L INCONSCIENT POLITIQUE LE RECIT COMME ACTE SOCIALEMENT SYMBOLIQUE
JAMESON
THEORIQUES
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EAN :9782917131039
L'Inconscient politique est l'un des livres majeurs de la théorielittéraire et de la critique culturelle. Jameson y défend leprimat de l'interprétation politique de la littérature, dans uneopération de synthèse inédite: d'abord à l'intérieur de latradition marxiste, pour réarticuler l'historicisme de Lukàcs, lestructuralisme d'Althusser et l'utopisme de Bloch; puis au seindes études littéraires, pour y subsumer de façon organisée lesdifférentes méthodes disponibles dans la critique moderne ?le formalisme du New Criticism, la mythocritique de Frye, lasémiotique de Greimas et des poéticiens français, l'influencedes analyses structurales de Lévi-Strauss et de Lacan, et lepost-structuralisme de la French Theory. Le projet est ici deconstituer une herméneutique marxiste totalisante etcomposite, attentive à explorer les multiples modes selonlesquels les textes, et spécifiquement les récits, mettent en actedes dynamiques de figuration, de déplacement et derefoulement des contradictions réelles et historiques propresaux formations sociales dans lesquelles ils sont apparus. Pourcomprendre les opérations de cet «inconscient politique»,Jameson lit les récits comme des dispositifs complexes etdécentrés, des champs de force où s'affrontent des discoursnarratifs, génériques et politiques hétérogènes. Leur enjeu estle destin de la collectivité: ce sont des actes socialementsymboliques. Jameson s'attache plus particulièrement auroman du XIXe siècle et à sa trajectoire, du romanesque aumodernisme, dans les domaines français (de Stendhal auréalisme de Balzac) et anglais (de Gissing à Conrad). Au-delàd'une histoire du roman qui mettrait à l'épreuve sa "méthode"interprétative, L'Inconscient politique mène à bien uneentreprise de médiation théorique ambitieuse entre troisniveaux d'analyse souvent déconnectés par la fragmentationdisciplinaire: l'histoire des formes littéraires narratives et desfonctions qu'elles remplissent dans l'imaginaire social, laconstitution de la subjectivité bourgeoise, et l'étude desdifférents stades de développement du capitalisme.
Date de parution
06/02/2012
Poids
585g
Largeur
190mm
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EAN
9782917131039
Titre
L INCONSCIENT POLITIQUE LE RECIT COMME ACTE SOCIALEMENT SYMBOLIQUE
ISBN
2917131039
Auteur
JAMESON
Editeur
THEORIQUES
Largeur
190
Poids
585
Date de parution
20120206
Nombre de pages
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Comment représenter le capitalisme en tant que système ? Telle est la question à laquelle Marx apporte une réponse entièrement neuve, consistant à penser le capital comme une série d'"énigmes". A commencer par celle qui préside à sa naissance : comment l'argent peut-il engendrer de l'argent, se valoriser lui-même ? Le capitalisme n'est rien sans ce mouvement permanent, qui explique à la fois ses crises et sa résilience, puisqu'il résout ses contradictions en les projetant à un niveau spatiotemporel supérieur. Fredric Jameson propose ici une relecture du Capital pour notre époque marquée par une cascade de crises financières. La dernière en date n'a pas seulement suscité un regain d'intérêt pour le chef-d'oeuvre de Marx comme chaque mutation majeure du système capitaliste, elle l'a aussi transformé, en mettant l'accent sur le crédit, d'une part, et, d'autre part, sur l'impérialisme ou l'accumulation initiale. Cette conjoncture précise appelait une interprétation nouvelle. Au cours de sa reconstruction des paradoxes du capitalisme, Jameson avance une thèse apparemment scandaleuse : bien que l'intelligence politique de Marx soit incontestable, Le Capital n'est pas un livre politique. C'est un ouvrage purement économique, qui démontre pourquoi le capitalisme produit nécessairement du chômage et de la misère. Paradoxalement, c'est aussi cela qui fait sa force : il nous invite à comprendre la nature du capital et à imaginer ce que pourrait être la vie dans un autre mode de production.
Poursuivant son enquête critique sur la culture postmoderne, Fredric Jameson s'attache ici à montrer que le motif du complot est, dans l'imaginaire contemporain, un point de cristallisation des tensions paranoïaques qui agitent nos sociétés. A l'heure de la colonisation définitive de la vie sociale par la marchandise, l'impossibilité où nous nous trouvons de nous représenter le "capitalisme-monde" trouveson expression dans la forme paranoïde du complot. Les films de complot, où le détective se trouve pris au piège d'une machination sans sujet dont les ramifications paraissent se perdre à l'infini, ou encore dans un complot si total qu'il semble n'avoir plus de référent (et d'ailleurs, y a-t-il effectivement complot?), fonctionnent comme un analogon de notre cauchemar quotidien: ce système où l'on n'arrive jamais à en finir de rien, comme disait Deleuze à propos des sociétés de contrôle. Riche analyse filmique et contribution originale à la théorie politique, cet essai porte la "méthode" Jameson à son point d'intensité maximal.
