Extrait Extrait du prologue : Mon père m'a engendré avec l'une de ses quatre cents femmes, quatre cents favorites ou peut-être plus qui vivaient dans son sérail. On ne les comptait plus. Lui comme moi n'avons jamais su quelle génitrice m'avait mis au monde. Toutes et aucune. Quelle importance ! Les enfants naissaient dans un enchevêtrement d'épouses dévouées à un mari unique qui les honorait toutes. Les nouveau-nés passaient de mère en mère assouvissant les frustrations des mal-aimées. Les filles disparaissaient noyées disait-on, avant d'avoir ouvert les yeux, quand les fils découvraient la volupté charnelle du lait et des mamelles. Mi-dieu mi-homme mon père imposait ses guerres, ses idées, son histoire et chacun devait y croire. Il se persuadait de détenir la clef de l'univers. Aucun discours ne pouvait ouvrir de brèches dans l'hermétisme de son crâne et nul précepteur n'avait pu le détourner de ses certitudes. Gravées en lui dès la naissance elles l'aidaient à ne percevoir aucune angoisse, aucune tristesse, tant il était pétri d'inhumanité, insensible à toute autre vibration qu'à celle de sa gloire. Il ne connaissait que le mépris des peuples et vomissait son venin sur tout le genre humain, d'une couleur de peau à l'autre. A l'encontre de tous il nourrissait des sentiments de haine et foulait les anciennes sagesses, orchestrant à son seul profit un amalgame de violence et de sacré. En monarque cruel il poursuivait ceux qui osaient lever la tête : comme des chevaux en hordes, les égarés fuyaient devant le désastre, pour ne laisser d'eux que des fragments de corps sur ses champs de batailles. Ses intrigues et ses machinations alimentaient un quotidien consacré à sa surpuissance et à sa volonté frénétique de domination. À chaque aurore il haranguait les foules qui l'acclamaient d'ailleurs prêchant un paganisme dont il serait le seul dieu. N'attendez pas de moi pour autant la trahison. Pourquoi nier ma filiation de sang au pitoyable roi de tous les mondes ? Je la revendique au contraire ; chacun peut s'extraire de la pire condition et en éprouver de la fierté ! Nemrod régnait sur la terre jusque dans les endroits les plus reculés et même jusqu'au fond de moi où il avait pris tout l'espace. Il aurait fallu que je vive dans l'insouciance pour trouver la paix. Le meilleur moyen de m'échapper consistait à ne jamais discuter le passé, le présent ou l'après et à obéir à l'auteur de mes jours même si j'avais conscience de la limite des hommes. Je vivais, le temps m'était compté et je mourrai tôt ou tard comme tu mourras toi aussi qui me lis, toi l'autre moi-même frère en humanité. Dans sa semi-divinité mon père se prétendait immortel et se riait de ce qu'il nommait mon «désarroi» : - Tu es en vie, ta mort n'est donc pas d'actualité. Le jour lointain où elle te concernera tu ne seras plus. Tous ses combattants que je voyais périr à mes côtés dans ses guerres, ne s'interrogeaient-ils pas ... Mes questions sur la mort et ma crainte du passage ne me préoccupaient jamais autant que mes peurs de la vie. J'allais atteindre bientôt le seuil de l'âge adulte et redoutais l'avenir. J'avais peur du sens des jours mais peur de leur non-sens aussi, de leur absurdité. Souvent la banalité ajoutait à mon angoisse. Pourquoi vivre ? Comment vivre ... Je m'interrogeais de plus en plus jusqu'à ce que survienne l'événement, jusqu'à ce que mon père m'offre à un autre. Offrir son fils, la chair de sa chair ! Ce fut le cadeau du vaincu au vainqueur. --Ce texte fait référence à l'édition Broché .
Date de parution
24/03/2010
Poids
228g
Largeur
110mm
Plus d'informations
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EAN
9782253126881
Titre
ABRAHAM, LE MESSAGER D'HARAN
Auteur
GUITTON RENE
Editeur
LGF
Largeur
110
Poids
228
Date de parution
20100324
Nombre de pages
0,00 €
Disponibilité
Epuisé
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René Guitton, connaisseur passionné de l'Orient ancien et des religions, a obtenu le prix Montyon de l'Académie française, le prix Lyautey de l'Académie des sciences d'Outre-mer et le prix Liberté, pour son ouvrage: Si nous nous taisons.
