Postcolonialisme et droit : perspectives épistémologiques
Herrera Carlos Miguel ; Geslin Albane ; Ponthoreau
KIME
20,00 €
Épuisé
EAN :9782841749881
Les études postcoloniales ont, depuis quelques années, largement irrigué les divers champs disciplinaires des sciences humaines et sociales. Force est néanmoins de constater que, en France à tout le moins, le droit n'a pas été conduit à s'interroger en profondeur sur les perspectives épistémologiques ouvertes par le tournant postcolonial. Notre livre offre plusieurs parcours pour analyser l'impact du postcolonialisme sur le droit, en associant de manière étroite des juristes avec des chercheurs venants d'autres disciplines, en particulier historiens et philosophes. L'interrogation épistémologique qui traverse tous ses chapitres, s'exprime par deux grands questionnements, le premier touchant au droit, le deuxième aux disciplines juridiques. La première partie de l'oeuvre se concentre sur les rapports existants entre les institutions juridiques et l'expérience coloniale. Ce volet est abordé d'un point de vue historique (à partir des expériences du colonialisme français en Algérie et anglais en Inde), certes mais aussi dans une perspective actuelle (la question de la Nouvelle Calédonie). Et c'est ici que la pluridisciplinarité de l'ouvrage se fait plus fortement sentir. Dans le second versant du livre, notre travail cherche à confronter les perspectives postcoloniales à trois disciplines juridiques : l'histoire du droit, le droit constitutionnel et le droit international. Ici la réflexion est davantage le fait des juristes, qui explorent ce que le postcolonialisme fait à la rationalité juridique. Une confrontation qui modifierait dorénavant la pensée juridique, dans un contexte de globalisation. L'ouvrage conclut, comme il ne peut pas être autrement, sur une réflexion sur les rapports entre savoir et politique.
Nombre de pages
212
Date de parution
20/11/2020
Poids
284g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782841749881
Titre
Postcolonialisme et droit : perspectives épistémologiques
Auteur
Herrera Carlos Miguel ; Geslin Albane ; Ponthoreau
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
284
Date de parution
20201120
Nombre de pages
212,00 €
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L'expression "droits sociaux" évolue dans une situation paradoxale. Si elle fait florès en sciences sociales et en politique, elle suscite encore la méfiance des juristes: les droits sociaux restent percus comme des droits spéciaux, particuliers, contingents, se confondant souvent avec une politique sociale et se résumant, en tous les cas, à des prestations matérielles de l'État. Face à ces débats doctrinaux, force est de constater que, depuis les années 1970, au niveau international, européen et même français, les droits des travailleurs en particuliers mais aussi à la santé, au logement, etc. n'ont cessé d'augmenter.Du droit de grève au DALO, cet ouvrage analyse la pertinence de la catégorie "droits sociaux'. Il dresse un état des lieux des débats doctrinaux autour de cette notion comme des évolutions juridiques en France et à l'étranger. Biographie de l'auteur Carlos Miguel Herrera est professeur de droit public à l'Université de Cergy-Pontoise, où il dirige le Centre de philosophie juridique et politique."
En France, on connaît surtout Hans Kelsen (Prague, 1881 - Berkely, Californie, 1973) pour ses travaux en théorie du droit. Mais l'oeuvre du juriste autrichien dépasse largement la Théorie pure du droit, et sa conception est loin de l'asepsie par laquelle on l'a souvent caricaturée. Au contraire, elle s'inscrit dans une histoire : celle des transformations politiques et sociales qui éclosent dans notre siècle. Ce n'est nullement par hasard s'il pensait que c'était précisément par sa tendance anti-idéologique que la théorie pure du droit se révélait comme une véritable science du droit. En effectuant une reconstruction conceptuelle de la théorie politique de Hans Kelsen, ce livre cherche à déterminer la portée politique du formalisme juridique, par le biais notamment de la dimension techniciste du normativisme et ses liens avec le versant artificialiste de la philosophie politique. L'ouvrage étudie en particulier ses confrontations avec les idées politiques et juridiques contemporaines (le marxisme, Schmitt, Hayek) et explore ses rapports avec les courants intellectuels et politiques de son temps. La théorie kelsénienne apparaîtra alors sous un jour plus complexe.
Résumé : Longuement délaissé, sinon caché, le rapport entre le droit et le politique est susceptible de multiples éclairages. On a pu ainsi prioriser, pour délimiter ses contours, un certain regard volontairement extérieur, " sociologique ", sur la production du droit. Mais on peut se proposer aussi de le retrouver dans les théorisations propres des juristes, cette " doctrine ", qui se veut souvent comme une partie du dispositif juridique. En effet, les productions doctrinales nous offrent un extrait sublimé, mais hautement concentré de ce rapport au politique. C'est cette dernière direction qu'on privilégie dans ce livre, qui continue l'exploration de la culture juridique française d'entre-deux guerres à l'aune d'un ensemble de concepts novateurs, dont celui de juriste de gauche.
Le numéro 16 de la revue Incidence est organisé autour d'un essai de Carlo Ginzburg qui touche au coeur ignoré de la plus brûlante actualité, dans le monde globalisé qui est le nôtre, celle qui voit se déchaîner des conflits entre les cultures, les genres, les religions... : "Nos mots et les leurs. Une réflexion sur le métier d'historien, aujourd'hui" . Que peut apporter la réflexion d'un historien sur la démarche qui permettrait de tenter de comprendre l'autre, celui qui est en face ? Carlo Ginzburg, à partir de son métier, préconise une attitude critique et détachée qui exige de prendre en compte deux niveaux, non seulement celui de la parole de ceux qui se font entendre à travers les traces laissées par l'Histoire, mais aussi celui de l'observateur lui-même impliqué dans sa recherche avec ses propres mots, et les façons de penser qu'il partage avec ses contemporains. L'historien part donc de ses propres questions, inévitablement anachroniques, pour chercher des réponses, mais ces réponses modifient elles-mêmes les questions, de sorte que, dans un jeu dynamique d'allers et retours, s'affine peu à peu la possibilité de parvenir à l'interprétation des sources en reconstruisant les modes de pensée des individus et des sociétés des époques analysées, si différentes des nôtres. Mais il précise bien que cela reste une interprétation, c'est à dire que même parvenu à restituer les réponses apportées par les documents, il doit garder à l'esprit qu'il y a toujours un travail de traduction. Il est donc important de maintenir la tension entre les questions et les réponses, nos mots et les leurs. Ce que l'historien a élaboré pour tenter de penser le passé peut servir de modèle pour aider à franchir les distances qui séparent aujourd'hui les genres, les cultures, les nations etc. au niveau mondial. Carlo Ginzburg dans le déroulement de ce fil réflexif ne cesse de rayonner vers les autres sciences humaines, s'enrichissant de cette ouverture constante aux disciplines elles aussi confrontées aux nécessités de l'enquête et de l'interprétation : la linguistique et l'anthropologie qu'il donne en exemple de cette rigueur méthodologique, mais aussi la philologie et la littérature. La revue Incidence réunit ici des chercheurs de grande compétence, de sciences humaines, et de critique littéraire, pour dialoguer avec lui à partir des problèmes auxquels ils sont confrontés dans leur propre domaine d'étude.