Le roman-reportage L'Amérique sans étages, paru en URSS en 1937, est l'exemple unique d'un livre apparemment objectif, avec quelques opinions de ses coauteurs, paru à une époque d'oppression maximale dans tous les domaines : politique (procès dits de Moscou), littéraire (emprisonnement ou exécution d'écrivains) et, en général, humain (millions de victimes). Entre l'assassinat de Kirov le 1er décembre 1934 et le retour à Moscou de nos écrivains, en février 1936, l'atmosphère s'était considérablement durcie : ils ne furent ni fêtés ni même accueillis à la gare. Pour quelles raisons ce livre si divertissant a-t-il quand même été publié (et dans six maisons d'édition différentes) ? Quel but Staline poursuivait-il en envoyant en Amérique Ilf et Petrov ? Quelles pressions ces derniers durent-ils exercer sur eux-mêmes afin de contenter leur maître par des passages hypocritement orthodoxes, tout en nous donnant une impression de totale liberté, donc de critique de leur propre pays ? Et comme il était exclu qu'ils ne fussent pas surveillés même à l'étranger, par qui le furent-ils ? Toutes les réponses à ces questions sont données dans ce deuxième volume, Le "dossier Amérique". On y trouvera un décryptage de l'oeuvre, des lettres des auteurs à leurs femmes, une correspondance avec leur espion officiel Solomon Trone, ainsi qu'une interview tardive de la femme de ce dernier, tous documents inédits communiqués par Alexandra Ilf, fille de l'auteur, et aussi une lettre à Staline et deux petites oeuvres officielles sur l'Amérique, exemple parfait du "réalisme socialiste" et de la désinformation.
Nombre de pages
372
Date de parution
04/12/2019
Poids
470g
Largeur
10mm
Plus d'informations
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EAN
9791091301374
Titre
Le "dossier Amérique"
Auteur
Ilf Ilya ; Petrov Eugène ; Préchac Alain
Editeur
AUTEURS MONDE
Largeur
10
Poids
470
Date de parution
20191204
Nombre de pages
372,00 €
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Le cas d'espèce du roman humoristique : une satire de la Russie entre NEP et stalinisme que la bureaucratie n'a pas vu passer et qui échappa à la censure !!! Paru en 1928 - un monument de la littérature russe. Sur son lit de mort, une riche dame dévoile à son gendre "Hippolyte Matvieïévitch Vorobianinov" qu'elle a caché ses diamants dans l'un des douze sièges de son ancienne maison, réquisitionnée depuis. Problème : celles-ci ont été vendues. L'information tombe dans l'oreille d'un personnage rusé et haut-en-couleurs, Ostap Bender, auto-proclamé "le grand combinateur", qui va proposer à l'aristocrate déchu de retrouver les chaises avec lui. Les "héros" se lancent donc à la poursuite de douze chaises et traversent pour cela une bonne partie de l'Union soviétique.
La suite des "Douze chaises". Nous suivons, une fois encore, les exploits de Bender et ses associés à la recherche d'un trésor au milieu de la réalité soviétique Alexandre Koreïko est en apparence un fonctionnaire soviétique ordinaire. Nul ne sait qu'il cache, dans le casier d'une gare, une mallette contenant les centaines de milliers de roubles qu'il a amassés au cours de sa carrière corrompue. Mais l'histoire de cet étrange millionnaire est parvenue aux oreilles d'Ostap Bender, et celui-ci ne rêve que d'une chose : s'exiler à Rio de Janeiro... Dans cette seconde aventure, l'escroc sympathique et sa nouvelle équipe sillonnent à bord de leur flamboyante voiture la Russie soviétique et l'Asie centrale pour voler le voleur. Le Veau d'or est avec son humour acide la grande satire du système communiste.
