De l'affaire Aubéry à l'affaire Aliker : chronique de justice coloniale
Hedrich Marc ; Plenel Edwy
MICHALON
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EAN :9782347004316
Le 12 janvier 1934, le cadavre du journaliste André Aliker est retrouvé sur une plage de Case-Pilote (Martinique). Malgré l'émotion générale, l'instruction et le procès à venir laissent un goût amer ? celui d'une justice à deux vitesses sur une île marquée par les inégalités coloniales et la domination des grandes familles békés. Car personne n'ignore que le destin d'Aliker est lié à celui d'Eugène Aubéry, puissant industriel béké dont le journaliste, au mépris d'intimidations et de menaces à peine voilées, a dénoncé les agissements en matière de fraude fiscale. Pourtant, Aubéry ? inexplicablement blanchi des accusations de corruption et fraude ? sera le grand absent du procès Aliker. Quelques mois plus tard, voulant venger son frère de ce déni de justice, Marcel Aliker sera inculpé pour tentative de meurtre sur la personne d'Aubéry. Aubéry blanchi, l'assassinat d'André impuni, Marcel acquitté : en articulant ces trois affaires, Marc Hédrich met en lumière les mécanismes d'un système colonial au sein duquel la justice, sous la coupe du gouverneur, ferme les yeux sur la corruption des magistrats, laisse impunis les nantis et n'hésite pas à dépayser en métropole les affaires les plus encombrantes. Au-delà du fiasco judiciaire, la mort d'André Aliker, le " Jaurès " martiniquais, est l'épisode le plus tragique d'un drame en trois actes, irrigué des fortes tensions liées au colonialisme dans les années 1930 ? peut-être l'une des pages les moins reluisantes de la justice française.
Nombre de pages
240
Date de parution
13/05/2026
Poids
460g
Largeur
157mm
Plus d'informations
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EAN
9782347004316
Auteur
Hedrich Marc ; Plenel Edwy
Editeur
MICHALON
Largeur
157
Date de parution
20260513
Nombre de pages
240,00 €
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Le Havre, 1910. Jules Durand, docker charbonnier, est injustement accusé de complicité d'assassinat d'un contremaître. Son véritable tort en cette période de grève sur le port : être syndicaliste et oser se révolter contre les indignes conditions de travail imposées par la Compagnie générale transatlantique. S'ensuivent une parodie de procès et une condamnation à mort. Mais face à l'injustice, l'indignation et à la mobilisation populaire finissent par payer. La cour de cassation reprend le dossier et innocente Durand. Trop tard cependant : Jules Durand, syndicaliste autodidacte, pourfendeur de l'alcoolisme ouvrier, finira sa vie à l'asile. Comment la machine judiciaire a-t-elle pu s'enrayer au point de condamner à mort un innocent ? Surtout, comment cette affaire retentissante en son temps, qui mobilisa l'opinion publique et les intellectuels de l'époque - Jaurès en tête -, a pu être frappée du sceau du silence ? Avec son regard de praticien et documents à l'appui, Marc Hédrich tente de percer le mystère de cette amnésie collective. Le présent ouvrage apporte ainsi un éclairage aussi rigoureux que précieux sur ce crime judiciaire sur fond de justice de classe : le contexte, les acteurs du drame (dont le jeune avocat de Jules Durand, un certain René Coty) et les suites du jugement, en même temps qu'il dresse le tableau saisissant d'une époque, notamment des misérables conditions de vie des charbonniers. Le récit d'une des plus grandes erreurs judiciaires du xxe siècle.
Le jury a acquitté l'assassin de Jean Jaurès ! " , titre L'Humanité après la libération de Raoul Villain. Le journal ne se trompe pas en faisant des jurés les acteurs principaux de cette décision : à cette époque, c'est eux qui font et défont les coupables ! Villain n'est pas le seul à bénéficier de ce verdict : quelques années plus tôt, Henriette Caillaux, l'épouse du ministre des Finances, a été blanchie de l'assassinat du rédacteur en chef du Figaro, pourtant abattu de sang-froid. Quant à la jeune anarchiste Germaine Berton, elle aussi est acquittée en 1923 après avoir tué à bout portant Marius Plateau, journaliste de L'Action française, pour... venger Jaurès. D'une plume aussi alerte que convaincante, Marc Hédrich fait revivre ces procès qui secouèrent l'opinion publique durant les Années folles. Du passage à l'acte aux plaidoiries des avocats, il livre un récit minutieux des trois affaires et de leurs conséquences dans l'histoire de la justice. et éclaire ainsi le rôle essentiel de sa figure la plus démocratique : le juré.
