Le Caire, septembre 1992 Dès lors que j?ai décidé de faire ce voyage, j?ai cessé de la voir en rêve. Jusqu?à ce jour, elle hantait mon sommeil. Je la voyais toujours au milieu d?une foule de gens couchés sur des sofas, comme dans les tableaux romains, ou comme au paradis. Nous étions dans une salle très vaste, ou sur le pont d?un navire. A chaque fois, elle se tournait vers moi avec un regard mystérieux, à la fois interrogateur, complice et séducteur. Je me rapprochais d?elle, étonné de son consentement, jusqu?à la côtoyer. Elle m?encourageait d?un sourire discret. J?approchais davantage, je la touchais, plaquais une jambe contre la sienne. Alors, me faisant face de tout son corps, indifférente aux gens autour de nous, elle m?attirait à elle; je sentais contre mon corps tendu chaque courbe et chaque repli caché de son corps. Tandis que je jetais des regards furtifs vers les autres, de peur qu?on ne remarque notre manège, mon plaisir montait en puissance, mais avant qu?il n?atteigne son terme, la scène changeait brutalement. De rares fois seulement, mon émotion était si forte qu?elle emportait tous les barrages et me laissait, au réveil qui venait aussitôt après, trempé, enflammé, comblé. Cette vision d?elle, toujours forte, extraordinairement claire et marquante, me poursuivait bien au-delà du réveil; je restais alors sous l?effet de sa présence active, ayant perdu tout sens du réel, incapable de distinguer entre le rêve et la réalité, un moment en proie à l?illusion que je pourrais retrouver le souvenir de quelque chose qui était vraiment arrivé. Et je m?émerveillais des circonstances qui voulaient que ce fût elle qui remonte à la surface de tous les événements et de toutes les femmes de ma vie depuis la dernière fois où je l?avais vue, il y a plus de trente ans, alors que je ne l?avais jamais connue de près et que notre relation n?avait jamais pris la tournure intime qu?elle avait dans le rêve. Pourquoi avait-elle choisi, ou plutôt pourquoi avais-je choisi, moi, ce moment précis pour qu?elle apparaisse avec cette force et cette soudaineté, ce moment où j?entrais à grands pas dans la sixième, et peut-être dernière, décennie de ma vie? Mascate, septembre 1992 ? Mets la ceinture, mon vieux, sinon on est foutus, dit Fathi en bouclant la sienne. Ici, c?est pas comme chez nous, ils ne rigolent pas avec le code de la route. Ce n?est plus chez nous, avais-je envie de lui dire, mais je me suis abstenu, pour nous éviter une vaine discussion politique. Tandis qu?il quittait le parking de l?aéroport, je me suis soumis. Je dus m?y reprendre à deux ou trois fois pour boucler la ceinture, m?attirant une réflexion moqueuse de Fathi. Un peu plus âgé que moi, plus gros, plus gai aussi, il fredonnait sans arrêt toutes sortes de mélodies: musique arabe, classiques européens, opéras, ou des airs de sa composition ? c?est son métier. Il était en chemise à manches courtes; à côté de lui, avec tous mes vêtements, j?avais une drôle d?allure. Je voulus ôter ma veste, mais il m?arrêta: ? Garde-la, la voiture est climatisée. ? Je ne m?attendais pas à cette chaleur. Je n?ai pris que des vêtements d?hiver. ? Ce n?est pas un problème. Demain on ira t?acheter tout ce qu?il te faut. Il conduisait sa voiture japonaise sur une chaussée lisse comme la soie, éclairée par des réverbères, vierge de toute trace de vie, parsemée de gendarmes couchés où il ralentissait et braquait légèrement pour les franchir à l?angle adéquat, exactement comme il faut. Après plusieurs ronds-points, l?espace de part et d?autre de la route commença à se remplir de maisons d?habitation, la plupart d?un seul étage. ? Souviens-toi toujours de cette route, c?est la principale. Avenue Qabous. C?est la plus longue du pays, elle finit au port. Le port Qabous. Peu après, il ajouta: Maintenant, on va passer devant Qabous City, à droite. ? Tout porte son nom? ? Exactement comme chez nous. Mais lui, il le mérite. Ce pays n?