« Dans la vie il est des blessures qui semblables à la lèpre lentement dévorent et entament l'esprit dans sa retraite. » L'incipit de La Chouette aveugle est de ceux qui restent gravés dans les mémoires et dessinent en quelques mots un univers. Celui de Sâdeq Hedâyat est sombre, oppressant et morbide. Le narrateur de son roman, alterne les temps d'apaisement halluciné, que lui apporte l'opium, et les moments où il crie avec une acuité déchirante et une lucidité implacable son dégoût du monde et de la bassesse des comportements humains. La nouvelle traduction de Sébastien Jallaud proposée dans ce volume colle au texte de l'auteur, emprunte le rythme si particulier de ses phrases et restitue la crudité de ses analyses.Imprimée pour la première fois en 1937 à Bombay, La Chouette aveugle connut une histoire éditoriale particulièrement complexe. Outre la traduction du roman, l'ouvrage donne à lire le résultat des recherches menées par Sébastien Jallaud, dans les bibliothèques et archives d'Europe et d'Iran, sur les différentes éditions du texte en persan, le contexte de publication de la première traduction française du roman (en 1953) et le séjour de Sâdeq Hedâyat en Inde. L'ouvrage contient enfin la toute première édition critique du texte persan de La Chouette aveugle ainsi que celle de deux courtes nouvelles écrites en français par Sâdeq Hedâyat, très probablement lors de son séjour indien.Table des matières : Introduction, par Homa KatouzianLa Chouette aveugle : Bombay, Téhéran, ParisSâdeq Hedâyat en IndeLes premières éditions de Buf-e kurDe quand dater la rédaction de Buf-e kur ...La traduction de Roger LescotLa présente traductionLa Chouette aveugle : traduction françaiseNotes sur la traductionDeux nouvelles en français« Lunatique »« Sampingué »AppendicesChronologie de la vie de Sâdeq HedâyatBibliographie critiqueRemerciementsÉdition critique du texte persanNotes Biographiques : Sâdeq Hedâyat est l'un des plus grands écrivains iraniens du XXe siècle. Né à Téhéran en 1903, il étudia dès l'adolescence la langue et la littérature françaises et séjourna en France à plusieurs reprises. En Iran, très actif dans la vie intellectuelle du pays, il se consacra à l'écriture tout en occupant différents postes administratifs subalternes. En butte à la censure et en désaccord avec les idées politiques d'une partie de ses collègues, il partit pour Paris en 1950, où il se donna la mort en avril 1951. Il laisse une ?uvre abondante, notamment des nouvelles, ainsi qu'un roman, La Chouette aveugle. Né en 1992 à Paris, Sébastien Jallaud vit à Lisbonne depuis 2014. Il se consacre à l'exploration de l'écriture littéraire grâce à différentes approches au nombre desquelles l'édition, la traduction (persan, portugais, anglais), l'histoire et la théorie critique. En 2016, il a co-fondé les Éditions Ismael, un projet éditorial et archivistique indépendant à but non lucratif.
Chez Sadeq Hedàyat, trois gouttes de sang au fond d'un jardin nourrissent amplement la folie d'un homme, une mission archéologique suit pas à pas la recette de sorcellerie découverte au creux d'un sarcophage, une jeune fille simple se découvre masochiste dans le mariage, et un fidèle perroquet vaudrait presque tous les serments d'amour. Dans ce recueil empli d'échos, les chants de l'enfance tournent en boude comme des obsessions, les arbres ont forme humaine au crépuscule et les ombres des hommes sont bien plus libres que leurs pas ? Trois gouttes de sang, comme mille et une nuits cauchemardesques et grinçantes, extraordinaires, cruelles, magnifiques. "Dix petites merveilles lucides et amères." Le Monde des Livres
La nouvelle traduction du roman halluciné de Sadêq Hedâyat, l'une des ?uvres fondatrices de la littérature persane contemporaine. « Dans la vie il est des blessures qui semblables à la lèpre lentement dévorent et entament l'esprit dans sa retraite. » Fumeur d'opium, le narrateur de La Chouette aveugle alterne les temps d'apaisement halluciné et les moments où il crie, avec une lucidité implacable, son dégoût du monde et de la bassesse des comportements humains. Un récit oppressant, obsédant, chef d??uvre de la littérature persane. Sâdeq Hedâyat est l'un des plus grands écrivains iraniens du xxe siècle. Né à Téhéran en 1903, il étudie la langue et la littérature françaises. En butte à la censure et en désaccord avec certaines idées politiques, il part pour Paris en 1950, où il se donna la mort en avril 1951. Édition et traduction de Sébastien Jallaud
Les Belles Lettres regroupent dans ce somptueux coffret réalisé par Benjamin Van Blancke les deux volumes d'Isaac Asimov consacrés à l'histoire romaine, de sa fondation à sa chute. C'est sa fascination pour l'histoire du grand Empire romain qui inspira Asimov pour construire son Empire galactique dans le Cycle de Fondation, oeuvre qui s'est rapidement imposée comme un classique et comme une référence de la littérature de science-fiction. Dans La République romaine, Asimov retrace l'épopée d'une petite tribu qui a bâti en l'espace de 500 ans, grâce à son audace et à son ingéniosité, l'une des civilisations les plus brillantes de l'histoire : Rome. De la fondation légendaire par Romulus à l'avènement d'Auguste, Asimov dresse, grâce à sa maîtrise parfaite de la narration, un tableau limpide de cette époque fascinante. Chaque chapitre s'ouvre sur l'une des superbes illustrations de Benjamin Van Blancke, et immerge tout entier le lecteur dans cette « suite extraordinaire de triomphes et de désastres, de faits de bravoure au combat et de bêtise dans la paix, d'intrigues sordides et d'idéalisme glorieux » (Isaac Asimov). Dans le second et dernier volume consacré à l'histoire romaine, Isaac Asimov guide ses lecteurs à travers les quatre siècles durant lesquels Rome assura son hégémonie sur le monde occidental, apportant la paix à une centaine de millions de personnes. L'Empire romain reprend le récit là où La République romaine l'avait laissé, à l'avènement d'Auguste et au début du principat, et couvre toutes les lignées d'empereurs jusqu'aux royaumes germaniques et à la victoire de Clovis à Soissons, qui marque la fin de la tradition romaine, 1239 ans après la fondation de la Ville par Romulus. Se plaçant en chroniqueur lucide, Asimov, au moyen d'anecdotes savoureuses et d'apartés, relie la « grande » histoire, celle des batailles et des dirigeants, à la « petite », celle du quotidien et des masses anonymes. Ce volume est, comme le précédent, illustré par les majestueux dessins de Benjamin Van Blancke.
