Le coude grince, son menaçant qui annonce son usure et son vieillissement, mais aussi le retour du geste de refus, la réapparition de toutes les figures de la révolte au nord, au sud, à l'ouest ou à l'est, " raccommodeurs des lisières effilochées " de la trame de l'univers. Ce discours poétique, âpre et pamphlétaire, fait entendre la voix des Touareg spoliés de leur pays, mais aussi celle de tous les peuples minorisés, de tous les déshérités de l'univers, de toutes les marges du monde hachées par les barbelés, piétinées par les hordes touristiques et livrées aux armées et aux milices paramilitaires. Qu'est-ce que le " coude de l'anarchie ", sinon l'espace réfractaire à l'autorité de l'Etat, le monde insoumis qui ne connaît ni dieu ni maître, où l'homme, unique pilier de l'univers, résiste à l'encerclement.
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Nombre de pages
127
Date de parution
01/05/1998
Poids
120g
Largeur
190mm
Plus d'informations
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EAN
9782842720506
Titre
Le coude grinçant de l'anarchie
Auteur
Hawad Mahmudan
Editeur
PARIS MEDITERRA
Largeur
190
Poids
120
Date de parution
19980501
Nombre de pages
127,00 €
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Événements traumatiques, meurtrissures des âmes, blessures des corps, abcès purulents d'un mal aux multiples figures... Ce texte met en scène les cauchemars qui hantent l'esprit des Touaregs portant le fardeau de la mémoire. Juxtaposition de mémoires. Frénétique, halluciné, cathartique, délirant, le rythme de ces visions atomiques suit les ondulations de la transe jusqu'à la délivrance ; à l'expulsion des scories et à la brèche ouverte par le sens retrouvé de la douleur à partager avec l'autre, l'alter ego, le compagnon qui se reconnaît dans le regard rougi et les contours meurtris des êtres, qu'il croise en traçant son chemin dans le désert.
Colonisé, annexé, tronçonné, empoisonné par les essais atomiques, défiguré par les compagnies minières, le désert des Touaregs est devenu "fournaise chaos fosse commune". Face au désastre et au non-sens, Hawad déploie son verbe "furigraphique", poésie au rythme débridé, avalanche de mots, profusion de sons, de souffles, de râles, délire et frénésie d'émotions, jusqu'à retrouver le "mal houle fiel des horizons" qui le propulse vers un temps mirage capable de rendre sens et figure au désert.
Présentation de l'éditeur Face à l'amnésie, comment exister? Dans ce texte, Hawad s'adresse à l'Azawad en tant que partie de lui-même - c'est-à-dire du Touareg qu'il est -, une partie qui a atteint une telle étape de souffrance, de misère, d'oppression, qu'elle accepte l'effacement derrière les étiquettes qu'on lui accole. A travers ce personnage évanescent, au bord du gouffre, privé de parole, d'espace, de droit à l'existence, Hawad tente de raccommoder une silhouette capable de se redresser. Il cherche à métamorphoser la souffrance en terreau de résistance, une résistance d'un autre type, qui nécessite de revenir à soi-même, à son imaginaire, à sa manière de penser le monde autrement. Le chemin est long. Hawad se sert de la poésie, " cartouches de vieux mots, / mille et mille fois faussés, bricolés, rechargés ", comme outil de résistance.
Dans cet ensemble de nouvelles, Maati Kabbal évoque sur un mode tantôt grave, tantôt burlesque, l'univers étrange et les ambiances chaudes de Khuribga, sa ville natale. Sur fond de chergui (sirocco) et d'embruns de phosphate se déroulent devant nous les roulis lascifs des cheikhates (danseuses du ventre), les séances de beuverie, de sexe et de sport. Sans fioritures et sur le ton de l'autodérision, ce recueil marque un retour sans détours sur les lieux de l'enfance, hantée par la figure imposante d'une tante-mère en mal de maternité. En filigrane transparaît l'interrogation de l'auteur sur la signification du retour au moment où la majorité des jeunes aspirent au départ.
Qui ne connaît ta ville la Porte du Vent, passage obligé pour tous les égarés, les paumés ? Ouverte aux vents marins, aux vents de pluie, aujourd'hui fermée à l'avenir. Accueillante aux brises, elle l'était jadis également aux hommes. Au voyageur arrivé par l'Ouest, elle offrait en prélude un lacis de ruelles étourdissantes ; en titubant, le nouveau venu se mettait sous la protection de son marabout ; il pouvait se désaltérer à la fontaine de la cour intérieure de sa vieille mosquée et y reprendre son souffle. Neuf siècles inscrits dans la chaux et la pierre. Tant d'étrangers sont entrés par là, qui ne sont plus jamais repartis. " Du regard croisé de deux femmes à la fois différentes et très proches, l'une, Selma, rivée à sa ville, à l'emprise de laquelle elle rêve d'échapper, l'autre, Hélène, revenue recoller les " morceaux de sa vie " dans son pays natal dévasté par une guerre sournoise, et d'un narrateur qui prend leur relais pour s'adresser à elles, émerge l'histoire de Bab-Errih - dont on ne saura jamais si elle réelle et transfigurée ou lieu métaphorique - et des destins chaotiques de ceux qui la peuplent...