était rien avant qu?il ne prenne le pouvoir. Bien qu?il y eût très peu de circulation, il conduisait prudemment, au contraire de son habitude au Caire autrefois. Il s?arrêta même à un feu rouge alors que nous étions la seule voiture de part et d?autre du carrefour et qu?on ne voyait pas l?ombre d?un piéton. Tout s?expliqua quand une voiture de police apparut à côté de la nôtre. ? Si tu veux conduire ici, il te faut un nouveau permis, et l?examen est sérieux, me dit-il en redémarrant. Ils ne reconnaissent pas le permis égyptien. ? J?ai un permis international. ? Inutile. Il faut le permis omanais. Ils savent comment on obtient le permis chez nous. Il se mit à fredonner le dernier tube de Cheb Khaled, puis s?arrêta un instant pour me dire: ? Ça ne m?étonne pas que tu aies attendu ton visa des mois, c?est courant. L?étonnant, c?est qu?ils aient fini par te le donner. Il n?y a pas vraiment de quoi s?étonner. Beaucoup d?eau a coulé sous les ponts, depuis longtemps. Après avoir longé des masses sombres, nous sommes arrivés dans un quartier de construction récente, bien éclairé et ordonné, à l?entrée duquel s?élevait l?inévitable Sheraton. ? On est arrivés. Des voitures sont alignées de part et d?autre de rues tranquilles, bordées de vitrines éclairées regorgeant d?appareils électriques, de vêtements, de lunettes, de jouets. Il a fallu tourner longtemps avant de trouver une place. Je me libère de ma ceinture. Il m?aide à sortir mon sac de voyage du coffre, me demande de patienter une seconde, le temps de mettre en route l?alarme. ? Il y a beaucoup de voleurs? ? Rares sont ceux qui s?y risquent. La police est implacable. Il suffit d?être soupçonné de vol pour se faire expulser. ? Où? ? Dans ton pays. Un Omanais ne peut pas voler, il n?en a pas besoin. Le voleur est donc forcément un travailleur étranger. Indien, pakistanais, philippin. Ce sont eux qui font les boulots mal payés. Nous parcourons plusieurs rues à pied, tenant chacun le sac par une poignée, avant d?arriver au seuil d?un immeuble neuf de quatre étages, dont le rez-de-chaussée est occupé par un bureau de fret. L?ascenseur nous laisse au troisième. ? Chafika dort depuis deux heures, dit-il en sortant une clé de sa poche. Il ouvre sans bruit. Nous traversons une petite pièce meublée d?une grande table, pour gagner un salon éclairé où trône un grand meuble de rangement contenant quelques livres, des bibelots et une énorme télévision. Je me jette sur un fauteuil tandis qu?il allume la télévision avec la télécommande. Le portrait du sultan Qabous apparaît derrière le présentateur du dernier journal télévisé. Une rose rouge qui porte le nom du sultan a été présentée dans une exposition florale quelque part en Europe. Je retiens Fathi qui veut changer de chaîne. Le présentateur retrace l?histoire de la rose: créée par une association hollandaise après deux ans de travail et d?expériences, elle se distingue par sa couleur éclatante, son parfum suave et sa longue tige? Baptisée Qabous en hommage à la contribution personnelle de l?illustre sultan au développement des relations internationales, la rose, qui portera à jamais son nom, lui a été remise à l?occasion des fêtes du vingtième anniversaire du sultanat.
Des années de formation à la maturité, la fin des illusions d'une petite-bourgeoise égyptienne d'aujourd'hui qui se résigne à accepter le sort qu'elle partage avec des millions de ses compatriotes tandis que menacent les dérives islamistes.
