Le public français connaissait déjà Une vie bouleversée, l'admirable journal tenu en 1941 et 1942 à Amsterdam par Etty Hillesum. En pleine persécution, cette jeune femme juive découvrait en elle assez de ressources spirituelles pour continuer à croire en l'homme et à proclamer la beauté de la vie. A la mi-juillet 1942 commence la déportation massive des juifs néerlandais. Etty, employée du " Conseil juif ", se porte volontaire pour accompagner les déportés au camp de transit de Westerbork : elle veut partager, mais aussi alléger la souffrance des siens. Elle passera un an au camp, d'abord " privilégiée " libre de ses mouvements, puis simple détenue, avant de monter à son tour dans les wagons à bestiaux, un mardi de septembre 1943. De ce séjour dans l'antichambre de l'holocauste, nous reste le témoignage des lettres qu'elle envoyait à ses amis d'Amsterdam. " Pour écrire la chronique de Westerbork, écrit-elle, il faudrait être un grand poète. Etty est ce poète qui porte un regard aigu et parfois satirique sur le monde absurde du camp, troupe de victimes livrées à leurs bourreaux, mais aussi société humaine en miniature. C'est peut-être cela l'enfer : une société comprimée sur un demi-kilomètre carré, où une divinité sadique pratique chaque mardi -jour de départ des " convois "- un aveugle jugement dernier. Mais l'inestimable valeur de ces Lettres de Westerbork tient aussi à l'extraordinaire naturel, à la simplicité qui permet à Etty de passer sans transition de préoccupations quotidiennes à des élans d'amour et de compassion sublimes. Car Etty n'est jamais un témoin détaché. Elle se projette dans tous les êtres qu'elle côtoie et puise pour sa part une sérénité étonnante dans la conviction qui l'habite : "il ne s'agit déjà plus de vivre, mais de l'attitude à adopter face à notre anéantissement " A propos d'Une vie bouleversée : " C'est un livre surprenant de force morale et de joie de vivre. " François Mitterand.
Nombre de pages
125
Date de parution
01/10/1988
Poids
401g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782020103589
Titre
Lettres de Westerbock
ISBN
2020103583
Auteur
Hillesum Etty
Editeur
SEUIL
Largeur
140
Poids
401
Date de parution
19881001
Nombre de pages
125,00 €
Disponibilité
Epuisé
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De 1941 à 1943, à Amsterdam, une jeune femme juive de vingt-sept ans tient un journal. Le résultat : un document extraordinaire, tant par la qualité littéraire que par la foi qui en émane. Une foi indéfectible en l'homme alors qu'il accomplit ses plus noirs méfaits. Car si ces années de guerre voient l'extermination des Juifs en Europe, elles sont pour Etty des années de développement personnel et de libération spirituelle. Celle qui note, en 1942, " Je sais déjà tout. Et pourtant je considère cette vie belle et riche de sens. A chaque instant. ", trouve sa morale propre et la justification de son existence dans l'affirmation d'un altruisme absolu. Partie le 7 septembre 1943 du camp de transit de Westerbork, d'où elle envoie d'admirables lettres à ses amis d'Amsterdam, Etty Hillesum meurt à Auschwitz le 30 novembre de la même année.
Ce sont des temps d'effroi, mon Dieu. Cette nuit, pour la première fois, je suis restée éveillée dans le noir, les yeux brûlants, des images de souffrance humaine défilant sans arrêt devant moi. Je vais te promettre mon Dieu, oh ! une broutille : je me garderai de suspendre au jour présent, comme autant de poids, les angoisses que m'inspire l'avenir ; mais cela demande un certain entrainement. Je vais t'aider, mon Dieu, à ne pas t'éteindre en moi, mais je ne puis rien garantir à l'avance". Extrait du journal d'Etty Hillesum.