En Orient, les persécutions croissantes poussent les Chrétiens à fuir les pays où est né le christianisme. Au Maghreb, en Afrique subsaharienne et jusqu'en Extrême-Orient, parce que chrétiens, ils sont contraints au silence et parfois assassinés par centaines. Des églises, des habitations sont saccagées, des cimetières profanés. À nos portes, des fatwas sont édictées, des Chrétiens condamnés. Et ces agressions insoutenables se heurtent au silence de la communauté internationale, oublieuse de ce que "la liberté de pensée, de conscience et de religion" est inscrite dans la Déclaration des droits de l'homme.Juifs et Musulmans sont aussi persécutés. Mais la reconnaissance de leurs souffrances ne doit pas se faire au prix de la négation de celle des Chrétiens. Y aurait-il de bonnes et de mauvaises victimes? Des victimes dont on doit parler et d'autres qu'il faut passer sous silence? Avec Ces Chrétiens qu'on assassine, René Guitton dresse le "livre noir de la christianophobie", cri de révolte, appel à la mobilisation de tous et leçon de fraternité: qu'il soit juif, chrétien ou musulman, quand un groupe est menacé, c'est le signal que d'autres pourront l'être à leur tour. Taire les douleurs du présent, c'est s'exposer à les banaliser quand elles doivent interpeller l'humanité tout entière. Ce livre nous oblige à rompre avec l'indifférence qui comble d'aise les bourreaux et tue une seconde fois leurs victimes. Biographie de l'auteur Passeur infatigable entre l'Orient et l'Occident, René Guitton milite pour le dialogue des cultures et des civilisations, contre le racisme et l'antisémitisme. Il est l'auteur, entre autres livres, de Si nous nous taisons, le martyre des moines de Tibhirine qui a obtenu plusieurs prix. Il est membre du réseau d'experts de l'Alliance des civilisations des Nations Unies.
René Guitton, auteur engagé, a connu le succès avec Si nous nous taisons (Calmann-Lévy, Prix Montyon de l'Académie Française, prix Liberté et prix Lyautey de l'Académie des Sciences) ainsi qu'avec Ces Chrétiens qu'on assassine (Flammarion, Prix des Droits de l'homme).
Je est un autrePoèmes de jeunesse, vers, prose, Une saison en enfer, Illuminations? L??uvre de Rimbaud occupe une place unique dans l'histoire de la littérature. Y pénétrer, c'est entreprendre un voyage qui commence à « Charlestown » ? ainsi qu'il appelait par dérision sa ville natale, Charleville ?, et dans la maison familiale de Roche, se poursuit à Paris, fait un détour par Bruxelles et Londres avec Verlaine, et rejoint le désert éthiopien. Terminus Marseille, le 10 novembre 1891... En 100 mots, René Guitton nous propose de refaire avec lui le voyage, et de partir à la découverte de l??uvre et de l'homme, des figures qui peuplent ses écrits, des lieux que le jeune poète a aimés ou honnis, de ses passions plus ou moins avouables, de son style, bref d'une vision littéraire où la vie et l'expérience humaine débordent le simple cadre de la page. Un abécédaire sensible pour sympathiser avec un homme ô combien révolté. Un Rimbaud « soleil et chair ».
1954, dans un hôpital militaire de Hanoi, Yann, un soldat breton, est soigné par Mai. Ils tombent amoureux, mais le père de la jeune fille l'a promise à un autre. Elle s'insurge, elle est bannie de la famille... Ils se marient en toute hâte, avant que Yann rejoigne la cuvette de Diên Biên Phu. Après la défaite de l'armée française, Yann est emmené dans un camp d'internement. Dans une langue poétique, avec grâce et pudeur, Hoai Huong Nguyen peint le Vietnam d'hier et un amour qui affronte la violence d'une guerre. L'histoire bouleversante de Mai et de Yann laisse percer la lumière des humbles héros qui croient à la liberté et à l'absolu malgré les vicissitudes de l'Histoire. Tout est là : l'Histoire, l'histoire, la manière de les faire s'imbriquer, la netteté de l'écriture, la volonté de trouver une parole adéquate à la tragédie, la complexité des psychologies... "Un instant de littérature pure." Yann Moix, Le Figaro littéraire.
Avant le vol des bons de la Défense nationale et les assassinats qui suivirent, la renommée de Victor, de la Brigade mondaine, n'excédait pas le cercle restreint de ses chefs et de ses collègues. Il fallut, pour le mettre en évidence, qu'apparût brusquement en face de lui cet extraordinaire, ce formidable personnage d'Arsène Lupin, qui allait donner à cette ténébreuse affaire sa signification et son intérêt spécial. Les qualités déjà remarquables du vieil inspecteur furent portées à leur paroxysme par le prodigieux adversaire que lui opposaient les circonstances. C'est leur lutte sournoise, ardente, implacable, poursuivie dans l'ombre d'abord, puis en pleine clarté, que nous raconte Victor, de la Brigade mondaine.
Antonine?? Clara?? laquelle de ces deux figures constituait la véritable personnalité de l'être charmant qu'il avait rencontré? Elle avait à la fois le sourire le plus franc et le plus mystérieux, le regard le plus candide et les yeux les plus voluptueux, l'aspect le plus ingénu et l'air le plus inquiétant. "Arsène Lupin, dit Raoul, résout, bien sûr, le premier, une ténébreuse affaire de meurtre, et avec quelle maestria! Amoureux, il risque sa vie. Ingénieux, il s'échappe alors qu'il est cerné par la police ou les truands. Insolent, il joue des tours aux deux.Le gentleman-cambrioleur est au mieux de sa forme pour notre plus grand bonheur. "