Le nazisme dans l'histoire des violences collectives. Violences et meurtres de masse
Jacquet-Francillon François
KIME
24,99 €
Sur commande en 4-6 jours
EAN :9782380720891
A l'origine de ce livre, il y a la volonté de ne plus considérer le nazisme et la Shoah comme un phénomène absolument singulier, unique en son genre et d'une insurmontable opacité. C'est pourquoi François Jacquet-Francillon, d'une part situe le nazisme dans la longue histoire des violences collectives (et meurtrières), et d'autre part entend saisir des points communs entre l'action des militants nazis et, par exemple, les meurtres commis par les catholiques parisiens lors du « massacre de la Saint-Barthélemy » (en 1572), les diverses tueries auxquelles participèrent les foules révolutionnaires de 1789 ou 1792, l'assassinat par les « gardes rouges » de la « révolution culturelle » chinoise, à la fin des années 1960, des éléments soi-disant « révisionnistes » de la société et du Parti communiste, ou encore les attentats suicides commis ces dernières années dans de nombreux pays par les groupes jihadistes se réclamant d'un islam traditionnel des plus rigoureux. Si ce livre s'efforce de montrer que la violence nazie a de nombreux antécédents, ceci, affirme l'auteur, ne conduit pas à en nier le caractère exceptionnel et paroxystique. Quelle est alors la différence entre le nazisme et les situations dispersées dans l'histoire et la géographie qui surviennent en écho ou comme des précurseurs non génocidaires du génocide nazi ? La différence tient à ce que le nazisme a fait de la violence, toujours pratiquée sur un mode de vengeance, un système d'État durable, là où il n'y avait que des explosions sporadiques et limitées (sans parler des conflits guerriers engagés par un État à l'égard d'un autre État). François Jacquet-Francillon affirme aussi que l'abord du cas nazi exige une investigation renouvelée de la violence. Et pour donner corps à ce principe, il s'intéresse non pas aux individus violents et à leur psychologie ou leur inspiration personnelle (idéologique, etc., et? pathologique sans aucun doute) mais avant tout aux collectifs humains enclins à la violence et dans lesquels de tels individus se rassemblent. Ceci mène à un premier constat : ces groupes, ou groupements, au cours de leur vie normale, élaborent et diffusent des pratiques et des croyances spéciales que l'auteur qualifie d'agonistiques. Seules de telles pratiques et de telles croyances expliquent que des individus furieux, grâce à des circonstances favorables, transforment un désir de mort (répandu quand on admet que tout irait mieux si les Juifs n'existaient pas), en volonté de tuer (suivie par la création et la mise en ?uvre de moyens humains et matériels, notamment de dispositifs d'exécution ? chambres à gaz au bout du compte). Cette volonté passe, souvent inchangée, des donneurs d'ordre aux exécutants. Il est à noter que l'auteur a utilisé un vocabulaire approprié. D'une part il a défini des « groupements agonistiques » d'autre part, il a caractérisé la mentalité originale de ces groupements en parlant d?« effervescence mentale » et de « désignation de l'ennemi » - ennemi auquel ces groupements (et eux seuls) confèrent un statut de personnes, instances, populations, etc., à abattre. Si la notion des ennemis est ici centrale, elle ne réfère cependant pas à la théorie de Carl Schmitt, qui n'a pas accordé d'attention aux croyances circulant à l'intérieur de ces groupements, des « croyances agonistiques » - dont les récentes « théories du complot », comme on dit aujourd'hui, pourraient n'être que le dernier avatar.