Résumé : Charaf ("honneur" en arabe), un jeune égyptien d'une vingtaine d'années, traîne son dés?uvrement dans une rue commerçante du centre-ville du Caire, haut lieu d'une société de consommation à laquelle il n'a pas accès. Devant une salle de cinéma, un étranger lui offre une place et l'invite, après le film, à poursuivre la soirée chez lui. Charaf accepte mais, quand son hôte lui fait des avances, il le frappe d'une bouteille de whisky et le tue accidentellement. Condamné à une lourde peine de prison, Charaf a pour voisin de cellule le Dr Ramzi, pharmacien copte qui, après une tentative en politique, fit carrière dans une multinationale pharmaceutique avant d'être victime, en raison de sa probité et de son patriotisme, d'une machination l'impliquant dans une affaire de corruption. Avec le style incisif qu'on lui connaît, où le document s'insère comme une pièce à conviction dans la trame du récit, Sonallah Ibrahim dresse le terrifiant tableau d'une Egypte livrée corps et âme au capitalisme sauvage. Aucun de ses personnages ne peut contrôler sa destinée, ni Ramzi, l'ancien militant nassérien, ni Charaf, le pur produit du sadatisme. Si l'un est réduit à hurler de vaines proclamations depuis sa cellule disciplinaire, l'autre n'a de chance de s'en sortir qu'en perdant "l'honneur" qui lui a valu de se retrouver en prison.
Un mystérieux comité charge le narrateur de ce roman aux allures de thriller politique de désigner "la personnalité la plus brillante du monde arabe". Mais cette mission étrange se révèle rapidement être un piège.
Chronique de la vie d'une femme ordinaire confrontée aux difficultés quotidiennes dans une Egypte saisie en même temps par la corruption et la bigoterie.
A l'orée des grands incendies, nous aurons au moins eu ça, la bière, le sel et la pénombre d'une chambre où l'on marche pieds nus, nos veilles aux yeux plissés et le petit matin à trente-deux degrés déjà, les draps qui claquent dans le vent dehors et le bleu de la mer, nos engueulades et la catastrophe de tes reins. C'est assez de souvenirs pour dix romans et nos deux vies.
Soudain, le vide se fit en lui. Son petit corps se contracta tout entier, il trembla ; et, à cette minute, il sut qu'il serait toujours seul. Une terrible angoisse lui remonta par le bas du ventre. Il aperçut à contre-jour la gueule de Cahill, la mort lui parut proche, toute proche ! Sur sa joue, il sentit le soleil, son harmonie mortelle, sa beauté. Il eut envie de pleurer. Alors, les visages des soldats, des garçons vachers qui faisaient cercle autour de lui, s'évaporèrent dans le néant. Sa main se faufila jusqu'à l'arme, et il tira.
Reito Naoi est un jeune homme en manque de repères, qui a appris à grandir seul. Accusé d'effraction et de tentative de vol, il risque la prison, mais se voit proposer un marché qui pourrait bien changer sa vie. Un avocat, agissant pour le compte d'un mandataire qui souhaite rester anonyme, lui propose la liberté en échange d'une mystérieuse mission. Reito devient le gardien d'un illustre camphrier, niché au coeur d'un sanctuaire de Tokyo, qui semble renfermer bien plus que du bois et des feuilles. La légende dit en effet que, si l'on suit un rituel bien établi, l'arbre centenaire exauce les voeux et se fait le messager des défunts. "Le Gardien du camphrier" interroge avec émotion et grâce les liens du sang ou ceux du coeur, qui se tissent ou s'érodent au fil du temps et jusque dans la mort. Il est une ode poétique à la découverte de soi et à la connexion aux autres.
La double trajectoire d'un policier des frontières qui perd le sens de sa mission et d'un jeune émigrant soudanais qui tente d'atteindre l'Eldorado européen.A Catane, le commandant Salvatore Piracci surveille les frontières maritimes. Gardien de la citadelle Europe, il navigue depuis vingt ans au large des côtes italiennes, afin d'intercepter les bateaux chargés d'émigrés clandestins qui ont tenté la grande aventure en sacrifiant toute leur misérable fortune... en sacrifiant parfois leur vie, car il n'est pas rare que les embarcations que la frégate du commandant accoste soient devenues des tombeaux flottants, abandonnés par les équipages qui avaient promis un passage sûr et se sont sauvés à la faveur de la nuit. Un jour, c'est justement une survivante de l'un de ces bateaux de la mort qui aborde le commandant Salvatore Piracci, et cette rencontre va bouleverser sa vie. Touché par l'histoire qu'elle lui raconte, il se laisse peu à peu gagner par le doute, par la compassion, par l'humanité... et entreprend un grand voyage.Au Soudan, pour Soleiman et son frère Jamal, c'est le grand jour : ils ont enfin amassé la somme d'argent qui leur permettra de quitter le pays et le continent pour une vie meilleure. Mais les jeunes gens sont bientôt séparés par le destin. Soleiman rencontre Boubakar le boiteux et c'est avec ce nouveau compagnon qu'il poursuivra - d'Al Zuwarah à Ghardaïa, Oujda, puis Ceuta... - son voyage vers l'Eldorado européen. Parce qu'il n'y a pas de frontière que l'espérance ne puisse franchir, Laurent Gaudé fait résonner la voix de ceux qui, au prix de leurs illusions, leur identité et parfois leur vie, osent se mettre en chemin pour s'inventer une terre promise.
