La présence tentaculaire du faux affecte la presque totalité des activités humaines et spécialement le domaine de l'art pictural. Mais si les faussaires en peinture restent de constants sujets de curiosité, leurs points de vue individuels sont insuffisamment cités et mis en perspective les uns avec les autres. Le choix arrêté ici a donc consisté à les croiser pour les penser ensemble, afin de restituer les représentations que les faussaires ont de leur pratique et de ses effets sur l'art, ou leur personne. L'attention a notamment porté sur leur façon d'élaborer un imaginaire propre à crédibiliser l'origine de leurs toiles, de se prévaloir d'une forme de réceptivité agie et de faire de l'invisibilité la mesure de leur excellence. Devenue en elle-même performance artistique, cette recherche d'invisibilité pour se penser en connivence avec des maîtres dont ils entendent s'approprier le talent, inspire le rapprochement avec la notion de «â??personne diffuseâ??» en vigueur dans des sociétés extra-occidentales. Monique Jeudy-Ballini, anthropologue CNRS et membre du Laboratoire d'anthropologie sociale au Collège de France, a mené des recherches en Papouasie-Nouvelle-Guinée et dans l'industrie française du luxe. Elle a ensuite étudié les processus transculturels de réception et de réappropriations esthétiques chez les collectionneurs d'art premier et les artistes contemporains.
Nombre de pages
190
Date de parution
24/03/2026
Poids
270g
Largeur
140mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9788869765117
ISBN
8869765113
Auteur
Jeudy-Ballini Monique
Editeur
MIMESIS
Largeur
140
Date de parution
20260324
Nombre de pages
190,00 €
Disponibilité
Sur commande en 4-6 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Chez les Sulka de Nouvelle-Bretagne (Papouasie Nouvelle-Guinée), la part des échanges dans les pratiques cérémonielles est si fondamentale que ces dernières, dans certains cas, peuvent se résumer à ces seuls échanges et la vie rituelle apparaître comme une suite ininterrompue de transferts alternatifs de biens. Si les liens de solidarité revêtent une importance indiscutable dans le fonctionnement des échanges, peu de travaux ethnologiques en ont cependant fait l'objet d'une réflexion en soi. Le sens de cet ouvrage est précisément de remédier à ce manque. Les formes contrastées de l'entraide sulka s'y trouvent ainsi examinées de même que les représentations dont elles se soutiennent concernant notamment la distinction primordiale entre ce qui vient d'ailleurs et "ce qui vient de soi", la manière de penser ensemble inceste et interdits alimentaires ou encore les notions de dette et de contrainte. L'analyse montre comment l'affiliation à un groupe de coopération opère de façon changeante à chaque occasion cérémonielle, au gré des opportunités ou des stratégies individuelles. En concentrant son approche sur les difficultés concrètes des procédures rituelles et sur leur dimension émotionnelle, l'auteur fait ressortir les hésitations des acteurs, leurs incertitudes concernant le mouvement des prestations, l'hétérogénéité des choix possibles, les interférences avec d'autres réseaux d'allégeance, les conflits de loyalisme, les ruses, les dissimulations, la honte, l'humiliation liée au refus de recevoir et la coercition inhérente aux comportements de solidarité. Monique Jeudy-Ballini met ainsi au jour les ambivalences qui font des échanges, en même temps qu'un art difficile, un mode particulier d'exercice de la force. Entre protagonistes, en effet, les tensions entourant la circulation des biens révèlent le carcan des obligations dans cette culture qui valorise l'assujettissement par le "don" comme le propre du lien social. Biographie de l'auteur Ethnologue océaniste, chercheur au CNRS et membre du Laboratoire d'anthropologie sociale (Collège de France, Paris), Monique Jeudy-Ballini poursuit actuellement des recherches dans le domaine de l'anthropologie de l'art.
Les recherches anthropologiques que Maurice Godelier effectua de longues années chez les Baruya de Nouvelle-Guinée ont généré une oeuvre abondante dont l'importance se mesure à la fécondité de ses avancées théoriques, à la richesse des travaux qu'elle a impulsés, et à la haute reconnaissance scientifique internationale qu'elle vaut à son auteur. Ce volume réunit des chercheurs en anthropologie, archéologie, histoire et histoire de l'art. Leurs textes constituent autant d'émanations de ses amitiés intellectuelles et lui sont dédiés, comme un rappel de ses problématiques familières ou un hommage à son insatiable désir de découverte. A travers leur diversité, ils expriment ici la force d'une pensée interdisciplinaire, réflexive et critique illustrant ce dont Maurice Godelier ne cesse de se faire le défenseur militant : la nécessité irremplaçable des sciences humaines et sociales dans la compréhension du monde et de soi.
Cet ouvrage regroupe les textes de 18 étudiants des Beaux-Arts de Paris en Anthropologie sous la direction de leur deux professeurs Maurice Godelier et Monique Jeudy-Ballini. Beaucoup des enquêtes réalisées par les étudiants se sont révélées d'une grande richesse il a fallu en faire une sélection présentée dans cet ouvrage. Les liens entre art contemporain et anthropologie avec le "tournant ethnographique" trouve un prolongement à travers l'enseignement de l'anthropologie aux Beaux-Arts de Paris.
La question « qui suis-je ? » occulte souvent celle de savoir quelle place occupe l'autre dans le processus d'édification de l'identité personnelle. L'autre n'est sans doute pas absent des discours portant sur l'identité et le sujet, mais il est le plus souvent envisagé comme un élément extérieur gravitant autour d'un Moi considéré comme un centre de référence. Or l'autre n'est pas toujours celui qui me fait face, il est bien plus souvent celui qui me fait être. C'est notamment le cas quand l'autre est un modèle, que je le choisisse (figure d'exemple), ou qu'il soit socialement construit et imposé (figure d'exemplarité). L'autre, par qui je deviens celui que je suis, se manifeste donc comme une source féconde de construction de soi.
Dans Le film qui m'est resté en mémoire, Victor Burgin s'intéresse aux souvenirs fragmentaires de films qui traversent fugacement nos pensées, se mélangeant par la suite aux souvenirs d'autres films ou d'événements réels. Constituées, pour l'essentiel, de perceptions et de souvenirs, de telles « images-séquences » n'ont pas été étudiées par la théorie du cinéma ou de la photographie. Nous conduisant des écrits de Roland Barthes à La Jetée de Chris Marker, et en s'appuyant sur les apports de la psychanalyse, l'auteur nous invite à réfléchir sur les enjeux et les usages de nos souvenirs fragmentaires de films.
Louis Althusser est l'initiateur d'une ambitieuse tentative de relecture de l'oeuvre de Marx et de redéfinition du matérialisme historique, afin de déterminer une stratégie révolutionnaire et d'orienter les organisations de lutte de classe. Loin de se limiter à étudier Althusser comme le témoin critique d'une histoire révolue - celle de la crise du mouvement communiste international - cet ouvrage présente des publications posthumes, des textes inédits et des écrits de collaborateurs - Etienne Balibar, Nicos Poulantzas, Jacques Rancière, Alain Badiou, Christian Baudelot et Roger Establet - qui reflètent l'effervescence intellectuelle d'une époque de grande créativité théorique de la pensée française. Car l'intérêt du travail althussérien réside avant tout dans sa tentative de formuler un véritable programme de recherches collectives. Un ouvrage pour redécouvrir un penseur qui pourrait influencer la pratique politique aujourd'hui encore.