Depuis 1964, le Nouvel Observateur s'est imposé comme un hebdomadaire de référence dans la presse française. C'est donc à travers l'itinéraire d'un maquettiste que l'on découvre l'envers du décor. A la mise en page, dans ce lieu stratégique où textes et photos s'assemblent, un homme d'images dans un monde d'écrits nous parle avec passion de son métier et nous fait pénétrer dans les coulisses. On découvre ainsi les différents métiers, leurs ambiances, les enjeux, les enthousiasmes mais aussi les amertumes qui régissent cette singulière et bouillonnante "symphonie hebdomadaire".
En 1944, Raphaël Lemkin est le créateur du concept juridique de génocide et des notions de « crimecontre l'humanité ». De la Société des Nations à l'Organisation des Nations Unies, en passant par le tribunal de Nuremberg, ce juif polonais réfugié aux Etats-Unis a été un acteur fondamental du développement d'un droit international humanitaire.
Du Mutterrecht, l'oeuvre majeure de Bachofen, Walter Benjamin écrivait qu'il s'agissait d'une "prophétie scientifique". De prime abord, il s'agit là d'une étrange définition pour un ouvrage qui, loin de se tourner vers l'avenir ou d'en délinéer les formes, explore les confins du passé pour esquisser, par le biais de l'étude des mythes, le contour de l'origine de nos sociétés. La pensée de Bachofen est prophétique car révolutionnaire, et par là même porteuse de fruits pour l'avenir. Il a en effet avancé une thèse bouleversante : les premières sociétés humaines auraient été régies par un droit maternel, l'organisation patriarcale n'étant qu'une forme plus avancée, certes, mais plus tardive de l'évolution spirituelle et sociale de l'humanité. Sa pensée permet de ainsi de réfléchir à la prégnance de l'opposition masculin/ féminin, maternel/ paternel dans les fondements mêmes de nos sociétés, mais aussi de considérer l'importance que la notion d'origine, et la représentation, pour erronée qu'elle soit, qui en est faite, revêt pour la construction et le maintien de la société et de ses structures. C'est bien là une réflexion avec laquelle, aux dires de Bachofen lui-même, "on n'est pas près d'en finir".
Savez-vous que votre enfant peut vous être enlevé parce que vous l'aimez trop, parce que vous êtes en conflit avec votre conjoint, victime de violences ou simplement parce qu'un motif aura été " trouvé " par les services sociaux ? Le placement d'un enfant est de plus en plus fréquemment décidé par la justice pour des motifs qui n'ont rien à voir avec un danger, et de très nombreux enfants sont retirés à leur famille aimante et bientraitante. Le placement des enfants est aussi la double peine des femmes victimes de violences conjugales, ou des enfants victimes d'inceste. La CIIVISE, le mouvement #metoo ont mis en lumière le faible poids de la parole des victimes. Pour la première fois, une avocate dénonce ce fléau, à l'origine de véritables drames : le placement abusif d'enfants. A travers des récits de dossiers typiques et l'analyse des influences qui s'exercent sur un système judiciaire dépendant des services sociaux, elle pointe du doigt des dysfonctionnements majeurs affectant la protection de l'enfance. Dotée d'un budget de plus de 8 milliards annuels, l'intervention majoritaire d'acteurs du secteur privé introduit dans ce système socio-judiciaire peu contrôlé une inquiétante notion de rentabilité. Appuyée par la contribution scientifique du Dr Isabelle Salmon, docteur en médecine et docteur en sciences sociales et humaines, Christine Cerrada signe un document édifiant, véritable pavé dans la mare, qui dénonce une atteinte sans précédent à la liberté fondamentale de vivre en famille.
Le malaise de Stendhal (1783-1842) face à l'autorité est une dimension essentielle de son oeuvre. Rétif à la subir, il se sent également inapte à l'exercer. Son oeuvre constitue une vaste insurrection imaginaire contre l'ordre établi, assise sur les moyens du burlesque, de la dérision et de l'ironie. Ce n'est pas seulement l'Ancien Régime que ce libéral combat, mais le pouvoir en général, envers lequel il exerce son scepticisme. C'est cette insoumission fondamentale qui confère à l'oeuvre de Stendhal sa puissance de séduction et sa force subversive.