Asli, femme indépendante et épanouie, vit à Ankara, où elle est physiothérapeute. Chaque week-end, elle se rend dans la propriété de Mehmet, un ancien procureur condamné pour corruption et violences, qui l'a engagée afin de soulager son dos. Si la nuit ils entretiennent une relation passionnée, Mehmet tient Asli à distance le jour. Lorsqu'elle rencontre Romaïssa, l'épouse de son amant, une complicité naît entre elles, faite de moments privilégiés au bord de la piscine. Sous le soleil brûlant d'Anatolie, Asli plonge dans l'intimité du couple et dans le passé trouble de Mehmet, au risque de se perdre.4e de couverture : Asli, femme indépendante et épanouie, vit à Ankara, où elle est physiothérapeute. Chaque week-end, elle se rend dans la propriété de Mehmet, un ancien procureur condamné pour corruption et violences, qui l'a engagée afin de soulager son dos. Si la nuit ils entretiennent une relation passionnée, Mehmet tient Asli à distance le jour. Lorsqu'elle rencontre Romaïssa, l'épouse de son amant, une complicité naît entre elles, faite de moments privilégiés au bord de la piscine. Sous le soleil brûlant d'Anatolie, Asli plonge dans l'intimité du couple et dans le passé trouble de Mehmet, au risque de se perdre.Notes Biographiques : Ahmet Altan, né en 1950 à Ankara, est un des journalistes et romanciers les plus renommés de Turquie. Il est le fils de Çetin Altan, journaliste et homme politique, condamné à près de deux mille ans de prison pour ses articles contre l?autoritarisme du pouvoir militaire. Dès 1974, Ahmet Altan se lance dans le journalisme, lui aussi, et s?engage en faveur de la démocratie. Très vite, il commence à être connu dans son pays pour sa contestation du régime en place. Il publie en 1982 son premier roman qui rencontre un grand succès. Son deuxième roman est sanctionné pour atteinte aux bonnes meurs et fait l?objet d?un autodafé. Ahmet Altan devient un journaliste de plus en plus influent, tant à la télévision que dans la presse écrite. En 1995, il est condamné à vingt mois de prison avec sursis à la suite de la publication d?un article satirique. Il est également accusé de soutenir le projet d?un Kurdistan indépendant. Son quatrième roman, Contes dangereux publié en 1996, est un véritable phénomène de librairie, il y aborde les assassinats sans suite judiciaire. Avec Orhan Pamuk et Yachar Kemal, il rédige, en 1999, une déclaration pour les droits de l?homme (et des droits culturels des Kurdes) et de la démocratie en Turquie, qui est signée par Elie Wiesel, Günther Grass, Umberto Eco? "Oh, Mon Frère", un article qu?il dédie aux victimes du Génocide arménien le fait inculper, en 2008, d?insulte à la Nation turque. Il reçoit trois ans plus tard le prix Hrant Dink de la Paix (Hrant Dink est un journaliste arménien assassiné par un nationaliste turc). Entre 2007 et 2012, il dirige le quotidien Taraf qui joue un rôle central dans la presse d?opposition.En 2016 commence son effroyable parcours judiciaire. Il est arrêté en septembre, accusé d?avoir participé à la tentative de putsch du 15 juillet. Deux ans plus tard, il est condamné à la perpétuité aggravée. Puis, en mai 2019, sa condamnation est confirmée en appel par la Cour Constitutionnelle tandis qu?en juin la Cour Suprême casse la condamnation tout en rejetant sa demande de remise en liberté. Cette année-là paraît en France, Je ne reverrai plus le monde, un récit de son emprisonnement qui reçoit le prix André Malraux. Le 4 novembre, la Haute Cour Pénale d?Istanbul le condamne à dix ans de prison mais ordonne sa remise en liberté sous contrôle judiciaire compte tenu des années qu?il a déjà passées en prison. Ahmet Altan est libéré. Le 12 novembre, l?écrivain est de nouveau arrêté sur décision de justice. C?est le 14 avril 2021 qu?Ahmet Altan est remis en liberté. La vieille, la Cour européenne des droits de l?Homme (CEDH) a condamné la Turquie pour la détention de cet intellectuel depuis plus de quatre ans.En septembre 2021 paraît en France son roman Madame Hayat qui est couronné par le prix Femina étranger et rencontre un magnifique succès dans la presse et en librairie.Jusqu?à ce jour, Ahmet Altan vit en résidence surveillée dans son appartement d?Istanbul, sans autorisation de quitter le territoire turc.
