Politique de la terre et de l'appartenance. Droits fonciers et citoyenneté locale dans les sociétés
Jacob Jean-Pierre ; Le Meur Pierre-Yves
KARTHALA
29,00 €
Epuisé
EAN :9782811103125
Les mécanismes qui règlent l'accès à la terre et aux ressources naturelles sont au coeur de la politique des appartenances. Ils structurent les dispositifs d'inclusion et de construction de la citoyenneté. Les études de cas rassemblées dans ce livre analysent, dans des contextes variés (Amérique latine, Asie du Sud-Est et du Sud, Afrique de l'Ouest, de l'Est et du Sud, Madagascar, Nouvelle-Calédonie...), la pluralité des lieux à partir desquels cette citoyenneté s'est historiquement construite. Elles éclairent aussi les transformations liées à la colonisation et au rôle de l'Etat dans les processus de déstructuration/restructuration qui travaillent les sociétés locales. Trois angles d'attaque complémentaires permettent de décliner cette problématique. L'exploration de la relation entre communautés d'appartenance et histoire politico-économique permet de présenter les bases spatio-temporelles de la citoyenneté locale et la pluralité historique des niveaux sociaux de régulation de l'accès aux ressources naturelles. L'analyse des luttes pour la reconnaissance montre la manière dont des groupes dominés (réfugiés, squatters, minorité ethnique, minorité religieuse) tentent d'articuler citoyenneté locale et citoyenneté nationale et inscrivent leur lutte pour l'accès à la terre avec leurs Etats respectifs dans des registres discursifs variés (de l'universalisme à la différence). La question de la production étatique et/ou nationale de la citoyenneté locale permet d'examiner les phénomènes de recomposition des anciennes communautés d'appartenance sous l'influence de politiques nationales spécifiques (indigénisme en Amérique latine, décolonisation négociée en Nouvelle-Calédonie).
Nombre de pages
432
Date de parution
09/04/2010
Poids
610g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782811103125
Auteur
Jacob Jean-Pierre ; Le Meur Pierre-Yves
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20100409
Nombre de pages
432,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Pourquoi consacrer un ouvrage aux rites funéraires des Winye ... En premier lieu pour donner un exemple de société dans laquelle bien réussir sa mort et les funérailles qui seront accomplies en son nom est plus important que de réussir sa vie. L'ouvrage, fondé sur des enquêtes de terrain qui se poursuivent depuis 1983, documente abondamment cette question. Il insiste sur le fait que les différentes cérémonies funéraires sont autant d'occasions de régler les dettes du disparu envers les groupes (notamment les castes et la parenté maternelle) qui sont à l'origine de sa vie et de la trajectoire prospère qu'il a pu connaître et de traiter son corps et son âme de telle manière que cette trajectoire se prolonge après la mort. Une fois que ses dettes sont remboursées, son corps lavé, rasé, vêtu et pourvu d'argent pour son voyage, le défunt accède au statut d'ancêtre, c'est-à-dire d'être complet, qui « se possède ». Les biens utilisés pour régler ses dettes, pour ce qui concerne la parenté maternelle, doivent être interprétés non pas comme des compensations - ce ne sont pas des « prix de la fiancée » qui seraient versés de manière différée - mais comme des incitations pour les groupes qui en sont bénéficiaires à poursuivre leurs tâches et leurs activités, à oeuvrer comme leurs ascendants l'ont fait pour doter d'une vie et de destins favorables des enfants à naître (via le don de femmes à marier). Cet ouvrage se justifie en second lieu par la nécessité de conserver une trace écrite à propos de pratiques funéraires qui sont en danger de disparaître ou qui ont déjà disparu. Ces manières complètes d'être et de mourir que développent les Winye et qu'expriment leurs coutumes funéraires sont en effet actuellement de plus en plus contestées et remises en question par d'autres référentiels, proposés par les religions révélées, notamment l'islam et l'évangélisme. Ces cultes, dont l'influence est grandissante dans l'ensemble de l'aire winye et du Burkina Faso, proposent des modalités exhaustives de définition de ce que sont la bonne vie et la bonne mort, qui sont des voies alternatives à celles que propose l'animisme. Leur avantage est d'offrir, au moment du décès, des rituels très simplifiés, peu coûteux en temps, en argent et en relations sociales, donc en adéquation avec les pressions actuelles et la paupérisation économique croissante du monde agricole burkinabè.
Au Burkina Faso, comme dans la plupart des pays africains, la question foncière occupe une position centrale dans la construction politique et le développement économique. Pour les gouvernements, la résilience des systèmes coutumiers, euphémisée dans les discours mais bien réelle dans les pratiques, représente un obstacle majeur à la constitution d'une citoyenneté formelle. Dans cet ouvrage, l'auteur présente le régime foncier actuel des Winye du Burkina Faso et l'analyse comme un ensemble de choix moraux inhérents à toute organisation sociale : mise en valeur des ressources ou conservation de réserves patrimoniales, accroissement politique par accueil d'étrangers ou préservation des prérogatives autochtones, stimulation des intérêts individuels ou respect de l'intérêt collectif. Ainsi, c'est au travers des formes sociales d'accès à la nature que se met en place un ordre politique, une citoyenneté locale : le gouvernement de la nature fonde le gouvernement des hommes. En élargissant la recherche anthropologique et en menant celle-ci en référence à d'autres études réalisées dans la sous-région, l'ouvrage propose une approche critique du traitement des questions foncières dans la recherche africaniste. Il remet en question l'idée d'une évolution inéluctable vers l'individualisation et la marchandisation de la terre et, d'une manière plus générale, apporte des éléments de réflexion au débat sur la construction de l'Etat en Afrique.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.