Le point de vue le plus important - parce que dada était plus que dada - est qu'à l'origine il y avait des motifs multiples et complexes, des critiques et des révoltes sociologiques et artistiques. Ces impondérables restaient cachés à la plupart des gens pendant son activité, et c'est à présent seulement qu'on peut y voir à peu près clair ; en cela, dada ressemble à tous les autres événements. Mais, en son temps, tout était dada et dada était tout. Les bourgeois le croyaient babillage ou plaisanterie saugrenue, mais ils devaient bientôt découvrir qu'ils s'étaient trompés. Nous avons su remplir les journaux de fausses nouvelles sur dada et ses méfaits. Ce qu'était Dada réellement, on l'apprendra dans les pages qui suivent.Peintre, dessinateur, photomonteur, poète visuel et concret, poète sonore, théoricien, prosateur, technicien, auteur de manifestes, animateur de revue, danseur et performeur, historien, Raoul Hausmann fut l'un des fondateurs du "Club Dada" de Berlin (1918) ainsi que l'un des trois organisateurs, avec George Grosz et John Heartfield, de la "'Première Foire Internationale Dada" (Berlin, 1920). Pour Hausmann, Dada était plus qu'un mouvement artistique, plutôt une "situation de vie, une forme de mobilité interne" : il fut un explorateur de l'abstraction, évoluant de découverte en découverte, des premiers collages aux premiers photomontages jusqu'à ces gouaches de 1965 qu'il appelait "voyous de voyelles" . Hausmann se pencha aussi sur les phénomènes acoustiques et lumineux, et rédigea un traité d'optophonétique. En 1921, dans son manifeste du PREsentisme, il déclarait "l'homme nouveau doit avoir le courage d'être nouveau". De Limoges ou il s'installa au terme des étapes de son exil pour fuir l'Allemagne des années trente, Raoul Hausmann, le "Dadasophe" du groupe dadaïste de Berlin, écrivit ses souvenirs en 1958. II y évoque l'invention de ses photomontages, de ses poèmes-affiches, ainsi que ses amitiés, les manifestations dada avec Huelsenbeck et Baader, ou "anti-dada merz" avec Kurt Schwitters. Hausmann y traduit la plupart de ses manifestes d'époque et les commente ainsi que les diverses interprétations ultérieures de Dada par les historiens et conservateurs. De ce précieux témoignage de l'un des plus authentiques créateurs du mouvement Dada, nous donnons ici une nouvelle édition augmentée et commentée par Marc Dachy.
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Date de parution
29/01/2004
Poids
354g
Largeur
170mm
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EAN
9782844851406
Titre
COURRIER DADA
Auteur
HAUSMANN RAOUL
Editeur
ALLIA
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170
Poids
354
Date de parution
20040129
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Des multiples voies qu'ouvre ou emprunte Raoul Hausmann, souvent dans les directions les plus diverses, un sentiment seul et inchangé, semble toujours le guider - parfois véhément mais souvent d'une inéluctable lucidité - la révolte. Une pure, volcanique, sereine révolte. C'est elle qui, dans le café Westen à Berlin, le pousse à hurler ses poèmes phonétiques contre l'ordre bourgeois qui se met en place après la défaite du Kaiser. C'est elle encore, dans les années trente, qui, à l'encontre de l'académisme de l'esthétique nazie, l'amène par la photographie à rechercher ce qu'il y a de plus secret et de plus fragile dans le visible, la beauté immanente du monde dans son dépouillement originel. Enfin c'est elle qui, après la dernière guerre mondiale, lui intime de se tenir à l'écart de l'agitation superficielle des capitales pour être ce peintre-poète voyant qui se consume dans le présent et pour garder ce regard éloigné du philosophe qui observe la réversibilité des valeurs au fil des décennies. Pour Hausmann cette révolte permanente, totale, sans concession, c'était Dada. Une éthique plus qu'une esthétique. Dès lors sa vie ne pouvait suivre que les chemins de l'exil : un exil géographique, de Berlin à Ibiza, de Prague à Paris puis Limoges, mais aussi artistique, du photomontage à la photographie, du dessin à la gouache et à nouveau la peinture jusqu'aux derniers collages. Hausmann était cet artiste multiple décidé à vivre sa multiplicité comme un défi au conformisme ambiant. C'était aussi un homme qui vécut solitaire. " Cette monographie qui accompagne l'exposition du Musée Départemental d'Art Contemporain de Rochechouart est la première du genre en français, à tenter d'appréhender dans son ensemble et sa foisonnante diversité l'œuvre de Raoul Hausmann. Elle constitue en cela un document précieux pour mieux connaître l'un des protagonistes les plus singuliers de l'art du XXe siècle.
Race prolifique", les imbéciles, du fait même de leur nombre, assurent la survie de l'espèce. Ils sont aussi source de divertissement et autorisent la plus grande paresse. Leur domination, vu la masse qu'ils représentent, permet l'oisiveté. Car si tous les hommes étaient intelligents, que d'efforts il faudrait déployer. Qui plus est, sans imbécile, pas de génie. En effet, l'imbécile accepte volontiers des tâches, voire des responsabilités, dont l'homme intelligent ne voudrait pour rien au monde. Raison pour laquelle les puissants en sont souvent doté, d'imbécillité. L'imbécile a ceci de dangereux qu'il se mêle de tout et volontiers d'art et de littérature, quand ce n'est pas de politique. C'est que les imbéciles sont partout et prolifèrent. Mais ce peut aussi être un avantage.
Des plaines, des villes, des nuits, des îles... Demande à la brûlure est une errance peuplée de visions, de routes et de fantômes. Comme un carnet de voyage dans un monde flottant, les poèmes deviennent parfois des aphorismes, des fragments. "Le corps, amené à mourir / Un piège pour le désir" : comment lui échapper ? Comment se protéger de cette absence dont le souffle irradie la mémoire ? En se détachant du présent, au risque de se perdre en soi-même. En contemplant à travers de fragiles souvenirs le mouvement incessant du monde, les paysages dessinés par la mer et la fumée, un "soleil s'écroulant dans ma bouche". Et en rêvant le jour pour traverser les nuits, quand la puissance des images invoque et conjure des ombres voluptueuses. "L'obscurité s'accouple au vent / Pour me tenir ici".