En ce jour d'août 1982, les troupes israéliennes assiègent Beyrouth et la résistance palestinienne se résout à un nouvel exil. Prisonnier entre les murs de son appartement, dans la ville bombardée, Mahmoud Darwich tente douloureusement de rallier le territoire impossible de la mémoire. Pour dire la complexité du réel, les angoisses de l'enfermement, la folie de la guerre et l'au- delà des souvenirs et des espoirs, l'écrivain compose un récit mêlant dialogues imaginaires, textes du patrimoine arabe classique et poèmes. Chronique amoureuse d'une ville où la violence mortelle a effacé les frontières supposées du corps et de l'esprit, de l'amour et du politique, "Une mémoire pour l'oubli" recueille les fragments d'un passé éclaté et témoigne de l'inévitable travail du deuil et de l'oubli.
Trois jeunes s?urs ayant fui l?Iran au moment de la révolution trouvent refuge dans un petit village d?Irlande pluvieux et replié sur lui-même. Elles y ouvrent le Babylon Café et bientôt les effluves ensorcelants de la cardamome et de la nigelle, des amandes grillées et du miel chaud bouleversent la tranquillité de Ballinacroagh. Les habitants ne les accueillent pas à bras ouverts, loin s?en faut. Mais la cuisine persane des trois s?urs, délicate et parfumée, fait germer d?étranges graines chez ceux qui la goûtent. Les délicieux rouleaux de dolmas à l?aneth et les baklavas fondant sur la langue, arrosés d?un thé doré infusant dans son samovar en cuivre, font fleurir leurs rêves et leur donnent envie de transformer leur vie.Marsha Mehran s?est inspirée de sa propre histoire familiale pour composer ce roman chaleureux et sensuel où la cuisine joue le plus beau rôle. S?y mêlent le garm et le sard, le chaud et le froid, tristesse et gaieté, en une alchimie à l?arôme envoûtant d?eau de rose et de cannelle.Et pour que chacun puisse expérimenter la magie de la cuisine persane, une recette accompagne chaque chapitre du livre.4e de couverture : Trois jeunes s?urs ayant fui l?Iran au moment de la révolution trouvent refuge dans un petit village d?Irlande pluvieux et replié sur lui-même. Elles y ouvrent le Babylon Café et bientôt les effluves ensorcelants de la cardamome et de la nigelle, des amandes grillées et du miel chaud bouleversent la tranquillité de Ballinacroagh. Les habitants ne les accueillent pas à bras ouverts, loin s?en faut. Mais la cuisine persane des trois s?urs, délicate et parfumée, fait germer d?étranges graines chez ceux qui la goûtent. Les délicieux rouleaux de dolmas à l?aneth et les baklavas fondant sur la langue, arrosés d?un thé doré infusant dans son samovar en cuivre, font fleurir leurs rêves et leur donnent envie de transformer leur vie.Marsha Mehran s?est inspirée de sa propre histoire familiale pour composer ce roman chaleureux et sensuel où la cuisine joue le plus beau rôle. S?y mêlent le garm et le sard, le chaud et le froid, tristesse et gaieté, en une alchimie à l?arôme envoûtant d?eau de rose et de cannelle.Et pour que chacun puisse expérimenter la magie de la cuisine persane, une recette accompagne chaque chapitre du livre.