qu'est-ce que s'orienter dans la pensée ? " Nous ajoutons : et dans l'existence. Car l'existence est le point critique, si le monde n'est pas rien que le jardin de nos inexistences. Cela vaut de l'invention philosophique aussi bien que de son enseignement. C'est pourquoi ces leçons (de philosophie politique et morale) font voisiner Aristote, Descartes, Spinoza ou Leibniz et Derrida, Deleuze, Foucault ou Badiou : la tradition, indispensable, et les propositions les plus neuves, les plus exigeantes, de notre temps. C'est pourquoi aussi elles trouvent leur départ dans la méditation platonicienne de l'apparence, que concentre la fable de Gygès, le drame inaugural du premier grand livre de la philosophie : La République.
Rédigées dans les années 1936-1938, soit trois ans après l'échec de l'engagement politique du rectorat et neuf ans après la publication du Traité Etre et Temps, non publiées du vivant de leur auteur, les Contributions à la philosophie se présentent comme une suite de fugues, que précède un foudroyant avant-propos et suit une longue "récapitulation" éclairant ce que Heidegger désigne comme "l'intitulé public" (le titre "approprié" étant plutôt le sous-titre : De l'événement). Parce que "être rendu compréhensible ramène tout de force dans l'horizon de la représentation traditionnelle... se rendre compréhensible est le suicide de la philosophie" (259). Une philosophie toujours met en question ce qui est reconnu, suivant la "tradition", comme "allant de soi", et ainsi, donne à penser. En un sens du penser que précisent les Contributions : penser, ce n'est pas une activité combinatoire, en bref un calcul, ce n'est pas davantage un "processus psychologique" en lui-même inintelligible. Penser signifie répondre à l'événement qu'est l'Etre - ou la vérité de l'Etre. Autrement dit : questionner sérieusement, là où nous en sommes. Mais c'est toute l'oeuvre de Heidegger qui tente de dire (de questionner) ce "là où nous en sommes" (le mot de Heidegger est : Dasein). En ce sens, les Contributions sont au coeur de l'oeuvre de Heidegger. Ce questionnement s'appelle ici la passion de la pensée : cette épreuve, l'unique épreuve, où se joue la relation des hommes et de leurs dieux, portée dans la dernière fugue à son épure par l'expression difficile du "Dieu ultime".
Comme Rousseau, dans son deuxième Discours, "écartait tous les faits" car, disait-il, "ils ne touchent pas à la question" , nous laissons tous les livres du marxisme, qui ne touchent pas davantage à la question : les livres sur Marx appartiennent à la bibliothèque des sciences humaines ou de l'histoire des idées politiques. Notre question est celle de l'événement de la pensée de Marx. Deux choses nous arrivent avec Marx : 1) cette pensée sait devoir répondre à la question de la détresse prolétarienne, que Marx comprend comme la détresse du monde ; 2) son questionnement de l'Etre se conçoit comme praxis et engage une mutation radicale de celui qui questionne. La même exigence d'une praxis de la pensée portera le questionnement par Heidegger de l'existence humaine, de la détresse de l'Etre. Si un recommencement de la pensée est possible, qui signifie un recommencement du monde lui-même, c'est, selon nous, par le croisement de Marx et de Heidegger.
Le monde des idéologies est derrière nous. Qui pourrait aujourd'hui croire sérieusement aux sombres divagations des nationalismes ou des socialismes du dix-neuvième siècle et du vingtième ? Les hommes de ces temps-là croyaient pouvoir se délivrer des idéologies par la science et une politique qui trouverait son orientation et sa caution dans les sciences, naturelles et humaines (psychologie, biologie, etc.). Ainsi s'est mis en place le dispositif de l'idéo-logique, suivant lequel il n'est de vérité que scientifique. Quant aux questions de la politique, elles seraient celles de la gestion des problèmes, que l'on imagine pouvoir confier aux experts. Cette idolâtrie de la science et la réduction de la question politique à une problématique gestionnaire sont les deux traits saillants d'un monde livré au déploiement de la Puissance, dans les deux figures de la puissance du Capital et de la puissance de la Technique. Ce monde "marxiste" n'est plus le monde bourgeois de la lutte des classes, avec ses idéologies, il est celui des masses humaines entièrement soumises à l'Idéo-logique de la Puissance.
Pourquoi n'ai-je plus de désir alors que je l'aime toujours ? Pourquoi le désir s'épuise-t-il ? Quelles sont les conséquences pour notre couple ? Comment se retrouver ? Perçue comme indispensable à l'équilibre du couple, la sexualité y occupe pourtant une place mal estimée. Les couples qui pratiquent des activités sexuelles sans désir réciproque, "pour faire plaisir ou pour rassurer", finissent paradoxalement par malmener leur lien. Le désir s'épuise et l'expression de la tendresse s'amenuise. Une distance émotionnelle se forme en semant te doute sur ta stabilité du couple. Ce processus de désengagement intime se nomme te burn-out sexuel. Ce livre fait le point sur tes attentes psychologiques, relationnelles, culturelles et sociales qui pèsent sur la sexualité des couples. A partir de témoignages et d'une analyse systémique de l'intimité des couples, la sexualité peut être redéfinie comme le fruit d'une relation réinvestie et non plus comme une ressource acquise et inépuisable. Libérés des contraintes du désir à tout prix, tes couples peuvent retisser un lien apaisé et à nouveau propice aux plaisirs d'être ensemble.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Un manuel de terrain, précis et complet! Trois années de formation en soins palliatifs suivie par plus de 650 médecins généralistes ainsi que l'expérience partagée de nombreux experts et collaborateurs permettent à ce livre d'aborder les principaux problèmes liés à l'accompagnement des patients en fin de vie, que ce soit à domicile ou dans différents services hospitaliers. Dans la première partie, résolument pédagogique, les auteurs analysent de manière concrète et détaillée les symptômes les plus fréquents. Pour chacun d'entre eux, ils développent une démarche diagnostique, une stratégie d'intervention, des conseils pour une écoute active et des repères pour une réflexion éthique. La seconde partie complète la première en approfondissant certaines compétences techniques mais aussi relationnelles et éthiques: exigences de l'interdisciplinarité, écoute de soi-même comme préalable à l'écoute de l'autre, accompagnement des proches, travail de deuil, grilles d'aide à la décision en éthique clinique... Les compétences dont il est question dans ce livre répondent ainsi aux exigences d'une formation en soins palliatifs pour tous les intervenants de terrain.
Enfin un livre qui présente la langue et la culture ukrainiennes. Certes, l'ukrainien est une langue slave écrite avec l'alphabet cyrillique, mais les différences avec le russe sont nombreuses et l'intercompréhension n'est pas spontanément possible entre locuteurs des deux langues. Cet ouvrage présente aussi bien un rappel de l'histoire de l'Ukraine que des caractéristiques de la grammaire de l'ukrainien, des éléments de conversation courante, des textes typiques de la culture ukrainienne et toutes les explications souhaitables sur les thèmes les plus divers de cette culture (noms de personnes et de lieux, instruments de musique, etc.). Quelques textes bilingues ainsi que des lexiques ukrainien-français et français-ukrainien complètent cet ouvrage.