Nombre de pages
246
Date de parution
20/01/2023
Poids
326g
Largeur
145mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782380720891
Titre
Le nazisme dans l'histoire des violences collectives. Violences et meurtres de masse
Auteur
Jacquet-Francillon François
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
326
Date de parution
20230120
Nombre de pages
246,00 €
Disponibilité
Sur commande en 4-6 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Ma génération, n'ayant pas connu la guerre, car elle est née après, en a quand même hérité, par des voies inattendues, des souvenirs catastrophiques, en particulier le souvenir répugnant d'un meurtre inédit par son ampleur et son mobile _ ce qui se nomme maintenant la Shoah. C'est cet héritage que ce livre cherche à questionner, dans ses modalités et ses finalités. " Dans Vivre et mourir après la Shoah, François Jacquet-Francillon explore les répercussions de l'holocauste sur trois générations. En 1943, tous les membres de sa famille - à l'exception de sa mère, cachée par celui qui deviendra son mari ? sont capturés par la police française. Ils sont emmenés à Auschwitz d'où ils ne reviendront jamais, assassinés par les nazis comme de nombreux juifs. Ce récit dépeint ainsi une quête personnelle et familiale qui mène son auteur sur les pas de ses ascendants, de sa mère et de son père, et enfin le met face à ses propres angoisses. Il mêle avec subtilité réflexions personnelles, psychanalyse, philosophie et histoire pour explorer la complexité d'identités bâties sur les ruines d'un passé traumatique. A travers cette expérience familiale et personnelle, François Jacquet-Francillon invite donc le lecteur à une réflexion plus universelle sur la transmission des traumatismes, le poids de l'Histoire sur les vies individuelles et le devoir de mémoire que nous devons aux disparus. Une réflexion profonde sur la vie et son héritage de souffrances et d'espoirs, de pertes et de reconstructions.
Jacquet-Francillon François ; Enfert Renaud d' ; L
L'école et l'éducation sont au c'ur des préoccupations de nos sociétés comme l'attestent les débats et les réformes incessants qui marquent l'actualité. Or l'absence de mémoire historique est patente, le fantasme prenant le plus souvent la place de l'étude documentée. Cet ouvrage collectif comble un grand vide en permettant au lecteur de parcourir les grandes évolutions qui ont marqué la vision et les pratiques de l'éducation en France depuis quatre siècles et qui ont façonné le système scolaire français tel qu'il existe aujourd'hui. Une quarantaine de notices synthétiques, rédigées par plus de 20 spécialistes incontournables (historiens, philosophes, didacticiens) font le point sur la mise en place d'un univers scolaire de plus en plus développé, et restituent les grandes étapes en s'appuyant sur les documents historiques majeurs. Ces 200 textes clés sont donnés dans l'anthologie chronologique qui forme la deuxième partie de l'ouvrage. Chacun d'eux est replacé dans son époque. Cet ensemble extraordinaire de documents historiques est rassemblé ici pour la première fois. Des index et de multiples biographies et bibliographies font de cet ouvrage imposant le monument de la nouvelle histoire de l'éducation.
De quelle transmission de culture l'école est-elle encore le lieu? Si l'on appelle culture scolaire l'ensemble des connaissances, des références et des habitudes que l'école est déterminée à transmettre, il y aura crise de la culture scolaire quand cet ensemble se défait ou quand cette détermination s'affaiblit. La crise de la culture scolaire en France remonte à plusieurs décennies, et il est temps de la reconnaître, à l'intérieur de ce qu'on appelle la "crise de l'école", comme un phénomène central. Ses causes tiennent à l'histoire des institutions et des disciplines, mais aussi aux mutations communes aux sociétés modernes en matière d'imposition et de représentation des normes. Dans l'approche de ce problème crucial, le colloque organisé à la Sorbonne en septembre 2003 aura marqué une date: par-delà tous les clivages convenus entre spécialités et entre doctrines, des historiens, philosophes, spécialistes de sciences de l'éducation, sociologues, scientifiques et littéraires, pour la première fois librement réunis, s'y sont livrés à une discussion précise, vigilante et diversifiée, qui fait place à la prospective aussi bien qu'à la rétrospection. Appelant à la reconquête de ce qu'on pourrait appeler la question culturelle de l'école, et avec elle à la construction d'une nouvelle philosophie de l'éducation, le présent volume est à prendre comme une somme de réflexions, mais aussi comme une proposition de travail.
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.