Raymond Chandler, éblouissant styliste et peintre de la vie américaine, occupe une place unique dans l'histoire littéraire, à cheval sur les pulps et le modernisme. Avec Le Grand Sommeil, publié en 1939, il laisse une empreinte indélébile sur le genre policier. Fredric Jameson propose ici une interprétation de son oeuvre romanesque en reconstruisant la situation dans laquelle elle s'inscrit et le monde ou la totalité sociale qu'elle projette. Son cadre invariable, Los Angeles, apparaît à la fois comme un microcosme et une préfiguration de l'avenir des Etats-Unis : ville gigantesque, bâtie sur l'oubli de la nature, éclatée en une multitude de mondes privés, elle est seulement unifiée, pendant un bref instant, par la trajectoire de Marlowe, qui rend visite aux maîtres chanteurs comme aux riches héritières, aux misérables comme aux gangsters. Mais cette oeuvre par essence urbaine et spatiale semble aussi attirée vers un vide, une absence qui n'est autre que la mort. C'est la mort, en effet, qui nous livre la clef, et c'est en elle que va s'abolir l'ensemble du parcours chaotique qui a permis au détective de résoudre l'énigme. Avec Chandler, le polar devient un genre métaphysique.
Depuis la fin des années 1970, l'idée de totalitarisme a agi comme un interdit d'imaginer un avenir collectif désirable. Mais aujourd'hui, le capitalisme mondialisé touche à sa fin, discrédité par les crises environnementale, sociale et sanitaire. Le moment semble venu de faire un retour vers le futur. C'est ce que propose cet ouvrage, à partir de l'utopie et de la science-fiction. L'utopie est une forme littéraire, inventée par Thomas More en 1517, qui consiste à représenter une sorte d'enclave idéale, de monde séparé du monde. Mais il s'agit aussi, plus profondément, d'une aspiration au changement, d'un élan dont on retrouve la trace dans une multitude de textes ou de situations dépassant de loin le corpus des utopies positives. Fredric Jameson n'entend pas proposer une utopie nouvelle, mais relancer l'imagination utopique en éprouvant ses possibilités et ses limites. Si l'utopie rompt absolument avec le présent, si elle pose ce qui succède à cette rupture comme étant radicalement différent de ce que nous connaissons, la différence radicale devient impensable. Toutefois elle peut aussi - comme le fait la science-fiction - transformer le présent, faire de lui un passé et se présenter comme un message venu du futur. Elle nous arrache alors au désespoir d'une situation apparemment immuable et nous fait respirer un "air venu d'autres planètes" , dont nous avons le plus grand besoin.
Appartient-il au philosophe de fixer strictement la compréhension de notre concept d'art, ou doit-il limiter sa tâche à celle d'une clarification de ses usages? À cette question, les textes de Jean-Pierre Cometti réunis dans ce volume répondent en choisissant la voie d'une esthétique « minimale », qui renonce aux vertiges de l'ontologie et aux ambitions définitionnelles de la philosophie analytique de l'art, tout en prenant acte du caractère caduc des grands récits spéculatifs hérités de l'esthétique idéaliste ou des mirages de la déconstruction. Sa méthode consiste à localiser et éclairer les présupposés d'un « malentendu » persistant, dont l'origine est située dans la logique des conceptions esthétiques qui séparent les oeuvres d'art de la trame sédimentée et complexe de l'expérience, et tendent à faire de l'art un domaine autonome, comme magiquement institué en dehors de nos formes de vie. Qu'il prenne pour cible l'intellectualisme abstrait du jugement de goût kantien, l'historicisme hégélien de Danto ou celui de Jerrold Levinson, la tendance à la réification de propriétés esthétiques, le fétichisme et le cynisme de l'art contemporain et de son marché, ou les confusions entre discours philosophique et discours critique, Jean-Pierre Cometti élabore ici un néopragmatisme radical inspiré à la fois par John Dewey, Richard Rorty, le fonctionnalisme de Nelson Goodman et la philosophie des jeux de langage du second Wittgenstein. Son livre s'attache de façon inédite à dessiner les contours d'une esthétique de l'usage, envisageant l'art dans ses modes d'emploi anthropologiques et dans ses activations multiples plus que dans des objets ou des substances.