Négocier la ville. Projet urbain, société et fascisme à Milan
Ingold Alice
EHESS
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EAN :9782713217913
En l'espace de quelques années, la municipalité fasciste de Milan transforme en boulevard le canal qui, depuis le XIIe siècle, traversait la ville. L'opération est alors considérée comme un exemple de modernisation, même si ce coup de force est devenu depuis emblématique de l'urbanisme fasciste. Ce moment de crise est envisagé comme un laboratoire privilégié d'histoire urbaine. En inversant le regard habituel, il s'agit d'observer les politiques urbaines par le bas. Ainsi est restituée la parole des habitants afin de ne pas figer les acteurs dans des rôles préconçus et montrer leur mobilité dans le jeu politique et social. La question du pouvoir dans l'Italie fasciste est observée à partir d'une analyse relationnelle: les litiges et les compromis sont autant de configurations dans lesquelles se jouent les rapports entre pouvoir central, pouvoir local, propriétaires et locataires. L'enquête dissèque l'élaboration, la négociation et la mise en ?uvre du projet urbain. Ainsi sont mis en lumière les processus de décision et ses modes de justification dans la ville fasciste. Les canaux enterrés de Milan contribuent à la réflexion sur la capacité de l'urbanisme à discipliner le territoire et celle d'un régime à encadrer la société
Nombre de pages
422
Date de parution
01/05/2003
Poids
802g
Largeur
160mm
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EAN
9782713217913
Titre
Négocier la ville. Projet urbain, société et fascisme à Milan
Auteur
Ingold Alice
Editeur
EHESS
Largeur
160
Poids
802
Date de parution
20030501
Nombre de pages
422,00 €
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Cet ouvrage est né de l'exigence d'articuler différentes modalités d'approche du territoire et de sa constitution : une approche normative, raisonnant à partir de règles, de procédures et d'opérations de catégorisation par le droit ; d'autre part, une lecture attentive aux usages des lieux et aux pratiques sociales. Les conflits sont apparus comme des moments privilégiés pour observer ce jeu des usages et des droits sur le territoire, qui permet notamment d'identifier des acceptions différentes des faits de possession ou de propriété. Quels moyens argumentatifs, juridiques et techniques déploient les particuliers ou les communautés pour faire la preuve de leurs droits concurrents sur un même territoire ? Comment la dispute, mais aussi le maintien ou la restauration de droits sur le sol, engagent-ils des mécanismes d'écriture, d'exégèse, d'interprétation, de transformation ou de transmission en corpus de normes et de règles ? Comment la fixation de limites entre propriétés, entre juridictions, entre espaces privés et publics, constitue-t-elle autant d'occasions par lesquelles des collectifs se définissent ou se reconfigurent ? C'est en prenant appui sur l'examen de dossiers concrets de litiges que les auteurs de ce volume ont travaillé ces questions. Une approche sur la longue durée et embrassant les deux rives de la Méditerranée a permis d'observer la polysémie des registres de preuve, qui articulent - plus souvent qu'ils n'opposent - la force de l'écrit et l'appel au témoignage et à la parole humaine. Saisir la place complexe de l'expertise, entre droits, savoirs et pouvoir, nous a conduits à porter une attention particulière au témoignage des choses elles-mêmes et aux savoirs déployés pour lire ces traces matérielles dans l'espace urbain ou le paysage. C'est ainsi que les différentes figures d'expert, arpenteur, géomètre, ingénieur, architecte, spécialiste hydraulique ou praticien local se trouvent au centre de cet ouvrage, autant pour le rôle qu'ils ont joué dans les conflits que pour leur activité productrice de normes et d'usages. Les articles couvrent une chronologie s'étendant de la période républicaine à Rome au XIXe siècle. Ils embrassent les deux rives de la Méditerranée, de l'Italie et la France à Tunis, Jérusalem et Damas, en passant par l'Egypte. Ancien élève de l'Ecole normale supérieure et de l'Ecole française de Rome, Julien Dubouloz est depuis 2004 Maître de Conférences en Histoire romaine à l'Université Aix-Marseille. Ses recherches portent sur une lecture historique des sources juridiques romaines, et s'orientent en particulier vers l'organisation familiale et les savoirs d'Etat durant la période républicaine. Il a notamment publié, en 2011, La propriété immobilière à Rome et en Italie (Ier - Ve siècle) : organisation et transmission des praedia urbana.
Marcher avec les dragonsGrâce à ses expériences de terrain en tant qu'ethnologue des communautés d'éleveurs de rennes de Laponie, et avec l'aide de bon nombre de philosophes et d'anthropologues (Martin Heidegger, Gregory Bateson, Gilles Deleuze, Jakob von Uexküll, James Gibson, Charles Darwin, etc.), Tim Ingold déploie dans cette anthologie les lignes d'une pensée originale délimitant les territoires de l'évolution biologique et culturelle, les environnements humains et non humains, les royaumes de la pensée et de l'action, ainsi que les discours rivaux de l'art et de la science.De la poétique de l'habiter à l'écologie du sensible, Tim Ingold plaide pour une réconciliation entre les projets de la science naturelle et ceux de l'éthique environnementale, pour un retour aux sources de l'anthropologie.Tim IngoldProfesseur d'anthropologie sociale à l'université d'Aberdeen. Il est notamment l'auteur d'une Brève histoire des lignes (Zones sensibles, 2011-2013) et de Faire. Anthropologie, archéologie, art et architecture (Éditions Dehors, 2017).
Si le bourdon fait partie du système reproducteur du trèfle, pourquoi ne ferions-nous pas partie du processus de croissance d'artefacts ? Un regard attentif aux mondes animaux révèle les mille et une manières dont la technique et le beau émergent du sensible. Mais qu'en est-il des relations sociales de production, de domination et d'exploitation ? Si celles-ci ne relèvent pas exclusivement de l'humain, que disent-elles de la manière dont on le devient ? En explorant les champs relationnels où se déploient les co-devenirs interspécifiques, ou en tissant des liens entre les dynamiques éthologiques, sociologiques et esthétiques, Ingold dissout les dichotomies cartésiennes nature-culture, humain-animal. Son anthropologie au-delà de l'humain est une véritable poétique de l'être-au-monde.
Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.