Portée par une histoire mouvementée, la notion d'historisme ("Historismus"), usuellement nommé "historicisme" , n'a cessé d'être au coeur des controverses. Concept polémique, mot d'ordre ou invective, l'historisme constitue assurément une voie d'entrée privilégiée pour étudier les bouleversements entraînés par la réflexivité nouvelle qui affecte en profondeur la philosophie et, plus généralement, les sciences humaines depuis deux siècles. Démystifiant par l'historicisation qu'il entraîne, générant maintes résistances, débats et querelles, il constitue un phénomène incontournable de la modernité, jusqu'à la fameuse "crise de l'historisme" à l'orée du XXe siècle. En retraçant l'histoire de ce concept, de son émergence à ses différents transferts - en jurisprudence (école historique du droit), histoire (Ranke, Droysen, Burckhardt, Meinecke), théologie (Tillich, Gogarten, Bultmann, Troeltsch), économie (Schmoller, Weber), sociologie (Mannheim) - cet ouvrage nous introduit, pas à pas, au coeur de cette généalogie, en faisant la part belle à sa réception philosophique, de Nietzsche, Dilthey à Husserl, en passant par le néo-kantisme (Windelband, Simmel, Rickert). L'enjeu est ici, en démêlant les fils de cette histoire, d'éclairer un pan encore trop peu connu de l'histoire intellectuelle allemande, indissolublement lié au déploiement de la pensée historique.
Date de parution
04/09/2013
Poids
740g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782745324528
Titre
L'HISTORISME EN QUESTION.
Auteur
JOLLIVET SERVANNE
Editeur
CHAMPION
Largeur
155
Poids
740
Date de parution
20130904
Disponibilité
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Si Être et Temps a pu, à sa parution, sembler d'une nouveauté « inouïe », le premier parcours du jeune Heidegger laisse entrevoir, partie pour ainsi dire cachée de l'iceberg, l'étendue du travail en amont qui sous-tend sa genèse. Outre l'éclairage qu'il peut apporter au reste de l'oeuvre, en découvrant certaines sources et filiations qui ont contribué à l'émergence du questionnement sur l'être, il témoigne avant tout de la singularité du projet mis en oeuvre dans ces années-là, avant qu'il ne soit lui-même infléchi, voire éclipsé par l'ouvrage de 1927. Au fil du sens et de l'histoire, c'est ce cheminement que cet ouvrage retrace afin d'éclairer les deux pendants, herméneutique et destructif, d'une pensée qui, loin dêtre linéaire ou monolithique, ne se déploie d'emblée qu'en constant dialogue avec ses prédécesseurs et contemporains.
Cet ouvrage revient sur les trajectoires intellectuelles de trois penseurs grecs ayant fui la Grèce à bord du Mataroa à la fin de la Seconde Guerre mondiale : Kostas Axelos, Cornelius Castoriadis et Kostas Papaïoannou. Transfert culturel à double titre, qui fut rendu possible grâce au soutien de l'Institut français d'Athènes qui souhaitait attirer ces intellectuels dissidents en France, et en raison du rôle de premier plan qu'ils ont ensuite joué au sein du paysage intellectuel français, cette migration éclaire de manière décisive un pan de notre histoire intellectuelle européenne. Ce livre décrit le contexte de leur exil ainsi que l'originalité de leur parcours respectif dans la France de l'après-guerre, à travers leur critique du marxisme et leur réflexion sur le devenir des sociétés occidentales.
L'Exil est la patrie de la pensée regroupe un ensemble de textes inédits ou introuvables de Kostas Axelos. Prolongeant ses derniers livres (Réponses énigmatiques, Minuit, 2005 ; En quête de l'impensé, Encre marine, 2012, posthume), il questionne la philosophie du XXe siècle et relit sous le signe de l'exil la vie et l'oeuvre du philosophe, éclairant d'un jour nouveau une pensée singulière. On trouvera également dans ce recueil des contributions philosophiques majeures sur Axelos (P. Fougeyrollas, F. Dastur, S. Jollivet, L. Couloubaritsis), ainsi que de nombreux témoignages, dessins et photographies.
Pionnier et acteur majeur des grands débats historiographiques en Allemagne depuis les années 1960, membre fondateur de "l'école de Bielefeld", Reinhart Koselleck est sans conteste l'un des historiens les plus importants de sa génération. De ses recherches sur la Sattelzeit, période charnière qui voit basculer la modernité au tournant de la fin du XVIIIe siècle, au projet colossal du dictionnaire des Concepts historiques fondamentaux, qu'il lance avec Werner Conze et Otto Brunner à la fin des années 1960, jusqu'aux recherches plus récentes sur l'iconologie politique et les monuments aux morts, ses travaux ont marqué et renouvelé en profondeur le champ historiographique. Si certains aspects de son oeuvre sont plus connus, notamment son pendant théorique sous l'effet de sa réception par certains historiens et philosophes, tels François Hartog ou encore Paul Ricoeur, cette réception en France n'en reste pas moins encore relativement tronquée. Les articles rassemblées dans ce volume se donnent pour tâche d'éclairer certains pans moins connus de son oeuvre, notamment à la lumière des débats historiographiques et philosophiques de son époque et des dialogues engagés avec certains contemporains, tels Gadamer, Löwith, Ricoeur ou encore Blumenberg. Sans viser à l'exhaustivité, l'idée est ici de contribuer à élargir le spectre de sa réception et à mieux faire connaître cette oeuvre, pour le moins complexe et polymorphe, au public français.