Cet ouvrage interroge les « musiques du passé » selon quatre angles complémentaires : les discours scientifiques qu’elles ont suscité quant à leur origine supposée ; les tentatives de classification dont elles ont fait l’objet lors des grands congrès de musicologie ; les matériaux sonores, qu’ils soient hérités d’une tradition ou qu’ils aient été reconstruits ; les supports utilisés pour préserver, archiver et transmettre ces musiques.Chercher à reconstruire les musiques du passé et leur histoire est une préoccupation ancienne. Depuis le XIXe siècle, l'imaginaire orientaliste a considérablement alimenté l'idée de l'existence de musiques « originelles ». Qu'il s'agisse de musiques « pharaonique », « arabe » ou « hindoue », une même référence au passé, vu comme prestigieux et immuable, a contribué à rationaliser les savoirs musicaux sur la base de filiations construites. Si la période orientaliste est relativement bien documentée, le présent volume s'attache plus spécifiquement aux manières de dire et de raconter le passé au cours du XXe jusqu'au début du XXIe siècles. En réunissant anthropologues et historiens, il invite à porter une attention particulière, non plus aux seules représentations du passé mais également aux processus concrets de sa mise en récit. Les différentes contributions s'intéressent aux élaborations émanant des disciplines scientifiques, comme la musicologie et l'archéologie musicale, ou encore celles qui se jouent dans la création artistique elle-même, deux domaines qui s'inscrivent également dans des enjeux politiques locaux, nationaux et internationaux.
Nombre de pages
281
Date de parution
14/11/2023
Poids
444g
Largeur
154mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782840165286
Titre
Orchestrer le passé. Musiques et politiques de la mémoire (XXe-XXIe siècles), Edition bilingue franç
Officiants de rituels domestiques, chanteurs au porte-à-porte, contractuels à la radio d'Etat, intervenants dans les colloques de musicologie indienne... Les musiciens itinérants du Kerala (Inde du Sud) pratiquent leur art selon des codes mouvants, riches, inventifs, sans cesse redéfinis en fonction des commanditaires, des lieux et des circonstances. Les "services musicaux" qu'ils offrent aux familles de haut statut visent à traiter les maux et les infortunes. Du fait même de leur mobilité, ils sont au coeur des réseaux de patronage qui caractérisent la société indienne. Christine Guillebaud a suivi ces artistes "nomades" dont l'expression musicale emprunte aux formes populaires et sacrées, mêlant instruments, images, concepts, danses, voix, divinités. Une enquête passionnante qui permet de comprendre in situ le processus de création du "chant des serpents". Biographie de l'auteur Chargée de recherche ait CNRS, Christine Guillebaud est membre du Centre de recherche en ethnomusicologie (CREM) du Laboratoire d'Ethnologie et de Sociologie comparative (LESC-CNRS/Paris X) et membre associée au Centre d'Etudes de l'Inde et de l'Asie du Sud (CELAS-EHESS/CNRS).
Existe-t-il un humour sonore ? Qu'il s'agisse de chansons comiques ou de formes théâtrales, la musique est souvent mêlée à des constructions humoristiques. Mais qu'apporte-t-elle au juste ? Ce volume propose des descriptions ethnographiques de différents cas d'humour sonore. Il aborde des répertoires, des pratiques musicales et des techniques d'une grande diversité géographique et culturelle. L'analyse porte sur les modalités propres au sonore et sur ses interactions avec d'autres registres expressifs comme le geste ou la danse. Quels sont les procédés utilisés dans le comique musical (parodie, caricatures, ironie, absurde, etc) ? Comment les auditeurs les identifient-ils ? Comment l'humour apparaît-il (ou non) lorsque différentes cultures musicales se rencontrent ? Autant de pistes que ce volume explore afin de comprendre les différents processus impliqués dans le comique musical. L'ensemble des documents audiovisuels analysés dans les articles est disponible sur le site de la Société Française d'Ethnomusicologie.
Nous sommes au commencement d'un monde. Vécu dans la crainte, ce prodigieux surgissement signe la disparition de l'ancien monde, celui dans lequel nous sommes nés. Pourtant, la sourde inquiétude qui habite nos sociétés doit être dépassée. Le monde nouveau qui naît sous nos yeux est sans doute porteur de menaces mais plus encore de promesses. Il correspond à l'émergence d'une modernité radicalement "autre". Elle ne se confond plus avec l'Occident comme ce fut le cas pendant quatre siècles. Nous sommes en marche vers une modernité métisse. De l'Afrique à la Chine et de l'Inde à l'Amérique latine, Jean-Claude Guillebaud examine posément l'état des grandes cultures en mouvement, pour décrire l'avènement prometteur - et périlleux - d'une véritable modernité planétaire. Un rendez-vous inéluctable et sans équivalent dans l'histoire humaine.
L'organisation contemporaine du savoir est telle que la notion d'humanité y joue une position relativement ambigüe. D'un côté, le développement des sciences de l'homme depuis le milieu du XIXe siècle, fait de l'humanité un domaine épistémologique de premier ordre. D'un autre côté, les notions de "nature humaine", d'"humanité" voire d'"humanisme" font régulièrement l'objet d'attaques frontales : en témoignent les différentes formes de morale ou de politique "antihumaniste", le constat philosophique de la "mort de l'homme" ou l'annonce d'une ère historique "post- ou trans- humaniste". Or, ces différentes acceptions de la notion d'humanité ne se superposent pas. Le groupe de recherche "L'humain impensé" cherche à clarifier la nature des débats contemporains autour de cette notion. Les différentes contributions présentées dans cet ouvrage participent à cet effort, en interrogeant l'humain aux prismes des questions de la philosophie, du langage, de l'art, et de la technologie.
Il rentra dans sa patrie après vingt ans d'absence, seul, après avoir perdu tousses compagnons. Il ne fut reconnu de personne. Quand il s'approcha de sa demeure, il vit les prétendants qui demandaient la main de Pénélope en train de faire le siège du palais. Il se fit passer pour un étranger. (Fable 125) Ulysse, dans les Fables d'Hygin, côtoie Achille et Hector, mais aussi Orphée, Actéon ou le Minotaure. Rares sont les grands récits mythologiques grecs qui n'apparaissent pas sous le stylet d'Hygin. Cet esclave affranchi, qu'on suppose être l'auteur des Fables, écrit en latin, au début de l'ère chrétienne, plusieurs centaines de notices sur des épisodes mythologiques grecs. Ces histoires, rédigées dans une langue simple et accessible, sont autant de pitches invitant à l'écriture de scénarios plus élaborés. A travers ce florilège de Fables d'Hygin, le lecteur cheminera au milieu des figures mythologiques les plus connues, tout en découvrant le regard singulier de l'illustrateur Fredde Rotbart sur ces histoires de familles, d'amour, de pouvoir et d'animaux.