Dirigé par Laurence Tacou. Adoré ou haï de son vivant, discutée autant que disputée aujourd'hui, la figure de Simon Bolivar dépasse son époque. Pour Byron, qui rêvait de rejoindre les troupes de l'Indépendance, le jeune patricien criollo, séducteur passionné, était le modèle du héros romantique ; il abolit l'esclavage, met en déroute l'Empire espagnol, réforme la société, ses conceptions politiques et sociales révolutionnaires en font un précurseur décrié par Marx. Le père de l'Indépendance fut autant l'inspirateur de la révolution cubaine qu'il demeure aujourd'hui, la caution des dictatures conservatrices ou l'étendard des guérillas de tous bords. À travers l'analyse des mythes bolivariens, passée ou actuels, ce Cahier est aussi le champ d'un débat critique sur la philosophie de l'histoire et sur l'idéologie politique où se trouvent confrontés les points de vue les plus divers. Les conceptions politiques de Bolivar, d'une actualité fulgurante, donnent un accès immédiat à la compréhension de l'histoire et des problèmes politiques et contemporains de l'Amérique Latine. À travers la vérité multiforme mais singulièrement cohérente de ce personnage exceptionnel, c'est la réalité politique, spirituelle et humaine de tout un continent qui prend forme, ici. Numérisation réalisée avec le soutien du CNL.
Nombre de pages
429
Date de parution
26/10/1982
Poids
930g
Largeur
211mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782851970572
Titre
Drieu La Rochelle
Auteur
Hanrez Marc
Editeur
L'HERNE
Largeur
211
Poids
930
Date de parution
19821026
Nombre de pages
429,00 €
Disponibilité
Epuisé
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
De son journal intime, couvrant presque un demisiècle, Marc Hanrez offre ici les passages littéraires. Jeune étudiant à Bruxelles, il fréquente un cercle poétique. Pour son mémoire de licence, il étudie le style de Céline auquel il rend plusieurs visites, racontées avec saveur. Des visites aussi à Nimier, quand Gallimard commande à Hanrez un Céline. Sa rencontre, ensuite, avec Dominique de Roux, devenu bientôt un ami qui lui fera connaître Raymond Abellio avant de le charger d'un Dossier H, sur Les écrivains et la guerre d'Espagne publié en 1975, d'où résulteront d'autres contacts. Hanrez part, en 1967, enseigner aux Etats-Unis où sa carrière le rapproche de la France, grâce aux conférenciers venus parler sur le campus, notamment Philippe Sollers, qu'il retrouve chaque année à Paris. Le Cahier sur Drieu la Rochelle, qu'il dirige pour L'Herne, le met en rapport avec Jean Drieu, frère cadet de l'écrivain, outre quelques collègues, dont Julien Hervier, traducteur de Ernst Jünger, qui deviendra un ami. Ainsi voit-on apparaître, sur le campus américain et la scène parisienne, toute une série de personnages plus ou moins connus dont le petit groupe de Nabe. Un témoignage direct et incisif sur le monde littéraire de l'époque rendu ici avec précision et humour.
Marc Hanrez a déjà publié, dans Poste restante, ses rencontres littéraires, provenant de son journal intime. Lequel recèle aussi les voyages que, d'abord étudiant à Bruxelles, puis universitaire aux États-Unis, il a faits pendant cinq décennies. S'y notent, au jour le jour, sans aucune recherche, et parfois très crûment, ses randonnées, ses découvertes, ses aventures, ses impressions. De l'Europe, surtout méridionale, à l'Amérique, surtout latine, via le Maghreb et la Turquie, avec un long séjour madrilène, deux passages dans l'Atlantique, et plusieurs en Méditerranée, Hanrez traverse un grand espace-temps, toujours archi-peuplé, qu'il détaille volontiers. Ses voyages constituent des genres de road novels, au rythme d'expériences de toutes sortes, avec l'apparition, puis la disparition, de nombreux personnages. C'est là un témoignage quasi romanesque que porte Marc Hanrez sur un monde étranger parcouru par un insatiable voyageur.
Professeur aux Etats-Unis, spécialiste mondialement connu de Céline, Marc Hanrez est également un poète subtil et chaleureux. Voici, rythmée par des vers libres qui sonnent comme un pas, une confession poétique et narrative. Y défilent, comme en un kaléidoscope, la jeunesse bruxelloise, la guerre, le Reich, la libération, les rêves, les grandes lectures, tout un monde préservé, comme vivant, dans une mémoire attachée à tisser des liens entre la " petite " histoire et la grande.