Le New York de 1936, Henry Ford, Chicago, le désert d'Arizona avec ses Indiens, San Francisco et ses agents d'influence prosoviétique, Hollywood décortiqué par le menu, un passage illégal de la frontière mexicaine, une audience de Franklin Roosevelt : voilà ce que l'on trouve, et bien des choses encore, dans ce livre écrit par deux humoristes russes mandatés à leur corps défendant par le régime stalinien. Ilya Ilf-Fainzilberg et Yevguiéni Petrov-Kataïev (frère de Valentin, un écrivain connu) sont tous les deux "montés" à Moscou d'Odessa affamée dans les années vingt. Le premier, né en 1897, était d'une famille juive modeste où deux de ses frères étaient peintres. Le second, né en 1902, était fils d'un professeur d'histoire. Se rencontrant à Moscou, ils devinrent journalistes et auteurs de brefs récits dans le journal des cheminots. Puis, en 1927, ils se mirent à écrire ensemble leur premier chef d'oeuvre, Les Douze Chaises, une oeuvre humoristique que suivit en 1932 Le Veau d'or, une oeuvre satirique qui démontait le système stalinien. Le succès des deux romans fut inouï et ils écrivirent encore cent récits et nouvelles. Puis ce fut en 1937 L'Amérique au ras du sol, rebaptisé L'Amérique sans étages, leur reportage d'un long voyage aux USA. Ce livre moins connu est aussi passionnant que celui que Balzac consacra en 1847 à la Russie. C'est une pépite dans le désert littéraire de l'époque. Incapable de supporter ce système terrifiant, Ilf s'est suicidé en 1937 à 39 ans et demi. Petrov avait les nerfs plus solides mais se crasha en avion en 1942 exactement au même âge. Le tirage de leurs oeuvres dépasse les cent millions, en Russie et à l'étranger. Le traducteur a publié en 2000 un Ilf et Petrov témoins de leur temps (3 volumes), chez L'Harmattan.
Le Coup data permanent est un livre de maximes et de saillies. Il constitue un ouvrage de pensées et de blagues juives, entièrement novateur et d'actualité. Par conséquent, il ne reprend aucun trait d'humour ou d'humeur déjà connu. L'ouvrage a été établi en s'appuyant, d'une part, sur l'érudition juive traditionnelle ainsi que, d'autre part, sur l'observation au quotidien de notre époque et des travers qui la jalonnent. La vie courante, mais aussi politique et institutionnelle n'échappent pas à l'observation de l'auteur. Il partage avec nous ses notations pour rire et sourire, davantage que pour céder à une perplexité qui pourrait résulter de nombreux non-sens. Ceux-ci apparaissent sous le regard vigilant et ironique de l'auteur, qui ne laisse rien passer. En outre, il laisse la férocité se conjuguer avec une indulgence amusée, tout en relevant sans faillir les paradoxes et les incohérences. Sont ainsi scrutées les aventures partisanes française, américaine et israélienne. Pour l'Etat hébreu, en voici un extrait : " L'une des questions qui agite la vie politique en Israël est de savoir qui manie Gantz... " L'ensemble du livre explore les étrangetés que nous n'avons pas toujours le temps de relever. Seul l'humour permet un éclairage aussi pertinent qu'impertinent...
Dans l'Allemagne de 1940, sous un régime nazi à son apogée, un jeune homme juif d'origine modeste, David Rosenberg, parvient à gravir les échelons dans les cercles fermés de la haute société nazie en masquant son nom et ses origines, où il recevra rapidement le surnom de "Schönling" (bel ami). Grâce à son intelligence et un talent inné pour la séduction, il accède à des hautes fonctions au sein de la terrifiante SS. Tout en manoeuvrant dans les eaux troubles du nazisme, David rêve d'ascension sociale mais risque de perdre son âme en chemin, confronté à un dilemme moral de plus en plus profond. L'enfance de David Rosenberg dans la pauvreté et l'humiliation sociale a été le terreau de son ambition. Tout ce qu'il a vécu l'a forgé dans l'idée que pour s'en sortir, il devait se distancer de ses origines et de sa condition. Le prix de cette réinvention sera, comme il le découvrira plus tard, bien plus élevé qu'il ne l'avait jamais imaginé. Va-t-il supporter longtemps ce masque de cristal ? Au travers d'une libre adaptation de Bel-Ami de Guy de Maupassant, cette fiction historique est un récit poignant sur l'arrivisme, l'excès d'ambition au point de se renier et ce qu'il peut en coûter. "La vie est une côte. Tant qu'on monte, on regarde le sommet, et on se sent heureux ; mais, lorsqu'on arrive en haut, on aperçoit tout d'un coup la descente, et la fin, qui est la mort." [Extrait de Bel-Ami de Guy de Maupassant.]