LE CONTRAT ET LA SEDUCTION. ESSAI SUR LA SUBJECTIVITE AMOUREUSE DANS LE ROMAN DES LUMIERES.
HARTMANN PIERRE
CHAMPION
73,00 €
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EAN :9782852036857
Parmi les nombreuses représentations qui ont cours forcé dans l'imaginaire de notre histoire culturelle, il en est peu d'aussi prégnantes que celle qui, se déployant dans le champ aimanté de l'érotique, tend à identifier tout uniment le XVIIIe siècle au libertinage. Davantage encore que tout autre discours reçu, celui qui excipe d'emblèmes dont le prestige scintille aux confins indécis de la littérature et de la vie (Richelieu, Sade, Casanova...) fait écran à une réalité infiniment plus riche et complexe, fût-elle comme ici envisagée sous un jour purement littéraire. C'est à une traversée de cet écran que nous convie ce livre novateur, qui découvre dans la littérature romanesque du XVIIIe siècle le lieu d'une émancipation de la conscience amoureuse symétrique à la révolution intellectuelle simultanément opérée par les Lumières. Après avoir esquissé, autour de l'antagonisme occulté de la passion d'amour et du contrat courtois, une histoire conceptuelle de la subjectivité amoureuse depuis le Moyen Age au Grand siècle, l'auteur nous invite à une relecture attentive des grands romanciers qui, de Marivaux à Hölderlin, ont jeté sur les rapports un éclairage dont nos contemporains pourraient tirer profit, tant il est à craindre qu'ils ne perdront pas la mémoire sans un dommageable appauvrissement de leur propre expérience subjective.
Date de parution
06/07/1998
Poids
1 035g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782852036857
Titre
LE CONTRAT ET LA SEDUCTION. ESSAI SUR LA SUBJECTIVITE AMOUREUSE DANS LE ROMAN DES LUMIERES.
ISBN
2852036851
Auteur
HARTMANN PIERRE
Editeur
CHAMPION
Largeur
160
Poids
1035
Date de parution
19980706
Disponibilité
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De Platon à Nietzsche, l'histoire des rapports entre fiction et philosophie repose sur un malentendu auquel le dix-huitième siècle français a tenté d'obvier en inventant ce qu'il est convenu d'appeler une littérature éclairée. Mais alors que de nombreux épigones se contentent de mettre la création au service des idées dans un geste qui suscitera bientôt une rébellion des romantiques allemands, Diderot ne cesse de travailler à leur synthèse dynamique. Cette parfaite compénétration de la littérature et de la philosophie, Diderot y parvient par l'invention constamment renouvelée d'une figure de philosophe qui assure la médiation entre la représentation et le concept, la fiction et le logos. C'est du moins l'hypothèse herméneutique dont procède cet essai, qui se propose de relire sous cet angle la plupart des grands textes diderotiens, de la Lettre sur les aveugles à Jacques le fataliste, des Salons au Neveu de Rameau en passant par Le Rêve d'Alembert et le Supplément au voyage de Bougainville. Diderot y apparaît exemplairement comme l'artiste philosophe dont l'oeuvre parvient à conjuguer, sous le signe du comique et pour le plus grand plaisir du lecteur, les exigences contradictoirement impliquées par la notion de littérature éclairée : celles, concomitantes, de la lucidité critique et de l'enchantement poétique.
Comment la littérature prend-elle en charge les grands bouleversements historiques qui affectent notre civilisation en profondeur, telle est la question qui gît à l'arrière-plan de cet essai consacré au plus singulier de nos écrivains : Rétif de La Bretonne (1734-1806), fils de paysan devenu l'auteur d'une oeuvre immense trop souvent réduite à sa part autobiographique, voire à son seul aspect érotique. À l'encontre de ces lectures réductrices, ce livre suggère que l'axe central de l'oeuvre correspond à une tension sociohistorique parvenue à son point d'exacerbation dans les dernières décennies de l'Ancien Régime : celle de l'Individu et de la Communauté, formulée pour la première fois en toute clarté à l'occasion de la Révolution, dont le texte rétivien enregistre à sa manière la fracture décisive. Aussi l'oeuvre proliférante de Rétif de La Bretonne est-elle appréhendée ici à partir de ce point de vue exclusif et partial réclamé par Baudelaire, pour peu qu'il " ouvre le plus d'horizons ".
Ce livre est une étude minutieuse des effets produits par les idéologies sur la langue et la culture françaises. A l’aide d’exemples, il explique en quoi vocabulaire, syntaxe et grammaire ont été lourdement affectés et appauvris par les projets idéologiques contemporains dont le point commun est de dénigrer l’universalisme. Il s’intéresse d'abord au lexique utilisé par les défenseurs de « l’annulation », autrement appelé « wokisme ». Il examine ensuite ce que le néoféminisme fait spécifiquement à la langue et s'achève sur une réflexion critique portant sur l'extension abusive de la sphère du droit. La seconde section concerne la littérature et ses contours et met en lumière la pauvreté et les mensonges de l’œuvre entière d'Annie Ernaux. Suit un chapitre relatif à diverses dérives : d'abord une lecture aberrante de la Marseillaise due à l'essayiste Peter Sloterdjik, puis les étranges divagations de René Girard dans Mensonge romantique et vérité romanesque ; en addendum, quelques brefs exemples cocasses de la prose absconse d’intellectuels de renom, tels R. Barthes, J. Butler ou J. Derrida.Le troisième chapitre se penche sur les dérives affectant la mise en scène d'œuvres littéraires, tant au théâtre (et en particulier dans le cadre du Festival d’Avignon) qu'à l'opéra.Agrégé de lettres, Pierre Hartmann est professeur émérite à l’Université de Strasbourg, spécialiste du XVIIIème siècle.
A la fameuse question : qu'est-ce que les Lumières ?, on a généralement tenté de répondre sur le versant du concept, par le biais de l'investigation philosophique. Le programme d'étude élaboré par le CELUS se propose de déporter l'enquête du côté de l'imaginaire. en analysant l'évolution et les métamorphoses de la figure du philosophe dans les testes littéraires contemporains des Lumières. Ce volume délivre les premiers résultats de la recherche, menée d'abord sur le vaste corpus de la littérature dramatique. De Marivaux à Hölderlin, cette figure emblématique de son temps y est appréhendée dans des postures et des contorsions qui ne sont pas sans en modifier sensiblement notre représentation ordinaire.