Etty Hillesum est juive. Elle commence un journal en 1941, sa seule publication à ce jour. À 27 ans, sa foi en la vie, en l'homme et en l'art étonnent, d'autant que la guerre et ses mesures antisémites sévissent. Mais à peine en fait-elle part dans son journal qu'elle emploie plutôt à se dire, à comprendre sa relation au monde, aux autres et à Spier, l'homme qu'elle aime, également psychanalyste et disciple de Jung. Alors que l'humanité s'avilit, la voix de la jeune Néerlandaise s'élève comme une incantation, d'une pureté sans fard et sans naïveté. En 1943, sa famille est déportée à Westerbork. Avant même d'être appelée, elle la rejoint, accomplissant le voeu qui clôture son journal : "On voudrait être un baume versé sur tant de plaies." Les lettres qu'elle y écrit, réunies dans la seconde partie de ce volume, sont éblouissantes de foi et de lucidité mêlées. Sa liberté intérieure sonne, étrange et belle, dans les camps, jusqu'en ce 7 septembre 1943 qui l'emporte à Auschwitz. Et l'on se remet mal de son silence. --Laure Anciel
Présentation de l'éditeur L'attention portée à la vie brève et féconde d'Etty Hillesum, jeune juive hollandaise morte à Auschwitz à vingt-neuf ans, dépasse de loin le cercle des initiés. Jour après jour, dans un combat lumineux et acharné pour rencontrer la vérité et la réalité telle qu'elle est, elle confie à son journal son cheminement intérieur et son inébranlable parti pris d'espérance : la vie est "belle et pleine de sens" à chaque instant. Même les pires. Le temps de vivre est un calendrier perpétuel avec un enseignement de sagesse par jour, extrait de son journal et de ses lettres depuis le camp de transit de Westerbrok. Les extraits de "Le temps de vivre" sont axés sur sa transformation et sur son cheminement intérieur à portée universelle. Pour toucher un plus large public que celui qui l'identifie à l'enfer de la Shoah. Le processus de naissance à elle-même qui a été le sien est de tous les temps. Un livre qui brûle pour aujourd'hui.
Le 29 décembre 1956, l'Algérie française portait en terre l'un de ses leaders, Amédée Froger, tué la veille, alors qu'il sortait de son domicile. La nouvelle de l'assassinat a fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger ont rassemblé une foule nombreuse. Elles ont surtout été l'occasion de ratonnades qui ont marqué les observateurs. S'appuyant sur de nombreuses sources, dont des archives policières et judiciaires inédites, Sylvie Thénault retrace ces événements et propose à travers eux une généalogie des violences exercées par les Français sur les Algériens dans le contexte de la colonisation. Trop souvent résumées à des actions ponctuelles et paroxystiques, ou associées aux seules exactions de l'OAS à la toute fin de la guerre, ces violences - non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de la minorité française, née là-bas - s'inscrivent dans une histoire longue. Elles se nourrissent d'un rapport de domination brutal, empruntant à toutes les formes d'oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s'ancrent dans un espace urbain où les différences et les inégalités se lisaient à la moindre échelle, celle du quartier, voire de la rue ou de l'immeuble. Faisant des événements ayant entouré la mort et l'enterrement d'Amédée Froger le chaînon manquant de cette longue histoire, Sylvie Thénault propose ici une histoire spatiale et sociale de la guerre à Alger, en plaçant au coeur de l'interrogation ce que les ratonnades doivent aux rapports entre les populations en présence.
XVIIe siècle. Aux Antilles. C'est la nuit sur une plantation où se déroule une veillée mortuaire. Un vieux-nègre esclave entre dans le cercle des flambeaux. Dès ses premiers mots, il se métamorphose en " maître-de-la-Parole ". Comment ce vieil homme a-t-il pu s'ériger en père fondateur de la littérature des Amériques ? Quels sont les secrets de cet improbable résistant à l'esclavage et à la colonisation ? D'où lui vient cette assignation à ne conter que la nuit, sous peine d'être transformé en panier ? Et pourquoi un panier ? Partant de l'extraordinaire émergence du conteur créole, Patrick Chamoiseau interroge son propre travail d'écrivain, sa mémoire intime et les mystères de la création. Quels sont les grands enjeux de la littérature contemporaine ? En quoi rejoignent-ils ceux de ce vieux maître-de-la-Parole ? ... " Chaque création est une avancée de la réflexion, de la connaissance, du rapport désirant avec cet horizon sans horizon qu'est la Beauté. " Patrick Chamoiseau, né en 1953, a élargi la portée de la littérature antillaise à un niveau mondial. Prix Goncourt pour Texaco (Gallimard, 1992), il est l'auteur d'une oeuvre narrative et théorique majeure où se mêlent imaginaire foisonnant et conscience politique. Sa voix est aujourd'hui l'une des plus influentes de la Caraïbe. Au Seuil ont récemment paru La Matière de l'absence (2016), Frères migrants (2017), Contes des sages créoles (2018) et, en Points Thriller, J'ai toujours aimé la nuit (2018).
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