Ce livre rassemble les divers articles que Marc Hanrez a écrits sur Céline après sa monographie parue chez Gallimard en 1961. Mais il offre surtout une nouvelle approche de Céline à travers les auteurs, poètes et artistes qui le captivaient ou qui l'intriguaient. Hanrez examine ce qu'il nomme le "coté encyclopédique" de Céline. Il relève en effet une série de figures, les unes récurrentes, les autres imprévues, que l'écrivain rappelle volontiers : de Bloy (exilé comme lui au Danemark) à Voltaire, en passant par Diderot, Gide, Morand, Sand, Sévigné, Shakespeare, Vallès et Villon, avec aussi les peintres Bosch et Bruegel, dont Céline a vu certains tableaux avant la guerre, et bien entendu Gen Paul, son voisin et copain de Montmartre. Un "patrimoine imaginaire" nous éclairant parfois, du reste, sur la genèse intime de ses oeuvres.
Ce petit écrit entend rassembler, pour ainsi dire de manière dogmatique, les thèses de la psychanalyse sous la forme la plus ramassée et dans la version la plus définitive. Bien entendu, sa visée n'est pas d'exiger la croyance ni de susciter la conviction. Les assertions de la psychanalyse reposent sur un nombre incalculable d'observations et d'expériences, et seul celui qui répète ces observations sur lui-même et sur d'autres est engagé sur la voie menant à un jugement personnel.
L'anarchisme, au moins tel que je le comprends, est une tendance de la pensée et de l'action humaines qui cherche à identifier les structures d'autorité et de domination, à les appeler à se justifier, et dès qu'elles s'en montrent incapables, à travailler à les surmonter. Loin d'avoir "échoué", il se porte très bien. Il est à la source de beaucoup de progrès - très réels - des siècles passés, y compris depuis les années 1960-1970. Des formes d'oppression et d'injustice qui étaient à peine reconnues, et encore moins combattues, dans un passé récent, ne sont plus considérées aujourd'hui comme tolérables. C'est une réussite, pas un échec. N. C.
Quand Paul Celan (1920-1970) s'établit à Paris à l'été 1948 ses poèmes ne sont connus que d'une poignée de gens ; à sa mort, en avril 1970, son nom est associé à l'une des oeuvres poétiques les plus importantes de la littérature allemande. Pourtant, aborder cette oeuvre, a fortiori pour un lecteur francophone, n'a rien d'évident : si les poèmes relèvent bien d'une écriture qui réclame pour elle une "obscurité congénitale" la critique a aussi pu contribuer à en obscurcir le sens. Il faut donc sans cesse reprendre le travail de lecture d'après les coordonnées que Celan a fixées, en partant de ce qu'il appelle "l'accent aigu de l'actualité", inséparable de "l'accent grave de l'histoire" et de "l'accent circonflexe de l'éternité". Appuyé sur de nombreux documents inédits (lettres, traductions et notes privées) qui éclairent sa vie et ses choix poétiques, ce volume donne accès à un "autre" Celan qui se situe tant dans une tradition dont il discute la pertinence que dans une époque qu'il guette avec une acuité implacable, attrapant dans son écriture les mots, les textes et les personnes de son temps. Juif, Celan a ancré son écriture dans l'événement de l'extermination des siens pour en faire une arme critique et analytique, esthétique aussi. Grâce aux contributions de spécialistes de l'oeuvre, cette entreprise est placée dans un réseau de discussions critiques qui l'éclairent depuis des positions multiples : linguistique, traductologique, philosophique et biographique mais aussi historique et poétique, etc.
Le train ralentit et s'arrêta dans un grincement de douleur. Pendant un moment, on n'entendit plus rien que le crachotement de la mitraillette. C'est alors que, d'une voix forte el pleine d'angoisse, je m'exclamai : "Des bandits !" "Bandidos !" hurla la fille. "Bandidos !" répéta sa mère, et ce mot terrible se répercuta de wagon en wagon. S'ensuivit un mouvement de panique bouffonne. Tous les passagers de notre compartiment se jetèrent au sol, dans un méli-mélo de bras et de jambes. Seule la mère garda son sang-froid. Elle se leva et, méticuleusement, entreprit de placer ses trésors en lieu sûr. Elle enfouit une bague dans son chignon et, faisant fi de la pudeur, releva ses jupes pour dissimuler dans ses culottes un peigne perlé. Les charmantes demoiselles du compartiment voisin faisaient entendre des pépiements de détresse. Dans le couloir, les officiers s'affairaient, aboyant des ordres et se bousculant les uns les autres...