Né à Venise vers 1480, Lorenzo Lotto appartient à la même génération de peintres que Giorgione et Titien. Mais sa carrière se développa essentiellement hors de Venise, où il ne vécut que fort peu de temps, tout en revendiquant fièrement son origine. Mentionné pour la première fois comme maître en 1503, il subit d'abord l'influence d'Alvise Vivarini mais aussi celle des maîtres allemands, notamment Dürer. Cependant, très vite, il afficha son indépendance par rapport à toute norme établie. Sa carrière se déroula principalement dans trois régions : la Vénétie, Bergame et les Marches, ce qui lui permit d'acquérir une vaste expérience de différentes cultures picturales. Il aborda tous les genres : fresques, tableaux religieux, portraits et même cartons pour des marqueteries. A chaque fois, son tempérament indépendant et original lui permit de trouver des solutions raffinées ou plus populaires, anecdotiques ou psychologiques, mais toujours avec une grande science de la couleur. Par ailleurs, Lotto avait un caractère inquiet et tourmenté expliquant peut-être partiellement sa carrière itinérante, qui l'a sans doute privé d'une reconnaissance à la hauteur de son talent. Après sa mort en 1556, à la Santa Casa de Lorette où il s'était retiré comme oblat, le nom de Lotto tomba dans l'oubli. L'étude pionnière de Bernard Berenson en 1895 attira à nouveau l'attention sur cette ?uvre si étrange et attachante de la Renaissance tardive. Dans cet ouvrage exhaustif, Peter Humfrey fait appel à l'important corpus d'?uvres subsistantes de Lotto, mais aussi à la documentation du XVIe siècle relative à la vie de l'artiste, notamment ses lettres, son Livre de comptes les années 1538 à 1556 et son testament.
Nombre de pages
194
Date de parution
13/03/1997
Poids
1 442g
Largeur
253mm
Plus d'informations
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EAN
9782070115518
Titre
Lorenzo Lotto
Auteur
Humfrey Peter
Editeur
GALLIMARD
Largeur
253
Poids
1442
Date de parution
19970313
Nombre de pages
194,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Tiziano Vecellio (v. 1488/1490-1576), dit Titien, fut l'un des artistes majeurs d'une époque particulièrement riche en génies artistiques. Comme son contemporain et aîné Michel-Ange (1475-1564), Titien fut assez tôt largement crédité de dons artistiques de nature divine et comme son aîné, il domina l'art dans l'Italie du XVIe siècle par une carrière d'une remarquable longévité. Mais si le Florentin Michel-Ange se considérait avant tout comme un sculpteur - qui pratiquait néanmoins la peinture, l'architecture et la poésie -, Titien s'est exclusivement consacré à la peinture. Plus qu'octogénaire, bien avant sa disparition, il était souvent qualifié de «nouvel Apelle», autrement dit l'équivalent pour son temps du peintre le plus célèbre de l'Antiquité. Les générations suivantes, comme ses contemporains, l'ont considéré comme l'incarnation même de la peinture.Si la carrière de Michel-Ange fut marquée par l'amertume et la frustration, celle de Titien connut au contraire tous les succès. Natif de Vénétie, Titien vécut à Venise, ville riche et cosmopolite, où il travailla énormément pour les dirigeants et pour nombre d'amateurs locaux. Le cercle de ses commanditaires s'étendit rapidement au-delà de la ville pour inclure certaines des plus puissantes personnalités internationales, depuis les dirigeants d'autres États italiens, dont le pape, jusqu'à l'empereur d'Allemagne et au roi d'Espagne. Titien devait sa renommée mondiale à un talent exceptionnel dont le naturel et la vitalité émerveillaient ses contemporains. Mais son succès était facilité par une personnalité sympathique et courtoise, contrastant avec celle de Michel-Ange, notoirement susceptible et rugueuse. Selon Giorgio Vasari (1511-1574), premier biographe des deux artistes, «dans sa maison de Venise sont venus tous les princes, hommes de lettres et gentilshommes qui se rendaient ou se trouvaient de son temps à Venise, car outre l'excellence de son art, il possédait une extrême courtoisie, une éducation raffinée et des moeurs et manières très délicates.»Titien présente ses deux visages - gentilhomme distingué et génie créateur - sur un imposant Autoportrait, grandeur nature, probablement exécuté à la fin de sa vie, vers 1562/1564. Vêtu d'une veste richement doublée de fourrure, l'artiste expose sur sa poitrine les trois rangées d'une lourde chaîne d'or, insigne reçu trente ans auparavant avec le titre de chevalier de l'Éperon d'or et de comte palatin. En revanche, aucune trace de pinceau, palette ou chevalet, ni d'aucune autre référence à son métier de peintre; néanmoins la figure solidement assise et la tête légèrement tournée, comme un poète ou un visionnaire en quête d'inspiration, suggèrent une activité artistique. En outre, la qualité technique de son travail, montrant différents stades de finition, exprime avec éloquence l'art de la peinture à l'huile. Ainsi, si le traitement du visage est relativement précis, notamment la structure du crâne et le rendu de la barbe, la peinture de la chemise et de la chaîne l'est beaucoup moins, avec d'épaisses touches et taches de peinture crème et rouge, souvent à peine mélangée avec la couleur chair sous-jacente. Le traitement que fait Titien de ses propres mains est encore plus sommaire, comme si le peintre voulait suggérer le mystérieux processus par lequel l'artiste parvient à soumettre sa technique à la magie de son art pour transformer progressivement ses pigments et ses coups de pinceaux en une illusion du réel.
Humfrey Peter ; Lucco Mauro ; Pirovano Carlo ; Bon
La carrière de Lorenzo Lotto (vers 1480-1556) se déroula essentiellement hors de Venise, où il naquit, en Vénétie, à Bergame et dans les Marches. Cet artiste tomba dans l'oubli pendant près de quatre siècles. Ce qu'il est impossible d'admirer dans les musées, ce sont les fresques de Lotto, dont le cycle le plus important et le plus beau est étudié et reproduit dans cet ouvrage.Ces fresques ont été peintes en 1523-1524 dans le petit oratoire attenant à la propriété de la famille aristocratique Suardi, près du village de Trescore à quelques kilomètres de Bergame. Sur le mur principal se déploie l'image monumentale du Christ-Vigne, dont les doigts sont autant de ceps de vigne qui vont s'enrouler sur la paroi, entourant les représentations des saints. Le cycle représente également les différents épisodes des vies de sainte Barbe et de sainte Brigitte, protectrices tutélaires de l'oratoire. Ici, Lotto s'est adapté avec simplicité, humour et fraîcheur - comme dans la représentation des putti faisant de l'acrobatie au milieu des vignes et des grappes de raisin - aux histoires naïves qu'il devait conter sur les murs d'une chapelle champêtre.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.