Comment devient-on écrivain ? Sartre, Aragon, Perec et Modiano
Hilsum Mireille
KIME
22,00 €
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EAN :9782841746002
Comment devient-on écrivain ? Partir de la question de Sartre, dans Les Mots, c'est interroger le rapport que quatre écrivains de générations différentes entretiennent avec l'Histoire du XXe siècle, en ce qu'il rend possible (Je n'ai jamais appris à écrire ou les incipit d'Aragon) impossible (W ou le souvenir d'enfance de Perec, Dora Bruder et Un pedigree de Modiano) de raconter ses débuts d'écrivain. Les rares et douteux souvenirs de la prime enfance n'ouvrent plus, chez Perec ou chez Modiano, aucun récit des commencements de soi, aucune esquisse de vocation, voulue par soi ou par les siens. L'enfance est fondatrice dans Les Mots comme Les incipit. Mais le livre de Sartre a été conçu pendant la guerre froide, Je n'ai jamais appris à écrire après l'écrasement du Printemps de Prague. Les Mots témoigne de la possibilité de se changer et de changer le monde, ce n'est plus le cas des Incipit. Pas de reniement de soi, ni de l'engagement communiste pourtant dans le livre d'Aragon. Il appartient aux images de dire la noirceur des temps et d'en revenir à A.B. : André Breton par qui, dans ce nouveau roman de la création aragonienne, tout a commencé. Alors que Je n'ai jamais appris à écrire ou Les incipit est un livre tout en B, W ou le souvenir d'enfance est un livre tout en V. Perec y explore deux " déportations " : celle des siens dans la fable olympique, la sienne propre, enfant, " déporté " à Villard de Lens pendant l'Occupation. Sur l'île règne un " sport" inspiré de celui que David Rousset a analysé dans L'Univers concentrationnaire, à Villard la " vie sans repère " qui a tant frappé le jeune Perec à la lecture du livre de L'Espèce humaine de Robert Antelme. Mais Perec fait disparaître le nom d'Antelme qui n'apparaît que dans les avant-textes de l'oeuvre. C'est autour d'un autre " pauvre et précieux secret " que se construit Dora Bruder : c'est la fugue qui relie Dora et le jeune Patrick, elle encore qui détache, en partie, l'histoire de Dora de celle des siens. W relie deux " déportations ", Dora Bruder délie deux disparitions. Chacun des livres retenus dans ce parcours relie, à sa manière propre, histoire de soi et histoire des siens. Mais des Mots à Un pedigree s'esquisse peut-être aussi un dénouement, une déliaison de l'intime et du collectif.
Nombre de pages
224
Date de parution
13/11/2012
Poids
275g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782841746002
Titre
Comment devient-on écrivain ? Sartre, Aragon, Perec et Modiano
Auteur
Hilsum Mireille
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
275
Date de parution
20121113
Nombre de pages
224,00 €
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Amateurs d’ouvrages bien propres, autant vous prévenir : Mireille Hilsum a mis un bonnet rouge à la vieille typographie. Ce livre piétine une à une toutes les règles du bien-composer.Et encore, s’il n’y avait que la mise en pages ! Mais l’auteure bousille avec une féroce truculence tous nos repères littéraires : les personnages entrent et sortent des livres à leur guise, si possible en claquant les portes, les récits explosent à l’envi, bref, on ne sait plus où on est. Plus fort que la mise en abyme, c’est le roman du roman dans le roman.Aucun respect de la hiérarchie, en plus : pensez-donc, Léo Malet à côté de Flaubert !Et tout ça pour quoi ? Pour tenter d’en finir avec les catastrophes réservées aux personnages féminins voire aux femmes-écrivains ...Non, décidément, honnête lecteur, passe ton chemin, ce livre n’est pas pour toi. À moins que toi aussi, tu ne veuilles sauver une Bérénice échappée d’Aurélien ou la fille au manteau jaune, tout droit sortie d’un roman de Modiano.Mireille Hilsum fut professeure de littérature à l’Université Lyon 3-Jean Moulin. La Fille au manteau jaune est son premier roman.
Le premier volume a défini en propre la relecture du XVIIIe au XXe siècles. Prise entre hier et demain, entre la tentation de refaire et le risque de défaire, la relecture est une forme de retour sur l'?uvre publiée. Les modalités en sont nombreuses. Le premier volume a privilégié la relecture par les mots, que l'écriture soit ou non de l'ordre de la glose. Le second s'ouvre à l'édition, au rôle nouveau des éditeurs et des directeurs de collections. Aux gestes de l'auteur quand il se transforme, le temps d'une anthologie ou de la conception d'une ?uvre complète, en co-éditeur de son ?uvre. Aux enjeux modernes de telles entreprises. Aux livres brisés, morcelés des années 70. Le XXe siècle est celui des catastrophes et des révisions déchirantes, parfois accomplies dans le silence et la censure. Les relectures téléologiques se raréfient, la nécessité de l'oubli aussi. Alors qu'une commune exigence éthique interdit aux poètes présents dans ce volume toute forme de révision, la relecture de la prose quitte les marges ou les seuils, elle gagne voire mine l'?uvre elle-même, sans cesse reprise, revue, retouchée.
Depuis la fin du XXe siècle, un pan de la critique universitaire s'est montré soucieux d'offrir aux études francophones un soubassement épistémologique capable d'asseoir leur légitimité. Le présent ouvrage se situe résolument dans ce sillage. Son originalité tient sans doute à la contribution d'écrivains et d'étudiants conviés à participer à cet effort réflexif. Adoptant une composition polygraphe qui mêle articles scientifiques, essais et entretiens, ce livre esquisse un inventaire des concepts, pratiques et méthodes permettant d'appréhender les écritures francophones du XXIe siècle commençant. Il fait ainsi surgir ou resurgir quelques grandes questions et met en relief certaines nécessités : reconsidérer le concept même de francophonie, inclure la variété de ses espaces et de ses corpus, mais aussi sortir les études francophones de leur confinement. Plus globalement, il s'agit d'élaborer de nouveaux cadres théoriques pour repenser l'espace, le temps et l'histoire littéraire.
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Le numéro du Bulletin de la SHESVIE 28-2 sera consacré à un dossier spécial sur "Les classifications zoologiques d'Aristote à Linné. Approches historiques et lexicologiques" . Les éditeurs scientifiques en sont Meyssa Ben Saâd, Simon Thuault, Yoan Boudes et Axelle Brémont. Il sera découpé en cinq passionnants articles dont le premier explorera "La classification zoologique dans la civilisation arabe classique : approche lexicologique et épistémologique" (Philippe Provençal), puis les lecteurs pourront appréhender la richesse du " lexique de l'échelle des êtres dans le Traité des animaux d'Aristote et le De animalibus d'Albert le Grand" (Grégory Cless) avant de se pencher sur l'histoire du "Genre, maître mot du classement" (Philippe Lherminier) ainsi que sur "Les traités d'Ichtyologie vers 1555- La naissance de la "peinture scientifique" " (Katharina Kolb). Enfin, un groupe de jeunes chercheurs nous proposera une "Etude du lexique et des catégories zoologiques en vietnamien" (Phuong Duyen Nguyen, Arnaud Zucker, Danh Thành Do-Hurinville).
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.