Claudel Paul ; Caron Maxence ; Soeur Marie de l'as
Cet ouvrage n'a guère à voir avec ce que l'on publia jusqu'à présent de Claudel (1868-1955). Il est un fait qu'en dehors de quelques titres, l'un des plus célèbres écrivains du monde n'est aujourd'hui connu dans son pays que de nom. Ce volume édite ses livres capitaux. Il est préfacé par Emilie d'Arvieu (Soeur Marie de l'Assomption), dominicaine et arrière-petite-fille du grand homme. Claudel n'est pas un écrivain comme les autres : derrière cette force qui plonge dans le puits de Jacob un bras sculpté par Isaïe, Eschyle et Rimbaud, il est la plus puissante figure fondatrice de l'Histoire contemporaine. Cette figure est encore si proche de nous, que nous commençons seulement d'apercevoir l'ampleur où conduit sa parole. Entrant un jour de Noël à Notre-Dame ce "grand coeur catholique" , qui d'abord ne le fut point, se convertit au christianisme de manière aussi fulgurante qu'inattendue. Il fréquente alors chez Mallarmé où il se rencontre avec la jeune avant-garde. Irréductible aux manières des habitués de la rue de Rome, Claudel crée une oeuvre souverainement affirmative en qui l'art est indissociable de l'annonce de la Vérité. Or, annoncer la Vérité, c'est ce que signifie précisément le mot "prophétie" . Prophétiques, les oeuvres de Claudel le sont par nature : armées de l'héritage de l'immortalité antique dont elles déduisent un symbolisme universel, elles dépassent les avant-gardes. Claudel traverse ainsi les genres littéraires, qu'il soumet à cette exigence prophétique et dont il obtient une parole nouvelle et éternelle. Poète, bien sûr, puis dramaturge dont le théâtre est un poème à plusieurs voix, il est d'abord un penseur au sens le plus pur. Ainsi, après avoir achevé Le Soulier de satin, il laisse le théâtre et consacre trente ans de sa vie à l'invention d'une nouvelle forme : la méditation biblique totale, en qui s'unissent tous les arts au sein d'une seule pensée récapitulant sa plénitude. Ces livres de philosophie, véritablement katholiques, prolongent sa recherche poétique qui, dépassant à présent le cadre d'un "théâtre dont la scène est le monde" , épouse en une langue sublime les contours de l'Ecriture Sainte afin de découvrir le sens de notre monde et la clef de son avenir. Jamais de tels textes n'avaient été écrits. Avant que Claudel ne manifestât cette unité qui mène des Cinq grandes Odes à Un poète regarde la Croix en passant par l'étincelant examen de notre époque au regard de l'Apocalypse, jamais n'avait été établie la cohérence qui va de la poésie à la pensée la plus intense. C'est ce parcours, cette cohérence, cet art, cette unité d'une vie qu'incarne notre ouvrage en réunissant les livres majeurs où, traçant son chemin entre grands poèmes et traités bibliques abyssaux, se révèle la pensée prophétique de Claudel.
Pendant une douzaine d'années, Jean-Pierre Otte s'est attaché à rassembler les mythes premiers du cercle Arctique, des deux Amériques, de l'Afrique noire, de l'Océanie et de l'Australie de l'"Ere du rêve". Ces mythes de création qui, dans le recours à l'imaginaire, demandent à la vie le secret de ses origines, étaient peu connus, dispersés ou fragmentaires, souvent jamais traduits de la langue dois laquelle les grands voyageurs et les premiers ethnographes les rapportèrent. Dans un second temps - et cette démarche fera date -, Jean-Pierre Otte s'est efforcé d'amener ces grands récits de la tradition orale à l'existence écrite. Son travail dans la rigueur n'en est pas moins une transposition poétique, aussi vivante et passionnée que possible. Il s'agissait d'amplifier le sens, d'exalter les couleurs, d'accentuer les contrastes, et de mettre en évidence, sans le dénaturer, le contenu philosophique, métaphysique, religieux, amoureux ou moral des mythes du commencement. Rendus magnifiquement, ces matins du monde ont été choisis pour être représentatifs des grands courants cosmogoniques, lesquels ne sont peut-être, malgré leurs différences, ou plutôt grâce à elles, que la diversité fabuleuse et fertile d'une unité foncière inscrite au plus profond de la mémoire du monde et de la nôtre.
Comnène Anne ; Frankopan Peter ; Leib Bernard ; Ki
Non, je n'écris pas cela par complaisance pour mon père. Je l'affirme, toutes les fois que je vois mon père se tromper, et je m'attache à la vérité. XIV, 7, 3