En reprenant quelques articles marquants, publiés dans divers ouvrages et revues, l'auteur a voulu indiquer l'itinéraire qui mena plusieurs chercheurs comme lui de la sociologie de la religion à celle de l'éthique. Ayant participé parmi les premiers, sous l'impulsion de Gabriel Le Bras, au vaste dénombrement des actes de pratique culturelle (catholique) des années 60 dans l'ensemble de la France, il remet à jour quelques synthèses théoriques et méthodologiques qu'il effectua à ce propos. L'abstention de la classe ouvrière et des électeurs communistes reste quantitativement le point saillant des études qui ont alors été menées. D'un point de vue qualitatif, c'est le sens de certaines pratiques populaires comme la communion solennelle qui se trouvait être l'objet d'analyses. On constatait alors un recul d'ensemble du christianisme dans les pays occidentaux où l'on désignait ce phénomène par le terme de " sécularisation ". L'étude de cette notion et de ce qu'elle recouvre est au coeur de l'ouvrage. Le rétrécissement des domaines dans lesquels s'exerce la religion dans notre civilisation marque aussi le contenu de cette religion. Comme l'avait déjà constaté Emile Durkheim, l'éthique tend à y prendre une place croissante et le terme semble en être la déconfessionnalisation même de l'éthique. De la sorte, à la séparation des Eglises et de l'Etat allait succéder une officialisation de l'éthique par l'Etat, notamment dans le domaine des sciences de la vie. Or, paradoxalement, la sociologie de la morale semblait en France avoir dit son dernier mot avec Georges Gurvitch. Après avoir étudié de près le mouvement " bioéthique ", l'auteur cherche à poser les fondements d'une sociologie de l'éthique. Il montre toutefois qu'il n'y a pas un mouvement à sens unique de la religion à l'éthique, mais que l'indépendance relative de celle-ci n'empêche pas des affinités profondes avec la religion, notamment à propos des notions de salut, de personne et de communauté.
Date de parution
19/11/1992
Poids
1 201g
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EAN
9782204044905
Titre
De la religion à l'éthique
Auteur
Isambert Francois-André
Editeur
CERF
Largeur
0
Poids
1201
Date de parution
19921119
Nombre de pages
0,00 €
Disponibilité
Epuisé
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2019 marque le neuvième centenaire de la Carta caritatis, ou plus exactement de la confirmation de ce texte cistercien essentiel par le pape Calixte II le 23 décembre 1119. Maillon essentiel dans la construction de l'édifice cistercien, la Charte de charité entend préserver l'esprit de Cîteaux, alors que le " Nouveau Monastère " s'était mis à essaimer. Sa préoccupation est de garantir charité et unanimité entre l'abbaye-mère et ses abbayes-filles. L'enjeu est majeur et le rythme des fondations justifie que le texte soit en évolution durant plusieurs décennies. Il est d'ailleurs en pleine gestation au moment de sa première approbation pontificale en 1119. Texte incontournable de la genèse cistercienne, la Carta caritatis a fait l'objet de nombreuses études. Son élaboration a ainsi suscité de riches discussions, tout comme l'emprise de ce document constitutionnel sur l'histoire cistercienne. Les aspects historiques et législatifs de la Charte de charité ne doivent pas pour autant faire oublier les principes spirituels d'un texte dont l'essence est de protéger l'esprit d'amour entre les communautés. Le présent volume constitue les actes du colloque organisé par l'Association pour le rayonnement de la culture cistercienne (ARCCIS), en partenariat avec le Collège des Bernardins et fait le point sur ces questions qui ont touché et qui touchent aujourd'hui encore les membres de la Famille cistercienne. La rencontre a également été l'occasion d'appréhender la Charte de charité en tant que source d'inspiration dans le monde religieux, mais aussi lai ? c, notamment entrepreneurial.